Rassemblement d’indigènes du peuple Batwa dans un village près du parc national de Kahuzi-Biega Village batwa en bordure du parc national de Kahuzi-Biega (© RdR/Mathias Rittgerott) Vue de profil et en gros plan d’un gorille des plaines de l’Est dans le parc national de Kahuzi-Biega Gorille des plaines de l’Est dans le parc national de Kahuzi-Biega (© Rettet den Regenwald / Mathias Rittgerott) Le gorille dos argenté Bonané au milieu de bambous Le dos argenté nommé Bonané (© RdR/Mathias Rittgerott) Gorilles des plaines de l’Est avec des bébés jumeaux dans le parc national de Kahuzi-Biega Avoir des jumeaux est extrêmement rare chez les gorilles (© RdR/Mathias Rittgerott) Village Batwa à l’arrière plan d’une plantation de thé mitoyenne du parc national de Kahuzi-Biega Les indigènes Batwa vivent en bordure du parc national. Les plantations de thé ne leur appartiennent pas (© RdR/Mathias Rittgerott)

Les Batwa ET les gorilles

En bordure du parc national de Kahuzi-Biega, qui abrite des gorilles menacés d’extinction, l’organisation CAMV agit en faveur des indigènes Batwa.

Vue d’ensemble du projet

Thématique(s)Personnes

Objectif(s) Améliorer les moyens de subsistance des indigènes Batwa

Activité(s) Obtenir un titre foncier / Générer des revenus / Planter des arbres

Le dos argenté Bonané est le calme incarné. Assis face au soleil matinal à côté d’un gorillon qui fait de la gymnastique dans les hautes herbes, il grignote tranquillement des tiges de bambou. Les deux gorilles ne jettent que quelques regards aux visiteurs. A un moment donné, Bonané en a assez et trotte jusqu’à la lisière de la forêt toute proche en trainant son petit. Sa compagne l’y attend, avec des jumeaux sur le dos.

Bonané et sa famille sont l’une des attractions du parc national de Kahuzi-Biega, tout à l’est de la République démocratique du Congo. Aucun autre endroit au monde ne permet aux touristes d’observer les gorilles des plaines de l’Est en liberté. C’est notamment pour cette raison que la réserve est internationalement connue et classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le paysage du Rift Albertin est spectaculaire, avec sa forêt dense qui recouvre une chaîne de montagnes dominée par deux volcans éteints, le Kahuzi (3308 m) et le Biega (2790m). Sur le flanc est se trouve le lac Kivu. À l’ouest commence le bassin du Congo, la deuxième plus grande région de forêt tropicale humide de la planète, qui est encore largement intacte et dont la préservation est un enjeu majeur dans la lutte contre la crise climatique.

En plus des gorilles, le parc national de Kahuzi-Biega abrite des chimpanzés et douze autres espèces de primates, des éléphants de forêt, des hippopotames et des léopards, 349 espèces d’oiseaux dont 42 sont endémiques. La richesse biologique du parc est également due au fait qu’il englobe à la fois des chaînes montagneuses et des plaines.

Notre partenaire CAMV

L’organisation Centre d’accompagnement des Autochtones Pygmées et Minoritaires Vulnérables (en abrégé CAMV), présidée par Pacifique Mukumba, travaille dans les villages situés en bordure du parc national de Kahuzi-Biega. Le peuple autochtone Batwa est au cœur de son action.

Enjeux et solutions

Le parc national Kahuzi-Biega apporte certes une protection pour les gorilles, mais il cause de grandes souffrances aux Batwa. Autrefois, les autochtones semi-nomades pouvaient parcourir les forêts en toute liberté et vivre en harmonie avec la nature. C’est d’ailleurs grâce à leur mode de vie que les forêts sont demeurées intactes. Depuis la création du parc national en 1970, et surtout de son extension à 600 000 hectares en 1975, les Batwa ont perdu leur foyer et sont contraints à survivre dans la misère.

Nombreux sont les Batwa à être au chômage et à ne pas posséder pas de champs pour pratiquer l’agriculture. Le parc national ne leur donne pas de travail ; la venue de touristes ne leur procure aucune source de revenus. Les Batwa subissent d’effrayantes violences de la part des gardes du parc lorsqu’ils pénètrent dans la zone protégée. De surcroît, la jungle est le théâtre de combats entre des milices armées et des militaires, au milieu duquel les autochtones se retrouvent pris entre deux feux.

Pacifique Mukumba et ses collaborateurs travaillent depuis de nombreuses années à réconcilier défense des droits autochtones et protection de la forêt tropicale. Car protéger des espaces naturels ne doit pas compromettre les modes de vie des communautés locales.

Un projet actuel du CAMV consiste à obtenir des titres de propriété collectifs aux Batwa afin de sécuriser les terres des villages de Bitale et Buziralo. Ils pourront ensuite pratiquer l’agriculture sur ces parcelles, y planter des manguiers et des orangers. Le reboisement doit se faire avec des essences qui enrichissent le sol en azote, le protègent de l’érosion et stabilisent le régime hydrique. 

Ces activités contribueront à assurer les moyens de subsistance des habitants et à réduire la pression sur les forêts, par exemple pour la coupe de bois de chauffage. Dans les villages pilotes proches de Bukavu, la capitale de la province, des pépinières pouvant accueillir 20 000 plants seront mises en place et 14 installations de compostage seront construites. CAMV veille à ce que, outre les 280 foyers Batwa, 120 ménages voisins non indigènes profitent également de ce projet, afin de prévenir les conflits.

Bien qu’il soit enraciné près du lac Kivu, le CAMV est actif bien au-delà des frontières de la province. Fondé en 1995, il participe en tant qu’observateur et que conseiller à plusieurs organes des Nations unies et de l’Union africaine, notamment sur les questions des droits humains et des peuples autochtones. CAMV est un partenaire de Sauvons la forêt depuis début 2022.


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  1. endémiques

    c’est-à-dire qui n’existent nulle part ailleurs dans le monde

Un toucan géant assis sur une branche dans la forêt tropicale © Konrad Wothe

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