Stop au massacre des Roussettes noires à l’île Maurice

Une roussette noire (Pteropus Niger), espèce de chauve-souris endémique à l’île Maurice, suspendue à un arbre. Les producteurs de fruits de l'île Maurice abhorrent les chauves-souris frugivores (© Jacques de Speville)
353 085 signatures

Fin de l'action : 6 mars 2020

L’île Maurice veut de nouveau exterminer des milliers roussettes noires. Comme en 2015 et en 2016. Accusée à tort par les producteurs de fruits de détruire les récoltes, cette espèce endémique de chauves-souris frugivore pourrait très bientôt disparaitre si 13.000 animaux de plus étaient abattus. Faisons stopper le massacre.

Appel

À la Présidente, au Premier ministre et au gouvernement de la République de Maurice

“Non au massacre des roussettes noires ! Le gouvernement mauricien ne peut pas risquer l’extinction de l’espèce pour complaire aux demandes des fruiticulteurs”

Afficher la lettre de pétition

Les défenseurs des animaux se mobilisent : « Cet abattage est absolument injustifiable » déplore Vikash Tatayah de la Mauritian Wildlife Foundation.

Le gouvernement mauricien affirme que les récoltes des producteurs de mangues et de litchis sont pillées par les chauves-souris frugivores. Et projette pour cette raison de réduire le nombre d'animaux. 

Selon des études, près de 100.000 spécimens de l'espèce Pteropus Niger vivaient à Maurice en 2015. Cette année là, le gouvernement lança un premier massacre de masse. 30.938  animaux furent tués au lieu des 20.000 annoncés. L'année suivante, 7.380 autres roussettes noires ont été tués. Aujourd'hui, il est question d’en abattre 13.000.

Selon la Mauritian Wildlife Foundation et l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les campagnes d'abattage ont contribué au passage des roussettes noires de vulnérable à en danger sur la liste rouge des espèces menacées. Il suffirait d’un cyclone ou d’une période de sécheresse pour être fatal à l’ensemble de sa population.

Les mauvaises récoltes de fruit sur l’île Maurice ne seraient d’ailleurs pas dues aux roussettes noires. Une étude de l’Université de Bristol leur attribue la responsabilité de seulement 11% des pertes et pointe plutôt les mauvaises méthodes agricoles et les récoltes trop tardives pour expliquer le phénomène. La simple mise en place de filets de protection aiderait déjà beaucoup.

La décision de tuer les roussettes noires ignore totalement leur contribution à la pollinisation et à la propagation des espèces fruitières. Pire, les chauves-souris sont en gestation ou allaitent à cette période de l’année. Les chances de survie des jeunes animaux seraient infimes.

Merci de signer et partager de toute urgence notre appel au gouvernement mauricien.

Contexte

 

Informations supplémentaires

En français

 

En anglais


Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

M. Barlen Vyapoory, Président de la République de Maurice
M. Pravind Jugnauth, Premier ministre de la République de Maurice

Ambassade de Maurice
127, rue de Tocqueville
75017 Paris
Tel : +33 (0)1 42 27 30 19
Courriel : paris@amb-maurice.fr

Lettre

À la Présidente, au Premier ministre et au gouvernement de la République de Maurice

Madame la Présidente,
Monsieur le Premier ministre,
Madame la Ministre, Monsieur le ministre,

Le gouvernement de Maurice est en train de procéder à un "abattage contrôlé" de 10 000 roussettes noires. Cette décision donne raison aux cultivateurs qui accusent les chauves-souris frugivores de décimer leurs cultures.

Des défenseurs de l’environnement ont manifesté leur opposition à ce projet, la population de chauve-souris étant bien moindre que les 65 000 roussettes noires annoncées. Elles n’excéderaient même pas les 50.000 individus estiment des scientifiques. La mise en œuvre de cette tuerie pourrait pousser l’espèce vers l’extinction prévient l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le statut des roussettes noires pourrait passer de "vulnérable" à "en danger critique d’extinction".

La responsabilité des roussettes noires concernant les mauvaises récoltes est sérieusement remise en cause par des scientifiques. Les chauves-souris seraient responsables de seulement 11% des pertes fruitières. La mise à mort massive n’aidera pas les producteurs de fruit et n’a aucun sens d’un point de vue économique.

Le projet laisse les aspects écologiques et moraux totalement de côté : il ne prend pas en compte la contribution des roussettes noires à la pollinisation et à la propagation des espèces fruitières dans l’île ; il ignore qu’à cette période de l’année, les chauves-souris allaitent ou sont en gestation, augurant d’infimes chances de survie pour la génération à venir.

La population mauricienne rejette massivement la mise à mort des roussettes noires. Selon un sondage, plus de 90% des personnes interrogées nourrissent pour l’animal des sentiments allant de « neutres à très positifs ».

En risquant délibérément l'extinction d'une espèce endémique, votre action nuira considérablement à l’image de Maurice à travers le monde. Je vous exhorte à prendre les alertes des scientifiques au sérieux et à annuler l’abattage programmé des roussettes noires.

Je vous prie de croire, Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Madame la Ministre, Monsieur le ministre, à l'assurance de ma considération et de ma vigilance citoyenne.

La biodiversité en 5 minutes

Situation actuelle : pourquoi la biodiversité est-elle si importante ?

La biodiversité ou diversité biologique comprend trois domaines très étroitement liés : la diversité des espèces, la diversité génétique au sein des espèces et la diversité des écosystèmes tels que les forêts ou les océans. Chaque espèce fait partie d’un réseau de relations très complexe. La disparition d’une espèce a un impact sur de nombreuses autres espèces et sur des écosystèmes entiers.

