Sauvons Makatea, arche de Noé de la Polynésie française

Un Carpophage de la Société ou « Rupe » (Ducula aurorae) regarde du ciel l’atoll soulevé de Makatea en Polynésie française Le Rupe - Ducula aurorae - est une espèce endémique de l’atoll de Makatea dans le Pacifique (© Fred Jacq - Montage : S. Harmat RdR)

L’atoll soulevé de Makatea abrite une des dernières forêts primaires de Polynésie française. Berceau d’une flore et d’une faune endémiques, ce conservatoire naturel à l’abri de l’élévation du niveau marin est menacé de dévastation par une société multinationale du phosphate. Signez pour aider ses habitants à repousser ce désastre !

Mises à jour Appel

Au Ministre de la Transition écologique et au Président de la Polynésie française

“Non à l’extraction du phosphate à Makatea ! Merci de rejeter la demande de permis de SAS Avenir Makatea et de faire stopper les prospections au plus vite.”

Afficher la lettre de pétition

Imaginez une île lointaine, à l’autre bout du monde, dans le Pacifique. Une île soulevée par la tectonique des plaques il y a des millions d’années. Imaginez de hautes falaises. Et, perchée en haut de ces falaises, une forêt vierge, improbable, devenue refuge pour les animaux et les plantes d’une Polynésie dont les atolls disparaissent sous la montée du niveau de l’océan. Cette île existe, vous ne rêvez pas : bienvenue à Makatea !

Les superlatifs manquent pour évoquer cet atoll de 28 km2 situé dans l’archipel des Tuamotu. Sa forêt primaire, peuplée de dizaines d’espèces animales et végétales endémiques, est exceptionnelle. Certains, comme le cinéaste Michel Huet (voir ses vidéos dans l’onglet contexte), en parlent même comme d’une arche de Noé pour la Polynésie française

Aujourd’hui Makatea est en grand danger. L’industrie lorgne sur l’un de ses trésors : son phosphate naturel. D’une grande pureté, celui-ci offre aux habitants de l’atoll une végétation luxuriante synonyme de ressources vivrières et d’une agriculture 100% bio. Les gisements sont énormes. Des milliards sont en jeu. La pression monte. Les investisseurs trépignent.

Les décideurs du gouvernement de Papeete sont sur le point d’accorder le permis minier. Et les croqueurs de phosphate ont construit un dossier en « trompe l’œil » où l’atoll est présenté comme un rocher blanc, stérile, surchauffé par le soleil.

Les habitants de Makatea veulent de l’emploi, mais ils savent que la réponse se trouve ailleurs que dans la destruction de leur île. Soutenus par des organisations locales, ils appellent les autorités de Polynésie et de France métropolitaine à rejeter la demande de permis de SAS Avenir Makatea.

Soutenez-les avec votre signature !

Contexte

L’atoll soulevé de Makatea

Makatea est la perle rare de l’archipel des Tuamotu. Vu de l’extérieur, il est une sorte de point sur un « i » au beau milieu du Pacifique. Depuis des millions d’années il est le témoin de la submersion d’atolls victimes des coups de boutoirs des cyclones et de l’élévation du niveau marin durant les périodes interglaciaires.

Aujourd’hui, le réchauffement climatique planétaire renforce ce processus. Makatea assure à lui seul contre vents et marées la conservation d’une flore et d’une faune en grande partie disparues dans les Tuamotu et plus largement dans cette vaste région du Pacifique.

Ses hautes falaises portent l’empreinte de ces périodes de dévastation. Le corps de l’atoll conserve en son sein des réseaux d’eau douce actifs qui alimentent des lacs souterrains, faisant de Makatea l’unique château d’eau douce des Tuamotu.

L’atoll, dont les patrimoines géologique, culturel et naturel en font le fleuron de l’archipel des Tuamotu, n’est pas le « roc blanc » stérile décrit depuis des lustres par ceux qui par intérêt économique souhaitent le détruire, mais l’atoll soulevé le plus exceptionnel au monde.

C’est en terme géologique, une référence planétaire. Par son karst, ses falaises et la qualité de ses concrétions, en particulier des fistuleuses, Makatea est un Vercors en miniature, planté au cœur de l’océan Pacifique.


