La planification familiale est un droit

Préservatifs La planification familiale est un droit (© Joe Cicak/Istockphoto)
35 645 signatures

Fin de l'action : 5 juin 2020

Consommation de ressources et nombre d’habitants ont un impact majeur sur l’environnement. La baisse de la pression exercée sur la nature est corrélée à celle de la consommation dans les pays riches et celle de la croissance démographique. Droits des femmes, planification familiale et lutte contre la pauvreté sont essentiels.

Appel

Aux gouvernements des Etats membres des Nations unies

“Les gouvernements doivent agir plus résolument en faveur des droits des femmes et de l’accès aux moyens de contraception.”

Afficher la lettre de pétition

Les chiffres de l’évolution démographique sont clairs : selon les Nations Unies, la population mondiale actuelle est de 7,7 milliards et pourrait atteindre 9,7 milliards en 2050.

La croissance démographique a une influence incontestable sur l’environnement. La freiner permettrait de diminuer les charges supplémentaires qui pèseront sur la nature. Mais conclure que les destructions environnementales et les émissions de gaz à effet de serre augmentent au même rythme que la population serait erroné. En effet, le nombre de ressources consommées individuellement est un aspect à prendre en compte.

La majeure partie de la croissance démographique a lieu dans des pays, qui consomment peu de ressources en raison de leur pauvreté. En revanche, le taux de natalité dans les pays responsables de la plupart des dégâts environnementaux est peu élevé. La réduction de la consommation des ressources dans les pays riches revêt donc une priorité absolue dans la lutte pour l’environnement et le climat.

Les expériences montrent que la natalité baisse avec le développement économique. Les experts parlent d’évolution démographique. L’éradication de la pauvreté est donc un enjeu essentiel.

L’autonomisation des femmes est tout aussi importante.

Dans les pays en développement, de nombreuses femmes auraient aimé avoir moins d’enfants ou plus tard. Mais elles ne voient pas ce souhait exhaucé, car la planification familiale est souvent décidée par les hommes. Les droits des femmes doivent donc être renforcés. L’éducation des jeunes filles doit être au cœur de ce combat. L’accès aux moyens de contraception et aux soins médicaux joue aussi un rôle important.

Demandons aux gouvernements d’agir plus fortement en faveur des droits des femmes et de l’accès aux moyens de contraception.

Contexte

Les projections des Nations unies concernant la population mondiale

• La population mondiale augmente, mais plus lentement que dans les années 50 en raison de la baisse du taux de natalité. Selon les projections médianes, la population mondiale devrait passer de 7,7 milliards actuellement à 9,7 milliards en 2050 et 10,9 milliards en 2100. La population aura alors sans doute atteint son niveau maximum.

• La croissance démographique place les 47 pays les plus pauvres devant de grands défis.  Dans certains d’entre eux, la population aura doublé d’ici 2050.

Plus de 50 % de la croissance démographique prévue se concentre dans seulement neufs pays : Égypte, Éthiopie, République démocratique du Congo, Inde, Indonésie, Nigeria, Pakistan, Tanzanie et Etats-Unis. L’Inde devrait dépasser la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde aux alentours de 2027. La population va diminuer dans 55 pays et régions.

 La natalité a baissé de manière significative dans de nombreux pays. Ainsi, plus de 50 % de la population mondiale vit dans des pays affichant un taux de natalité de 2,1 enfants par femme et où la population n’augmente donc pas.

Le taux de natalité mondial était de 2,5 en 2019 et devrait encore reculer à 2,2 en 2050 et 1,9 en 2100.

On retrouve des taux de natalité supérieurs à 2,1 enfants par femme en Afrique subsaharienne (4,6 au lieu de 6,3 en 1990), Océanie (3,4 au lieu de 4,5), Afrique du Nord et Asie occidentale (2,9 au lieu de 4,4), ainsi qu’en Asie centrale et du Sud (2,4 au lieu de 4,3). Ces taux devraient continuer de diminuer. En Afrique subsaharienne, la natalité s’élèvera par exemple à 3,1 enfants en 2050 et 2,1 enfants en 2100.