Près de 2 millions d’espèces ont été décrites à ce jour dans le monde, mais leur nombre est bien plus élevé selon les expert·e·s. Les forêts tropicales humides et les récifs coralliens comptent parmi les écosystèmes les plus riches en espèces et les plus complexes de la planète. Environ la moitié de l’ensemble des espèces animales et végétales vivent dans les forêts tropicales.

La diversité biologique mérite d’être protégée en tant que telle et constitue en même temps la base de notre subsistance. Chaque jour, nous utilisons de la nourriture, de l'eau potable, des médicaments, de l'énergie, des vêtements ou des matériaux de construction. Les écosystèmes intacts assurent la pollinisation des plantes et la fertilité des sols, la purification de l’eau et de l’air et le stockage du CO2 nocif au climat. Ils nous protègent des catastrophes environnementales telles que les inondations ou les glissements de terrain.

La nature est par ailleurs à la fois le foyer et un lieu spirituel de nombreux peuples indigènes. Les Autochtones sont les meilleur·e·s gardien·ne·s de la forêt tropicale. Les écosystèmes où vivent les communautés indigènes sont particulièrement intacts. 

L’établissement du lien entre la disparition de la nature et la propagation de maladies ne date pas de la crise mondiale du Coronavirus SARS-CoV-2. Une nature intacte et diversifiée nous prémunit contre de nouvelles pandémies.

Les conséquences : disparition des espèces, faim et crise climatique

L’état de la nature s’est considérablement détérioré dans le monde entier. Environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparaître au cours des prochaines décennies. 37 400 espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Un triste record ! Les experts parlent d’une sixième extinction de masse dans l’histoire de la Terre. Le taux actuel d’extinction des espèces au niveau global est des centaines de fois plus élevé que lors des 10 derniers millions d’années, et ce en raison de l’influence humaine.

De nombreux écosystèmes de la planète - 75 % des zones terrestres et 66 % des zones marines - sont également menacés. Seuls 3% de ceux-ci sont écologiquement intacts, certaines parties de l’Amazonie et du bassin du Congo par exemple. Les écosystèmes riches en espèces, tels que les forêts tropicales et les récifs coralliens, sont particulièrement touchés. Environ 50 % des forêts tropicales ont été détruites au cours des 30 dernières années. La mort des coraux continue d’augmenter en raison de l’augmentation de la température mondiale.

Les principales causes du déclin massif de la biodiversité sont la destruction des habitats, l'agriculture intensive, la surpêche, le braconnage et le réchauffement climatique. Environ 500 milliards de dollars US par an sont investis dans le monde entier dans la destruction de la nature : pour l’agriculture industrielle, les subventions pour le pétrole et le charbon, la déforestation et l’imperméabilisation des sols.

La perte de biodiversité a des conséquences sociales et économiques considérables.  L’exploitation des ressources se fait au détriment de milliards de personnes dans le Sud. L’ONU ne pourra atteindre ses 17 objectifs de développement durable (ODD), comme l’élimination de la faim et de la pauvreté, que si la biodiversité est conservée dans le monde entier et utilisée durablement pour les générations futures.

Sans la préservation de la biodiversité, la protection du climat est également menacée. La destruction des forêts et des tourbières, qui constituent d’importants puits de CO2, exacerbe le changement climatique.

La solution : moins, c’est plus !

Notre planète ne possède pas des ressources naturelles en quantité illimitée. Nous, humains, en consommons pourtant deux fois plus que ce que la Terre met à disposition chaque année.  Au rythme actuel de consommation des ressources, ce sera au moins trois fois plus d’ici 2050. La préservation la biodiversité comme base de notre vie nécessite une augmentation de la pression sur les décideur·euse·s politiques. Elle nécessite également des actions à mettre en œuvre dans notre vie quotidienne. 

Conseils pratiques pour la préservation de la biodiversité

  1. Manger végétal : plus de fruits et de légumes colorés et de tofu dans notre assiette, moins ou pas du tout de viande ! Environ 80 % des terres agricoles du monde sont utilisées pour l’élevage et la production d’aliments pour animaux.
  2. Régional et Bio : consommer des aliments issus de l’agriculture biologique permet d’éviter les immenses monocultures industrielles et l’utilisation de pesticides. Acheter des produits régionaux permet d’économiser d’importantes quantités d’énergie.
  3. Agir à bon escient : ai-je vraiment besoin de nouveaux vêtements ou d’un téléphone portable ? Ou bien puis-je me procurer des objets d’usage courant d’occasion ? Il existe de bonnes alternatives aux produits contenant de l'huile de palme ou du bois tropical. Les animaux de compagnie en provenance des régions tropicales, tels que les perroquets ou les reptiles, sont à proscrire. Calculez votre empreinte écologique dès maintenant.
  4. Devenir un·e ami·e des abeilles : pollinisateurs et autres insectes sont heureux d’avoir accès à une grande variété de plantes savoureuses sur les balcons et dans les jardins. Pour celles et ceux ne possédant pas leur propre coin de verdure, il est possible de participer à un projet de conservation de la nature dans leur région.
  5. Soutenir les protestations : les différentes manifestations et pétitions contre le réchauffement climatique ou en faveur d’un changement de l’agriculture font pression sur les  décideur·euse·s politiques, qui sont également responsables de la protection de la biodiversité.