Vous pouvez retrouver cette vidéo ainsi que de nombreuses autres - comme Le trésor de Makatea - sur Alerte Biosphère, le site internet de Michel Huet.


La forêt primaire de Makatea est un espace sauvage peuplé d’animaux et de plantes endémiques. Elle fait partie des 15 sites de conservation prioritaires en Polynésie française dont la préservation est impérative.

Cet atoll de 28 km2 constitue une Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO), un site de l'Alliance pour Zéro Extinction (AZE), une Zone d’Oiseaux Endémiques (ZOE), et une zone Clé pour la biodiversité selon l’UICN (profil d’écosystème 2015).

Par ailleurs, Makatea offre à ses habitants une agriculture 100 % "BIO", mais aussi des ruchers, des ressources vivrières, des familles avec des enfants, UNE ECOLE et une nappe d’eau douce sans équivalence dans l’archipel des Tuamotu.

Menaces sur Makatea

Aujourd’hui, l’atoll de Makatea est gravement menacé par SAS Avenir Makatea, nom bien français derrière lequel se cache une multinationale australienne du phosphate.

Son objectif est dans un premier temps de mettre le pied sur Makatea pour soi-disant réhabiliter l’ancien site d’extraction, datant du 20ème siècle, en l’abaissant de 30 m. En filigrane, dans l’ombre de ce premier pas accompli sur Makatea se cache l’intention de déplacer l’exploitation sur la partie vierge de l’atoll. C’est là que se trouvent dans le sol, le trésor tant convoité : des milliards sous la forme de phosphate.

La problématique du phosphate

Les Nations Unies et la communauté scientifique dénoncent le scandale lié à l’exploitation du phosphate dans le monde, les abus et les spoliations qu’elle génère. Elles démontrent également la disparition programmée dans 100 à 130 ans des sources de phosphate disponible pour l’industrie.

Comme l’expriment nombre d’économistes, ceci aura pour effet de faire exploser le cours du phosphate de 500 à 1000 % dans les vingt prochaines années, d’où la précipitation et la pression dont fait preuve SAS Avenir Makatea. Il s’en suivra une crise planétaire.

« Nous avons pourtant suffisamment de phosphore dans le sol autour de nous pour alimenter notre agriculture sans tuer le vivant du sol, sans l’empoisonner avec l’uranium et le cadmium qui accompagnent le phosphate et que nous ingérons, sans asphyxier par eutrophisation nos littoraux » explique le naturaliste, auteur et cinéaste Michel Huet.

« La solution repose entre-autres, sur un retour progressif à une agriculture proche de la nature en reconstituant grâce aux champignons mycorhiziens la vie dans les sols. « Pas de forêt sans champignons, pas de champignons sans forêt ».

La forêt primaire de Makatea fonctionne comme une forêt continentale. L’arbre et le champignon, les deux constituent un tandem qui assurent le fonctionnement de l’écosystème forestier. Sans arbre il n’y a pas d’apport d’énergie et sans champignon il n’y a pas de distribution de phosphore au sein de l’écosystème.

Partout sur la planète entre les plantes et les champignons, c’est du donnant-donnant, du phosphore contre des sucres. Nous pouvons donc facilement nous passer du phosphore sous la forme de phosphate, c’est ce que font depuis toujours les habitants de Makatea en cultivant 100% bio sur du compost que les champignons mycorhiziens avec le renfort de bactéries et d’invertébrés transforment en humus.

Le devoir de la France

Une des particularités de la France est qu’il est possible, sans la quitter, de faire le tour de la planète. La France est en effet le pays dont le territoire est le plus dispersé dans le monde. Cette distinction vis-à-vis des autres pays lui procure, entre autres, un atout touristique majeur reposant sur une immense diversité de paysages. Au cœur de chacun d’eux, des français originaires des lieux, vivent en harmonie avec leur environnement naturel. L’expression de ces sociétés humaines au travers de leurs activités quotidiennes, l’agriculture, la cuisine, la médecine, l’art et bien d’autres encore, révèle les spécificités de la biodiversité qui les entoure.

La France a le devoir de conserver et de valoriser ses patrimoines naturel et culturel dont elle a la responsabilité, du subarctique (Saint Pierre et Miquelon) à l’Antarctique (Terre Adélie).

