Un label de l’UE pour le bois illégal du Vietnam ? Non, merci !

Des camions introduisent en fraude au Vietnam du bois coupé illégalement au Cambodge. L’UE ne doit pas aider au pillage des parcs nationaux du Cambodge ! (© EIA - Montage RdR)

Du bois illégal d’Asie du Sud-Est certifié par un label ? Cela pourrait devenir réalité. L’UE négocie avec le Vietnam un contrat visant à faciliter le commerce de bois, ignorant que le bois vietnamien est souvent du bois de contrebande provenant du Cambodge. Demandez à l’UE de renoncer à cet accord tant que le pillage continue !

Lettre

À la Commission européenne et aux gouvernements des États membres de l’UE

L’UE ne doit pas conclure d’Accord de partenariat volontaire (APV) avec le Vietnam tant que du bois illégal provenant du Cambodge y est introduit en fraude.

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Les bûcherons n’ont pas de soucis à se faire lorsqu’ils passent en fraude des grumes du Cambodge au Vietnam dans leurs camions. Ils ralentissent juste quelques secondes et continuent à rouler sans être inquiétés.

Les trafiquants n’ont rien à craindre de la police des frontières ni des fonctionnaires qui profitent allègrement du pillage des forêts du Cambodge, corruption oblige ! L’Agence d’investigation environnementale (EIA) explique en détail dans son rapport « Repeat Offender » comment des politiciens vietnamiens vendent des « quotas d’importation » officiels aux trafiquants de bois et prélèvent des impôts. 300 000 m3 en 5 mois de bois illégal provenant du Cambodge ont ainsi été déclarés comme légal au Vietnam.

Comble de l’hypocrisie : le gouvernement cambodgien a suspendu l’exportation de bois début 2016 afin de lutter contre le bradage des forêts. Parallèlement, le Vietnam encourage les bûcherons à piller les ressources naturelles du pays voisin dans des zones où l’abattage est interdit. Jamais autant d’arbres n’ont été abattus dans les aires protégées de Virachey, Ou Ya Dav et Lumphat.

L’UE négocie actuellement avec le Vietnam un contrat visant à faciliter l’exportation de bois tropicaux vers l’Europe. Au terme du processus, les autorités vietnamiennes délivreront des certificats FLEGT attestant que ce bois a été coupé légalement. Le bois issu de déprédation se verrait alors octroyer un label lui permettant d’être exporté librement vers l’UE et dans le monde entier.

Il faudrait que les négociateurs de européens soient sourds et aveugles pour ne rien savoir de ce réseau criminel .

Demandons à l’UE d’accroître la pression sur le Vietnam et d’exiger l’arrêt du pillage des forêts cambodgienne comme condition préalable à la signature de l’Accord de partenariat volontaire.

Contexte

Sources et informations supplémentaires

Lettre

À la Commission européenne et aux gouvernements des États membres de l’UE

Monsieur le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,
Monsieur le Commissaire au développement Neven Mimica,
Messieurs les représentants des gouvernements des États membres,

L’UE négocie actuellement un « Accord de partenariat volontaire » (APV) avec le Vietnam dans le cadre du plan d’action FLEGT. À la fin de ce processus, des certificats FLEGT délivrés par le Vietnam garantiront que le bois destiné à l’export en Europe provient de sources légales.

Les défenseurs environnementaux attirent toutefois l’attention sur le fait que du bois coupé illégalement au Cambodge est introduit en fraude au Vietnam pour y être commercialisé. Des enquêtes prouvent qu’un réseau criminel constitué de bûcherons, de trafiquants et de fonctionnaires corrompus est responsable du pillage des forêts cambodgiennes, parfois situées dans des parcs nationaux.

Du bois abattu illégalement au Cambodge est introduit dans le circuit économique légal au Vietnam. Les représentants des autorités vietnamiennes sont impliqués dans des pratiques illégales.

Dans le cadre des négociations de l’APV, l’UE doit accroître la pression sur le Vietnam afin de l’inciter à adopter des lois forestières garantissant des contrôles stricts. Tant que le commerce de bois illégal n’aura pas cessé, l’UE ne doit pas signer d’APV avec le Vietnam.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la Commission européenne, Monsieur le Commissaire au développement, Messieurs les représentants des gouvernements des États membres, en l’assurance de notre respectueuse considération.

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