URGENT » TOTAL : stop au projet pétrolier Tilenga en Ouganda

Buffles d’Afrique en Ouganda La savane du Parc national Murchison Falls offre un habitat à de nombreux animaux Les chutes de Murchison en Ouganda Les chutes de Murchison font partie des joyaux de l’Afrique (© Rod Waddington / flickr.com - CC BY-SA 2.0) Troupeau d’éléphants dans le parc national de Murchison Falls en Ouganda La savane du Parc national Murchison Falls offre un habitat à de nombreux animaux (© istockphoto.com) Stop au projet Tilenga en Uganda. Collage : puit de pétrole et logo de Total À Total & Co : stop au méga-projet pétrolier Tilenga en Ouganda (© istockphoto.com - Collage RdR)

Total et deux autres groupes pétroliers veulent exploiter les importants gisements de l’Ouganda dans la région des Grands Lacs en Afrique. Le méga-projet Tilenga pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la nature et la population, notamment dans le Parc national Murchison Falls. Signez pour demander son abandon.

Appel

Au Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, et aux dirigeants de TOTAL, Tullow Oil, CNOOC, CCCC et Exim Bank of China

Merci d’abandonner Tilenga ainsi que tous les autres projets industriels et d’infrastructures qui pourraient menacer le Parc national Murchison Falls.

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Les chutes de Murchison font partie des joyaux de l’Afrique et de la région des Grands Lacs. Ce spectacle naturel, du Nil Victoria se jetant dans une étroite gorge avec grand fracas, attire les touristes du monde entier et procure des revenus substantiels à la population.

Les divers écosystèmes du rift Albertin abritent 500 autres espèces animales dont certaines emblématiques comme le lion, l’éléphant et l’hippopotame. La zone est protégée par la convention de Ramsar en raison de sa richesse ornithologique.

Mais, cette nature exceptionnelle est menacée si le projet Tilenga se poursuit. Les groupes pétroliers TOTAL, Tullow Oil et China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) veulent forer 419 puits dans la région et extraire 200 000 barils de pétrole par jour. À cela s’ajouteraient une raffinerie, d’autres installations industrielles ainsi qu’un oléoduc de 1445 km.

Le coup d’envoi a déjà été donné : le groupe chinois CCCC transforme une piste, qui traverse le Parc national Murchison Falls, en une route capable de supporter des poids lourds depuis début 2019. Cette extension fragmente le parc naturel ainsi que les corridors menant à d’autres aires protégées. De nombreux animaux sont percutés par des véhicules et des conflits hommes-animaux ont lieu régulièrement. Pour les écologistes, la route servira uniquement les intérêts de l’industrie pétrolière.

Mais l’opposition grandit en Ouganda : « L’environnement ne doit pas être sacrifié sur l’autel du pétrole », alertent des organisations écologistes dans une lettre. Les protestations peuvent aboutir à des issues positives comme le prouve l’annulation d’un projet de barrage à proximité des chutes de Murchison.

Il s’agit à présent d’interdire l’extraction de pétrole dans des zones protégées telles que les chutes de Murchison !

Contexte

Créé en 1952, le Parc national Murchison Falls s’étend sur 3 878 km². Les scientifiques ont recensé 144 espèces de mammifères, 51 espèces de reptiles et 755 espèces végétales dans cette région constituée d’écosystèmes de savanes, dont font également partie les réserves de Budongo, Bugoma et Wambabya.

Gisements de pétrole dans le parc national des chutes de Murchison – les entreprises impliquées

La réserve pétrolière est estimée à 6,5 milliards de barils. Entre 2011 et 2012, TOTAL et CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) ont chacun acquis 33% des participations détenues par Tullow Oil (Grande-Bretagne) du projet pétrolier dénommé « Tilenga ». TOTAL s’est ensuite porté acquéreur de 21,5 % de participitations supplémentaires de Tullow Oil (qui cherche à se retirer encore plus du projet en mettant en vente d’autres participations), devenant ainsi l’opérateur et investisseur principal (54,9 %) du projet.

Certaines organisations de protection de la nature et de défense des droits de l’homme luttent contre TOTAL. Ils rapportent des cas de spoliation, la perte de moyens de subsistance de nombreux habitants, ainsi que leur appauvrissement. Les Amis de la Terre et d’autres organisations ont déposé une plainte contre le groupe Total à Paris, invoquant la loi sur le devoir de vigilance des entreprises dont la responsabilité s’étend aussi aux filiales basées à l’étranger.