En dépit de surfaces terrestres limitées, et souvent insulaires, l’extraordinaire biodiversité de ces territoires confère à la France en effet une grande responsabilité sur le plan international en matière de conservation. Plus de 95 % de la faune vertébrée et des plantes vasculaires spécifiques à la France sont concentrés sur ses territoires d’outre-mer.

L’opposition au projet d’extraction de phosphate à Makatea

La résistance contre l’extraction du phosphate s’organise autour des associations Fatu Fenua no Makatea et Rupe no Makatea en Polynésie et du naturaliste, auteur et cinéaste Michel Huet en métropole.

 

Informations supplémentaires

Makatea et sa biodiversité

Exploitation du phosphate

 

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

  • M. Edouard Fritch, Président de la Polynésie française

Présidence de la Polynésie française
Avenue Pouvanaa Oopa
BP 2551 - 98713 Papeete
Tel : 689 40 47 20 00
Fax. : 689 40 41 02 71
Courriel : courrier@presidence.pf
Formulaire de contact

  • M. François de Rugy, Ministre de la Transition écologique et solidaire de la République française

Ministère de la Transition écologique et solidaire
Hôtel de Roquelaure
246, bd Saint-Germain
75007 Paris
Tél. : +33 (0)1 40 81 21 22
Formulaire de contact

Lettre

Au Ministre de la Transition écologique et au Président de la Polynésie française

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Nous vous interpellons à propos du futur immédiat et à long terme de l’atoll soulevé de Makatea dans l’archipel des Tuamotu.

Makatea est un patrimoine géologique de haute valeur. Atoll soulevé par la tectonique des plaques, Makatea est depuis des millions d’années le témoin de la submersion d’atolls victimes des coups de boutoirs des cyclones et de l’élévation du niveau marin durant les périodes interglaciaires. A notre époque, le réchauffement climatique planétaire renforce ce processus.

Makatea assure à lui seul contre vents et marées la conservation d’une flore et d’une faune en grande partie disparues dans les Tuamotu et plus largement dans cette vaste région du Pacifique. En d’autres termes, Makatea est comme une arche de Noé pour la Polynésie française.

Les habitants de l’atoll profitent d’une forêt primaire exceptionnelle peuplée d’animaux et de plantes endémiques, d’une agriculture 100% bio, de ruchers, de ressources vivrières et une nappe d’eau douce sans équivalence dans l’archipel des Tuamotu…

Aujourd’hui Makatea est en grand danger. L’entreprise « SAS Avenir Makatea » convoite d’exploiter ses énormes gisements de phosphate naturel. Derrière ce nom bien français se cache une multinationale australienne du phosphate. Son objectif est dans un premier temps de mettre le pied sur Makatea pour soi-disant réhabiliter un ancien site d’extraction en l’abaissant de 30 m.

En filigrane, dans l’ombre de ce premier pas accompli se cache l’intention de déplacer l’exploitation sur la partie vierge de l’atoll. C’est là que se trouvent dans le sol, le trésor tant convoité sous la forme de phosphate. Dans sa demande de permis d’extraction, l’entreprise présente Makatea comme un rocher blanc, stérile, surchauffé par le soleil. Ce qui est totalement faux et documenté.

La France est le pays dont le territoire est le plus dispersé dans le monde. Elle a le devoir de conserver et de valoriser les patrimoines naturel et culturel de ses territoires d’outre-mer.

Les habitants de Makatea veulent de l’emploi, mais ils savent que la réponse se trouve ailleurs que dans la destruction de leur île. Avec les organisations Fatu Fenua no Makatea et Rupe no Makatea, ils appellent les autorités de Polynésie et de France métropolitaine à rejeter la demande de permis de SAS Avenir Makatea.

Par la présente lettre, nous souhaitons soutenir leur revendication légitime.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

La biodiversité en 5 minutes

Situation actuelle : pourquoi la biodiversité est-elle si importante ?

La biodiversité ou diversité biologique comprend trois domaines très étroitement liés : la diversité des espèces, la diversité génétique au sein des espèces et la diversité des écosystèmes tels que les forêts ou les océans. Chaque espèce fait partie d’un réseau de relations très complexe. La disparition d’une espèce a un impact sur de nombreuses autres espèces et sur des écosystèmes entiers.