Le taux de natalité est inférieur à 2,1 enfants par femme en Amérique latine et dans les Caraïbes (2,0 eu lieu de 3,3), ainsi qu’en Asie de l’Est et du Sud Est (1,8 au lieu de 2,5). 1,8 enfants par femme sont nés en Australie et en Nouvelle-Zélande et 1,7 en Europe et en Amérique du Nord.

• Les deux tiers de la croissance prévue de la population mondiale d’ici à 2050 se produiront, même si la fécondité dans les pays à fécondité élevée tombait immédiatement à environ 2 naissances par femme. Cela tient au fait que la part d’enfants et de jeunes dans la population est élevée et qu’ils seront en âge de procréer et de devenir parents au cours des prochaines décennies.

• L’espérance de vie à la naissance a augmenté de 8 ans dans le monde depuis 1990 pour atteindre 72,6 ans. Cette valeur va continuer d’augmenter pour atteindre 77,1 ans d’ici 2050. Il existe toutefois des différences considérables selon les régions : les habitants des pays les plus pauvres vivent 7,4 ans de moins que la moyenne mondiale en raison d’une mortalité infantile et maternelle élevée, du HIV et des conflits violents qui y sévissent. Des améliorations notables ont été observées en Afrique subsaharienne, où l’espérance de vie a augmenté de 12 ans pour atteindre 61,1 ans. Elle a également augmenté de 11 ans en Asie centrale et du Sud pour atteindre 69,9 ans.

La fourchette de l’espérance de vie mondiale est extrêmement large : elle est de 84 ans au Japon et inférieure à 55 ans en République centrafricaine, au Tchad, au Lesotho, au Nigeria et en Sierra Leone.

• 36 pays et régions enregistreront une entrée de plus de 200 000 migrants entre 2010 et 2020 et 14 d’entre eux connaîtront une entrée de plus d’un million de migrants en l’espace d’une décennie.

• Entre 2015 et 2020, environ 62 millions de bébés auront été mis au monde par des adolescentes âgées de 15 à 19 ans.

Grossesses non désirées

Selon une étude publiée dans la revue BMJ Sexual & Reproductive Health, 200 millions de femmes dans le monde ne peuvent pas éviter une grossesse, alors qu’elles le souhaiteraient (l’UNFPA fait même état de 232 millions de femmes dans les pays en voie de développement.) Cela conduit à environ 99 millions de grossesses non désirées chaque année, ce qui correspond à 44 % de l’ensemble des grossesses. Près de la moitié des grossesses non désirées finissent par un avortement et une certaine proportion par des fausses couches.

Les causes sont multiples : un accès insuffisant aux moyens de contraception et aux soins médicaux, des coûts élevés, le refus de la contraception par le conjoint ainsi que le poids des normes traditionnelles, sociales et religieuses.

Selon les estimations de l’UNICEF, 12 millions de jeunes de moins de 18 ans, dont 82 % de filles, ont été mariés de force cette année. Cela ne constitue pas seulement une violation des droits des enfants à l’éducation, mais conduit aussi souvent à des grossesses précoces engendrant une mortalité maternelle élevée.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)

Il y a 25 ans, le Programme d’action du Caire était adopté lors de la  Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), afin de mettre l’accent sur le droit des femmes à l’autodétermination. Sa mise en œuvre souffre toutefois de lacunes considérables.

Une conférence de suivi intitulée CIPD25 a enfin eu lieu à Nairobi du 12 au 14 novembre 2019.

Il existe une forte résistance, parfois même croissante, contre le planning familial, l’éducation sexuelle et l’avortement chez les responsables spirituels de certaines religions, au sein de cercles populistes de droite en Europe et surtout chez le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui a sensiblement réduit les financements accordés au Fonds des Nations unies pour la population et à de nombreuses organisations non gouvernementales.

