Questions et réponses concernant le projet « Achat de forêt amazonienne au Pérou »

Image satellite attestant la déforestation près de Tamshiaycu au Pérou Les parcelles forestières concernées sont situées entre le village de Tamshiyacu (à gauche) et les zones déboisées indiquées par la flèche rouge(à droite) (© NASA Earth Discovery)

Quel est le but du projet ?

Notre objectif, en finançant l’achat de parcelles forestières, est avant tout de soutenir les populations locales dans leur combat pour la protection de l’Amazonie. En effet, des investisseurs étrangers achètent d’importantes surfaces de forêt tropicale dans la région, qu’ils déboisent pour établir des plantations industrielles de cacao ou de palmiers à huile. Nous voulons offrir une alternative aux actuels propriétaires terriens, afin qu’ils aient un autre choix que de vendre aux industriels.

Quelle surface de terre doit être achetée ? Faut-il en acheter le plus possible ?

Il faudrait idéalement acquérir la plus vaste surface possible afin de faire classer le maximum de forêt en réserve naturelle privée. Nous sommes toutefois limités par l’offre locale.

Quelle surface de forêt a déjà été achetée ?

14 parcelles ont été acquises dans le cadre de ce projet en août 2016, représentant un total de 205 hectares. D’ici la fin de l’année, 100 hectares supplémentaires viendront s’y ajouter.

Où se situent les terres achetées ?

Les parcelles se situent au nord-est du Pérou dans la région Moteloy, à environ 6 kilomètres à l’est du village Tamshiyacu en Amazonie. La grande ville la plus proche est Iquitos, qui se situe à environ 50 kilomètres, sur les rives de l’Amazone. Lima est à deux heures d’avion.

À qui sont achetées les terres ?

Les parcelles sont vendues par des propriétaires terriens locaux, qui y ont généralement eux-mêmes vécu ou y vivent encore. L’achat est seulement possible et judicieux lorsque le propriétaire détient les documents officiels établissant incontestablement son droit de propriété sur le bien en question.

A qui appartiennent les terres une fois vendues ? Qui est l’acheteur ?

Les habitants de la région se sont réunis avec des défenseurs de l’environnement et des petits paysans pour acheter ensemble les parcelles. La vente est organisée par notre association partenaire germano-péruvienne « El Puente – die Brücke » (termes signifiant « Le Pont » en espagnol et en allemand), qui se charge également de la conversion des territoires en réserves naturelles protégées. Sauvons la Forêt n’est en aucun cas propriétaire de ces terres, ni aucune personne privée. Une revente est par ailleurs impossible.

Combien coûtent ces terrains ?

Le prix d’achat par hectare est d’environ 300 euros (tarif d'août 2016). Il faut y rajouter les coûts de métrage, les frais de notaires et les dépenses liées aux formalités et démarches administratives, afin que le terrain acheté soit déclaré réserve naturelle.

Qu’advient-il de ces terres une fois achetées ?

Les territoires achetés sont déclarés « zones naturelles privées protégées », reconnues comme réserves naturelles par l’Etat péruvien. L’organisation environnementale péruvienne SPDA nous aide et nous conseille dans les démarches auprès de l’administration, comme par exemple pour remplir les formulaires ou dresser un état des lieux sur les parcelles. Une fois le travail de marquage des frontières terminé, commence l’inventaire des espèces (peuplement forestier etc.). Sur le long terme, les parcelles doivent être surveillées et protégées. A certains endroits, où les petits paysans avaient installé leurs cultures, des mesures de reboisement sont nécessaires.

Ces parcelles sont-elles uniquement recouvertes de forêt primaire ?

Les habitants de la forêt tropicale vivent des richesses naturelles de leur environnement et de petits jardins où ils cultivent le manioc et des fruits comme l’ananas à proximité de leur village. Cela signifie effectivement qu’une grande partie de ces territoires est encore recouverte de forêt primaire, non perturbée par les activités humaines.

Les populations locales ne cultivent que la nourriture nécessaire à leurs besoins quotidiens ou pour en vendre de petites quantités sur les marchés de proximité. Afin de leur assurer un revenu durable, les petits paysans sont désormais formés à l’agriculture biodynamique et des petites surfaces supplémentaires sont également aménagées pour leur permettre d’y travailler. Des viviers à poisson devraient aussi bientôt être mis en place afin d’assurer un approvisionnement régulier en protéines, vitales pour la santé. Pour ce faire, seulement des parcelles où la forêt tropicale ne pousse plus depuis longtemps seront utilisées. 

Quand le projet sera-t-il terminé ?

La fin du projet n’est pas encore prévue, car la conversion des terres en réserves naturelles prend du temps. Toutefois, nous ne savons pas combien de terrains vont encore nous être proposés à la vente. Le projet concernant l’agriculture biodynamique va, espérons-le, perdurer plusieurs années, puis être relayé à une autre organisation.