Stop aux agrocarburants, maintenant !

60 345 signatures

Fin de l'action : 15 avr. 2015

Les agrocarburants exacerbent la faim dans le monde, font grimper le prix des denrées alimentaires, nuisent à l'envi­­ronnement et au climat, participent à la destruction des forêts tropicales et de leur biodiversité. Nous exhor­tons l'Union européenne à mettre immédiatement un terme à sa politique de soutien aux « biocarburants »

Lettre

Commission européenne, Conseil de l'Union européenne, Parlement européen

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La directive de l'Union européenne (UE) sur les énergies renouvelables rend obligatoire l'incorporation d'agrocarburants par millions de tonnes dans l’essence et le gazole. Si la France vient de limiter ce taux d’incorporation de « biocarburants »  à 7%, les objectifs de l'UE sont fixés à 10% d'ici 2020. 

Produits presque uniquement avec des denrées comestibles, les agrocarburants sont un concurrent fatal pour l'alimentation humaine : maïs, blé, betterave et canne à sucre pour l'éthanol, huile de palme, colza et soja pour le biodiesel. Contrairement aux affirmations de leur lobby, la part des agrocarburants produits à base de déchets ou plantes non comestibles est infime. 

Les terres utilisées de par le monde pour la production d'agrocarburants sont perdues non seulement pour l'alimentation, mais aussi pour la nature. En Asie du Sud-Est, les forêts tropicales d'Indonésie et de Malaisie sont détruites pour les plantations d'huile de palme. En Amérique du Sud, celles d'Argentine et du Brésil le sont pour les monocultures de soja ou de canne à sucre.

Même les études commandées par l'UE accablent les « biocarburants » : elles démontrent qu'ils sont autant voire plus nocifs que les combustibles fossiles à base de pétrole. 

L'UE est en train de redéfinir sa politique sur les « biocarburants ». Les taux d'incorporation obligatoire, les exonérations fiscales et les subventions sont une grande source de revenus que le puissant lobby des agrocarburants veut absolument conserver.

Écrivons aux dirigeants de l'Union européenne pour qu'ils mettent fin à la folie des agrocarburants, pour que la raison l'emporte sur les intérêts financiers.


Contexte

 

Informations supplémentaires

• Rapport d'Oxfam  Les semences de la faim 
• Article de Grain  Non à la folie des agrocarburants !
• Fiche d'information de la campagne « Agrocarburants ça nourrit pas son monde ! »  Les agrocarburants, késako ?
• Article du site Le Vif/L'Express  Biocarburants : l'Europe reconnaît son erreur
• Article d'Euractive  Les mandats pour les biocarburants pourraient faire grimper les émissions de CO2 
• Article de Sciences Humaines  Les biocarburants affament-ils le monde ?
• Livre de Fabrice Nicolino,  La faim, la bagnole, le blé et nous

 

 

Lettre

Commission européenne, Conseil de l'Union européenne, Parlement européen

Madame, Monsieur,

L'Organisation des Nations Unies (ONU) et son agence pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), des scientifiques, des défenseurs des droits humains, des experts en développement et des défenseurs de l'environnement du monde entier réclament depuis plusieurs années la fin de la compétition mortelle entre l'assiette et le réservoir. Car, contrairement aux affirmations du lobby industriel, les agrocarburants sont produits quasi-exclusivement avec des denrées alimentaires. La nourriture ne devrait pas être gaspillée dans les voitures.

Les « biocarburants » sont aussi une catastrophe pour la nature et le climat. Les monocultures industrielles se répandent à travers le monde, anéantissant les écosystèmes naturels et la biodiversité.

Des quantités toujours plus importantes de matières premières nécessaires à la fabrication des agrocarburants, comme l'huile de palme et de soja, sont importées d'outre-mer. En Amérique du Sud, forêts pluviales et savanes sont brûlées pour faire place aux monocultures de canne à sucre (éthanol) et de soja (biodiesel). En Asie du Sud-Est, les forêts tropicales sont quant à elles détruites pour les plantations de palmiers à huile.

D'énormes quantités de CO2 sont rejetées dans l'atmosphère, portant préjudice au climat mondial. La production d'agrocarburants requiert de grandes quantités d'eau, engrais et autres pesticides qui polluent l'environnement et nuisent à la santé humaine. Chez nous aussi en Europe les oiseaux des champs disparaissent car leur habitat naturel est accaparé par les monocultures de colza.

Veuillez mettre fin sans délai aux mesures d’incorporation obligatoire des agrocarburants, aux exonérations fiscales et subventions qui les soutiennent, et à leur importation. Le droit à l'alimentation, la préservation de la biodiversité et la protection de l'environnement sont à mes yeux prioritaires sur les intérêts unilatéraux de l'industrie des « biocarburants ».

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma haute considération.