Consommation des ressources - Jour du dépassement mondial

En matière de consommation de ressources, des disparités flagrantes existent entre les pays du monde, comme le montre le « Jour du dépassement mondial ». C’est le jour de l’année, où l’humanité a épuisé les ressources qu’elle avait à sa disposition pour l’année en cours. En 2019, ce jour a été atteint dès le 29 juillet, encore plus tôt que par le passé.

Pour subvenir à ses besoins actuels, l’humanité aurait besoin de 1,75 Terre. 

Si la population mondiale vivait comme aux Etats-Unis, nous aurions besoin de 5 Terres, tandis qu’un mode de vie allemand nécessiterait 3 Terres, français et anglais 2,7 Terres et espagnol 2,5 Terres.

Consommation de ressources et émissions de dioxyde de carbone

Selon l’Union européenne, les émissions mondiales de CO2 étaient de 4,91 tonnes par personne  (t/pers) en 2017. Elles étaient beaucoup plus élevées dans l’UE (6,97 t/pers) et encore plus élevées en Allemagne (9,70 t/pers).

Si on laisse de côté les petits pays et les Etats du Golf, le Canada (16,85 t/pers), l’Australie (16,45 t/pers) et les Etats-Unis (15,74 t/pers) sont les plus gros pollueurs de la planète. Les émissions s’élèvent à 7,72 tonnes par personne en Chine et 1,83 tonne en Inde. Parmi les pays qui génèrent les émissions les plus faibles par personne citons la Côte d’Ivoire (0,51 t/pers), le Nigeria (0,50 t/pers), le Liberia (0,24 t/pers) et la République démocratique du Congo (0,04 t/pers).

En chiffres absolus, la Chine est responsable de la plupart des émissions (près de 11 des 37 gigatonnes générées dans le monde), suivie par les USA et les 28 membres de l’UE. L’Allemagne est le sixième plus grand pollueur avec près de 0,8 Gt, tandis que le Nigeria émet seulement 0,09 Gt et le Liberia 0,001 Gt.

Lettre

Aux gouvernements des Etats membres des Nations unies

Mesdames, Messieurs,

Les chiffres de l’évolution démographique sont clairs : selon les Nations unies, la population mondiale actuelle est de 7,7 milliards et pourrait atteindre 9,7 milliards de personnes en 2050, d’après les projections.

L’évolution démographique a une influence incontestable sur l’environnement et le climat. Freiner la croissance permettra de diminuer les charges supplémentaires qui pèseront sur l’environnement. Mais conclure que la destruction environnementale et les émissions de gaz à effet de serre augmentent au même rythme que la population serait erroné. En effet, le nombre de ressources consommées individuellement est un aspect essentiel à prendre en compte.

La majeure partie de la croissance démographique prévue a lieu dans des pays, qui contribuent très peu à la consommation des ressources et aux émissions en raison de leur pauvreté. En revanche, le taux de natalité dans les pays responsables de la plupart des dégâts environnementaux est généralement peu élevé. La réduction de la consommation des ressources dans les pays riches revêt donc une priorité absolue dans la lutte contre la destruction environnementale et le changement climatique !

Les expériences montrent que la natalité baisse avec le développement économique. L’éradication de la pauvreté est donc un enjeu essentiel, au-delà des raisons morales.

Dans les pays en développement, de nombreuses femmes auraient aimé avoir moins d’enfants ou plus tard, mais elles ne peuvent pas imposer leur souhait, car la planification familiale est souvent décidée par les hommes. Les droits des femmes doivent donc être renforcés. Parmi ces droits figurent notamment l’éducation pour les filles au-delà de l’école primaire et les possibilités pour les femmes d’exercer une activité rémunérée. L’accès aux moyens de contraception et aux soins médicaux joue aussi un rôle important.

Nous vous demandons de vous engager à donner plus de poids aux droits des femmes, à l’éducation pour les filles ainsi qu’à l’accès aux moyens de contraception et aux soins médicaux.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de notre profond respect.