Sauvons La Forêt est une association indépendante. Elle accorde beaucoup d’importance à la responsabilité globale concernant le sort des forêts tropicales, même si cette idée est parfois inconfortable. L’association ne reçoit d’argent ni des entreprises ni des acteurs politiques ou étatiques. Nos actions n’en sont que plus crédibles.
Le media central de Sauvons la Forêt est la page web www.regenwald.org.
L’association y informe le public en cinq langues sur des événements, des actions et des projets touchant aux forêts tropicales. Un domaine d’activité important est les actions de protestation. En 2009, nous avons appréhendé 59 activités d’entreprises, gouvernements, administrations ou communes, et entrepris des actions de protestation contre elles. Grâce au soutien des 123 000 participants enregistrés, nous avons pu avancer dans la réflexion, entreprendre des dialogues, et même mettre un terme à certains projets préjudiciables.
Quelques exemples concrets : le fabricant d’huile de palme Palmci n’a pas déboisé comme prévu la forêt des Marais Tanoé en Côte d’Ivoire. Le gouverneur de la province Jambi à Sumatra a reçu des milliers de fois le message que l’Europe garde un œil sur lui, après l’arrestation d’un Maire engagé dans la sauvegarde de la forêt. L’action de Sauvons la Forêt a fait saturer le fax du gouverneur. Après 18 000 mails de protestation, la ville de Nürnberg reconsidère ses projets d’installer des bancs publics en bois tropical (voir ci-dessous).
Parallèlement à ces actions en ligne, Sauvons la Forêt a également co-organisé différentes manifestations, tenu des conférences, et participé à des débats publics. Des journaux et des magasines ont eu recours à notre savoir-faire et ont publié différents articles tirés de notre magasine le Regenwald Report.
Les thèmes centraux de 2009 :
Campagne contre le soi-disant « biocarburant »
Le plus grand danger pour les forêts tropicales provient du souhait des pays industrialisés de « blanchir » leur besoin énergétique illimité à l’aide du label « bio ». Tandis que les fournisseurs de biocarburant se plaisent à vanter les mérites des énergies renouvelables, Sauvons la Forêt a démontré à plusieurs reprises que le bilan écologique des biocarburants était catastrophique.
Le travail d’information et de campagne intensif de l’association porte ses fruits. L’euphorie de l’année précédente autour de la prétendue « énergie verte des champs » s’est largement dissipée. Notre but, abolir les additions de produits édictées par la loi, n’a pas été atteint, cependant le taux de produits additifs a été descendu à 5,25% pour 2009. En août 2007, le gouvernement fédéral allemand avait encore un but de 17% dans le programme appelé « programme Meseberger ».
En Allemagne, beaucoup de fabricants de biocarburants ont du abandonner leurs plans, ou bien ont même fait faillite. De nouveaux projets ont été annulés ou suspendus. Le gouvernement fédéral veut aider les biocarburants à acquérir plus de crédibilité avec des « sigles-alibis » mis sur pieds rapidement. Les règlements relatifs au développement durable doivent dans l’avenir éviter les effets les plus graves. Sauvons la Forêt a publié clairement qu’il n’existait pas de règlements bureaucratiques en Indonésie ou au Brésil au sujet des forêts tropicales.
Campagnes contre les plantations de palmiers à huile
D’après les plans du gouvernement indonésien, la forêt tropicale de Bornéo doit laisser la place à des plantations industrielles de palmiers à huile. Jusqu’à présent les indigènes de là-bas, les Dayak, ont vécu en harmonie avec la nature. La plupart des habitants des différents villages éparpillés dans la forêt ne se doutent de rien concernant les projets de déboisement, et de leurs conséquences dramatiques. Ainsi, afin de les en informer, l’organisation Walhi a lancé un « roadshow ». Les activistes se rendant dans les villages et expliquent la situation aux habitants à l’aide d’ateliers de travail, de groupes de discussion et de projections de films. L’association Sauvons la Forêt a soutenu le réseau d’activistes environnementaux Wahli Westkalimantan avec un fonds de 34 000 euros. Sur l’île de Sumatra, des petits paysans ont commencé les récoltes sur les palmiers à huile que la multinationale Sinar Mas avait fait planter sur leurs terres. L’entreprise avait auparavant abattu du jour au lendemain une grande partie de la forêt du village de manière illégale et avait fait arrêter le Maire protestataire. Après la récolte, les paysans abattent les palmiers afin de laisser repousser la forêt naturelle. Sauvons la Forêt a soutenu ces activités à hauteur de 22 500 euros.
Campagne contre le bois exotique
La ville de Nürnberg veut installer 3 500 bancs publics en bois d’acajou africain. Les responsables se justifiaient en ce qu’ils ne se fournissaient qu’en bois labellisé. Dans des cas comme celui-ci, les labels privés tels que celui du Forest Stewardship Council (FSC) ne servent que d’écran de fumée afin de garantir l’accès des entreprises aux dernières parcelles vierges de forêts. L’action de protestation de Sauvons la Forêt, à laquelle ont participé 18 000 personnes, a fait écho dans les milieux de la presse et de la politique. Le débat sur le bois tropical fut ranimé, dépassant largement le cadre de la ville de Nürnberg. Certains responsables ont reconsidéré leurs positions. La ville teste actuellement des alternatives au bois tropical.
L’achat de forêt primaire
Sauvons la Forêt soutien l’association écologique et humanitaire locale Iniciativa Amotocodie et l’organisation des indiens Ayoreo UNAP en Amérique du Sud. Avec l’achat de la forêt primaire, celle-ci est protégée de la déforestation menaçante, et les communautés villageoises récupèrent la totalité de leurs terres. Grâce aux dons de l’année précédente et au soutien d’autres organisations, une parcelle de 1 800 hectares de forêt primaire a été sécurisée. De plus, les Ayoreo furent soutenu dans leurs démarches de requête auprès du gouvernement, et encouragés à se battre politiquement afin d’obtenir des titres de propriété pour leurs terres. Sauvons la Forêt a soutenu ces activités avec 74 500 euros.
Ce sont quelques exemples qui montrent que ça vaut la peine de s’engager pour la forêt tropicale. Les forêts primaires ont besoin d’alliés – c’est pour cette raison qu’existe depuis 1986 l’association Sauvons la Forêt.