Le dernier tronçon manquant de la route Panaméricaine doit être construit : empêchez la destruction de la région Darién en Colombie !
Depuis le 20.04.10 335 personnes ont signé la pétition
Combler le « trou du Darién » ? (photo: Alejandro Cock)
Là où finit la route Panaméricaine, à la fin du fleuve Atrato au nord-est de la Colombie, à la frontière avec le Panama, doit être construit le tracé pour le tronçon manquant de la Panaméricaine : la route de liaison Transversal de las Américas. La région Darién est le seul « trou » dans le grand réseau routier panaméricain entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Le territoire de forêt humide dans l’état fédéré Choco est une des régions abritant la plus grande biodiversité de l’Amérique toute entière. Il s’agit d’un territoire vallonné, densément boisé, et écologiquement très sensible ; c’est une des régions du monde contenant la plus grande diversité d’espèces. La richesse des plantes, des oiseaux, des amphibiens et des papillons est immense.
C’est précisément sur ce « trou » dans la route, dans la région Darién, que doit être construit le tronçon manquant de bitume, une parcelle de route de 62 km de long et un pont au-dessus du fleuve Atrato. Les travaux de construction s’étendent jusqu’au milieu du Par National Los Katios, qui fut déclaré « patrimoine mondial menacé » par l’UNESCO en 1994.
Ceux qui planifient le projet de la route Transversal de las Américas n’ont apparemment pas connaissance des lois, ni des normes nationales et internationales. Au bord du fleuve Cacarica vivent de nombreux indigènes, des communautés afro-colombiennes et métisses, qui sont dépendantes de l’écosystème local. Ces habitantes et habitants légitimes de la région n’ont été ni informés ni consultés au sujet du projet.
Des communautés locales comme le groupe CAVIDA – « Autodétermination, Vie et Dignité» – sont contre le projet et déclarent être profondément préoccupées par le « mégaprojet de la Transversal de las Américas, qui menace la survie de [leur] milieu de vie et de sa diversité biologique ». « Nous avons le droit d’utiliser la terre qui nous appartient, et d’y vivre. »
De l’autre côté de la frontière, au Panama, le gouvernement et le public se sont prononcés contre le projet. Ils craignent que le conflit qui a lieu à ce sujet en Colombie ne s’étendent par-delà la frontière, jusqu’au Panama. De plus, ils souhaitent préserver le Par National et le milieu de vie des indigènes.
Dans moins de quatre ans, la construction de la route de liaison (depuis Paraguachon jusqu’à Palo de Letras) devrait être achevée. Elle aura des conséquences considérables sur la vie des habitantes et habitants de la région, ainsi que sur l’environnement. Le projet fait partie de l’initiative d’infrastructures IRSA et du plan Mesoamérica (qui s’appelait auparavant « Plan Puebla Panama »). Le Ministère des Infrastructures de la région, les plus hauts fonctionnaires des banques multilatérales, gens d’affaires du monde de la finance, entreprises de construction et fournisseurs de machines, négocient déjà sur la façon dont ils vont se partager le gâteau des bénéfices promis.
Le Président colombien a déclaré être « très préoccupé par le fait qu’il n’y ait aucune possibilité d’assurer un accès à ces trésors pour les groupes de populations écologiquement sensibles ». Mais dans les documents concernant le projet, il ne figure rien à propos de la protection de l’environnement. A la place, il est fait mention de « contrats commerciaux » et de « mondialisation », qui nécessitent des « routes très modernes et bien aménagées, sur lesquelles les biens peuvent être transportés. » De plus sont prévus des « couloirs sûrs et privés, avec l’aide desquels les coûts de transactions et finalement les prix pourront être réduits, les investissements stimulés, et la capacité de concurrence augmentée. »
La construction de la route de liaison et de l’accès direct et sans restriction aux ressources naturelles signifie sans aucun doute la destruction de la région. C’est pour cela que nous réprouvons que des gens d’affaires, qui profitent du soutien des paramilitaires, s’implantent le long du tracé prévu de la Transversal de las Américas. CAVIDA critique que « nous, les habitantes et habitants des bords du fleuve Atratos dans le Choco, soyons considérés comme des obstacles à la réalisation de leurs projets, qui ne privilégient que ceux qui se trouvent derrière les méga-projets industriels et économiques, la création de plantations de palmiers à huile et de bananiers, et l’exploitation totale et déraisonnable du bois. »
Si vous voulez soutenir CAVIDA, écrivez au Président colombien et au Ministre des Transports. Vous trouverez ci-après une lettre que vous pouvez signer et envoyer automatiquement.