Vous pouvez soutenir leur campagne en cliquant ici.

Tullow Oil, dont le siège est basé à Londres, se désigne elle-même comme « la plus grande compagnie pétrolière indépendante d’Afrique ». Elle est présente dans 15 pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et en Jamaïque. Son activité principale réside dans la prospection de gisements pétroliers et gaziers sur terre et en mer.

La China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) est la troisième compagnie pétrolière chinoise. Elle agit surtout en Afrique, en Iran et, depuis peu, en Europe ainsi qu’en Amérique du Nord. L’État chinois détient 70% de son capital.

China Communications Construction Company (CCCC) est l’un des plus grands groupes de construction du monde. En Ouganda, il a construit une autoroute de 40 km entre l’aéroport d’Entebbe et la capitale de Kampala.

L’Export Import Bank of China participe à la destruction du Parc naturel des Murchison Falls en finançant le projet. Les coûts de l’extension de trois routes nationales du pétrole (« National Oil Roads ») sont estimés à environ 485 millions d’euros, dont 85 % sous forme de crédit (env. 410 millions d’euros). Outre CCCC, deux autres entreprises chinoises sont impliquées.

Les projets de construction de route montrent comment la Chine initie, finance et conçoit des projets qui portent atteinte à l’environnement dans de nombreux pays.

Le lancement des travaux par CCCC est considéré comme illégal par des  écologistes. Il n’est pas certain qu’une étude d’impact environnemental ait été effectuée. Au cours de deux auditions publiques sur le projet Tilenga, il est apparu que de nombreuses réglementations avaient été enfreintes.

Des zones protégées qui n’offrent aucune protection

Dans de nombreux pays, des gouvernements autorisent l’exploitation de ressources, la construction de barrages ou de projets d’infrastructure dans des zones protégées : en République démocratique du Congo, des forages pétroliers menacent les Parcs nationaux de Virunga et Salonga, tandis que l’entreprise canadienne Banro veut extraire de l’or dans la Réserve naturelle d’Itombwe. En Guinée, le groupe chinois Sinohydro prévoit de construire un barrage dans le nouveau Parc national du Moyen-Bafing et, en Tanzanie, la Réserve du Selous classée au patrimoine mondial est également menacée par un barrage.

Les routes agissent comme des « boîtes de Pandore »

Des défenseurs de l’environnement comparent la construction de routes à l’ouverture de la « boite de Pandore des dégâts environnementaux » et font un parallèle avec la prolifération de cellules cancéreuses. Des images satellites montrent comment la construction d’une route précipite l’apparition de routes auxiliaires, comme des arêtes se dessinant dans le paysage. Il s’agit en l’occurrence aussi bien de routes officielles que de routes non officielles, comme celles construites par des entreprises de bûcheronnage.

Les routes ouvrent la voie à la coupe de bois, à l’exploitation minière, au braconnage et au peuplement de zones auparavant difficiles d’accès pour l’agriculture (champs, plantations, pâturages). Un grand nombre des menaces pesant sur les forêts tropicales sont liées à la construction de routes. Dans les tropiques, 95% de la déforestation est directement corrélée à la proximité de routes dans un rayon de 5 km.

Lettre

Au Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, et aux dirigeants de TOTAL, Tullow Oil, CNOOC, CCCC et Exim Bank of China

Monsieur le Président,
Madame, Monsieur,

La région qui entoure les chutes de Murchison est un joyau de l’Afrique. Les divers écosystèmes du rift Albertin abritent 500 autres espèces animales dont certaines emblématiques comme le lion, l’éléphant et l’hippopotame. Chaque année, des milliers de touristes venus du monde entier visitent les chutes de Murchison, procurant des revenus substantiels à la population locale et à l’Ouganda dans son ensemble.

Ce trésor naturel unique et les moyens de subsistance de la population sont toutefois menacés si le projet pétrolier Tilenga et la réalisation des infrastructures y afférents se poursuivent. Leur mise en œuvre affecterait également le secteur du tourisme tout comme la réputation de l’Ouganda, considéré jusqu’ici comme un pays soucieux de la protection de la nature et du climat.

Les premiers dommages sont déjà visibles, puisque l’extension des routes à travers le Parc national Murchison Falls a déjà commencé.

Nous vous demandons de laisser le pétrole là où il est. Merci de mettre fin au projet Tilenga ainsi qu’à tous les projets liés à l’activité pétrolière, tels que la construction de routes.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’expression de notre profond respect.

Cette pétition est également disponible en :

140 357

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