Viande et soja - Pourquoi l’élevage intensif dévore les forêts tropicales

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Escalope de porc, côte de bœuf, cuisse de poulet… de plus en plus de viande atterrit dans nos assiettes. Les animaux, parqués dans des fermes industrielles où ils sont entassés dans de minuscules cages et engraissés avant d’être abattus, ne sont pas les seuls à en pâtir. Les forêts tropicales sont aussi victimes de notre appétit carnassier.

En Amérique latine, d’immenses surfaces sont aujourd’hui recouvertes de pâturages ou de plantations de soja destinées à fabriquer des aliments pour les élevages bovins. La forêt primaire a été détruite pour ces exploitations industrielles. Quelles sont les conséquences pour la nature et le climat ? Comment résoudre ce problème ?

L’élevage industriel en 5 minutes

La viande, gros gaspillage de ressources

Viande

La viande a une place centrale dans l’alimentation des français. Avec environ 87 kilos de chair animale digérée par habitant chaque année, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne qui est d’environ 80 kilos. Les français se démarquent encore plus par leur consommation de viande bovine, qui est d’environ 23 kilos pour une moyenne communautaire de 14 kilos, faisant de nous les plus grands consommateurs de bœuf en Europe.

Un milliard d’animaux sont abattus chaque année en France pour leur viande. Pendant leur élevage, ils consomment eux-mêmes de grandes quantités de nourriture. Leurs besoins en matières premières végétales sont tels, que deux tiers des surfaces agricoles sont utilisés pour l’élevage en France. Au lieu d’être consommées directement par les humains, des tonnes de céréales sont avalées par les porcs, les vaches et les volailles, ce qui représente un énorme gaspillage de calories.

La production de viande nécessite également des quantités d’eau inouïes. 15 500 litres d’eau sont utilisés pour produire un kilo de viande de bœuf, contre seulement 1 300 litres pour 1 kilo de céréales ou de pain.

Les conséquences écologiques : déforestation, monocultures, changement climatique

Vue aérienne de la combustion de la forêt amazonienne

Le tourteau de soja, hautement protéiné, est très utilisé dans les élevages porcins et bovins. Afin de répondre à la demande globale en soja, la production sud-américaine a doublé en moins de dix ans. La France étant le 3ème importateur mondial de soja brésilien, notre consommation de viande est en relation directe avec la déforestation dans cette région.

La forêt tropicale amazonienne et le cerrado, une savane boisée au sud du bassin amazonien, sont les zones les plus touchées. La nature est détruite et les indigènes sont chassés de leurs terres pour y établir d’immenses monocultures industrielles. Les personnes qui restent tombent souvent malades : les trois quarts des plants de soja d’Amérique du sud sont des OGM du géant de l’agroalimentaire Monsanto, qui poussent dans des plantations aspergées de pesticides et de glyphosate. Ces poisons sont suspectés de causer cancers et maladies génétiques.

Les pâturages rongent également la forêt tropicale, les arbres étant abattus pour faire de la place au bétail. Les conséquences sur le climat sont catastrophiques : production de méthane par la digestion des animaux, émissions de CO2 par la déforestation et toute la chaine de production (machines, transports), ou encore diffusion de protoxyde d’azote par les engrais. Au final, 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre viennent de l’élevage.

La solution : une alimentation plus végétale

Les produits animaux sont responsables de 72% de l’ensemble des gaz à effet de serre dus à l’alimentation humaine. La production d’une calorie animale nécessite 4 fois plus de surface agricole que la production d’une calorie végétale. La conclusion est sans appel : l’avenir des forêts tropicales se décide dans notre assiette. La lutte contre le réchauffement climatique passe aussi par le choix d’une alimentation plus végétale.

Voici quelques conseils pour une consommation responsable :

  1. Manger plus souvent végétal : steak de seitan, saucisses de tofu, lait d’amande, yaourt de soja, sont autant de délicieuses alternatives aux protéines animales que vous trouverez pour la plupart au supermarché, sinon dans tous les magasins bios.
  2. Revenir à une consommation exceptionnelle de viande : pour ceux qui ne peuvent vraiment pas s’en passer, mieux vaut ne manger de la viande qu’occasionnellement. Pour votre barbecue du dimanche, préférez de la viande biologique non issue de fermes industrielles.
  3. Ne bannissez pas le soja ! Les produits à base de soja commercialisés pour l’alimentation humaine, comme le tofu, ne sont pas issus de la déforestation.  Il s’agit généralement de soja biologique produit en Europe. Ne vous privez donc pas de ces aliments, très riches en protéines.
  4. Stop au gaspillage alimentaire : un français jette en moyenne 20 kilos de nourriture par an, dont 7 kilos d’aliments encore emballés. Les produits animaux ne sont pas épargnés. N’achetez que ce que vous pouvez consommer : c’est économique et écologique !
  5. Et pour un engagement au-delà de votre assiette, n’hésitez pas à rejoindre des mouvements citoyens comme la « marche mondiale contre Monsanto ». Cette manifestation réunit des milliers de personnes en faveur d’une agriculture respectueuse des animaux et de l’environnement pour faire pression sur les décideurs politiques. Les pétitions en ligne ou les lettres adressées aux élus sont également de bonnes façons de s’engager pour une agriculture écologique et une production alimentaire durable.
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Poulet blanc Une « vie » de poulet : 47 jours parqué en batterie jusqu’à l’abattoir (© Dmitriy Shironosov / iStock)

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Élevage : pas d’aides publiques pour les fermes-usines !

Des fonds publics pour financer la souffrance animale ? L’entreprise biélorusse Servolux pourrait obtenir un prêt de 25 millions d’euros de la Banque européenne de développement pour des batteries d’élevages interdites au sein de l’UE. Signez notre pétition pour qu’aucune aide financière ne soit accordée aux usines à animaux !

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À la BERD et aux institutions financières et agences de crédit à l’exportation

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