Près de 2 millions d’espèces ont été décrites à ce jour dans le monde, mais leur nombre est bien plus élevé selon les expert·e·s. Les forêts tropicales humides et les récifs coralliens comptent parmi les écosystèmes les plus riches en espèces et les plus complexes de la planète. Environ la moitié de l’ensemble des espèces animales et végétales vivent dans les forêts tropicales.

La diversité biologique mérite d’être protégée en tant que telle et constitue en même temps la base de notre subsistance. Chaque jour, nous utilisons de la nourriture, de l'eau potable, des médicaments, de l'énergie, des vêtements ou des matériaux de construction. Les écosystèmes intacts assurent la pollinisation des plantes et la fertilité des sols, la purification de l’eau et de l’air et le stockage du CO2 nocif au climat. Ils nous protègent des catastrophes environnementales telles que les inondations ou les glissements de terrain.

La nature est par ailleurs à la fois le foyer et un lieu spirituel de nombreux peuples indigènes. Les Autochtones sont les meilleur·e·s gardien·ne·s de la forêt tropicale. Les écosystèmes où vivent les communautés indigènes sont particulièrement intacts. 

L’établissement du lien entre la disparition de la nature et la propagation de maladies ne date pas de la crise mondiale du Coronavirus SARS-CoV-2. Une nature intacte et diversifiée nous prémunit contre de nouvelles pandémies.

Les conséquences : disparition des espèces, faim et crise climatique

L’état de la nature s’est considérablement détérioré dans le monde entier. Environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparaître au cours des prochaines décennies. 37 400 espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Un triste record ! Les experts parlent d’une sixième extinction de masse dans l’histoire de la Terre. Le taux actuel d’extinction des espèces au niveau global est des centaines de fois plus élevé que lors des 10 derniers millions d’années, et ce en raison de l’influence humaine.

De nombreux écosystèmes de la planète - 75 % des zones terrestres et 66 % des zones marines - sont également menacés. Seuls 3% de ceux-ci sont écologiquement intacts, certaines parties de l’Amazonie et du bassin du Congo par exemple. Les écosystèmes riches en espèces, tels que les forêts tropicales et les récifs coralliens, sont particulièrement touchés. Environ 50 % des forêts tropicales ont été détruites au cours des 30 dernières années. La mort des coraux continue d’augmenter en raison de l’augmentation de la température mondiale.

Les principales causes du déclin massif de la biodiversité sont la destruction des habitats, l'agriculture intensive, la surpêche, le braconnage et le réchauffement climatique. Environ 500 milliards de dollars US par an sont investis dans le monde entier dans la destruction de la nature : pour l’agriculture industrielle, les subventions pour le pétrole et le charbon, la déforestation et l’imperméabilisation des sols.

La perte de biodiversité a des conséquences sociales et économiques considérables.  L’exploitation des ressources se fait au détriment de milliards de personnes dans le Sud. L’ONU ne pourra atteindre ses 17 objectifs de développement durable (ODD), comme l’élimination de la faim et de la pauvreté, que si la biodiversité est conservée dans le monde entier et utilisée durablement pour les générations futures.

Sans la préservation de la biodiversité, la protection du climat est également menacée. La destruction des forêts et des tourbières, qui constituent d’importants puits de CO2, exacerbe le changement climatique.

La solution : moins, c’est plus !

Notre planète ne possède pas des ressources naturelles en quantité illimitée. Nous, humains, en consommons pourtant deux fois plus que ce que la Terre met à disposition chaque année.  Au rythme actuel de consommation des ressources, ce sera au moins trois fois plus d’ici 2050. La préservation la biodiversité comme base de notre vie nécessite une augmentation de la pression sur les décideur·euse·s politiques. Elle nécessite également des actions à mettre en œuvre dans notre vie quotidienne. 

Conseils pratiques pour la préservation de la biodiversité

  1. Manger végétal : plus de fruits et de légumes colorés et de tofu dans notre assiette, moins ou pas du tout de viande ! Environ 80 % des terres agricoles du monde sont utilisées pour l’élevage et la production d’aliments pour animaux.
  2. Régional et Bio : consommer des aliments issus de l’agriculture biologique permet d’éviter les immenses monocultures industrielles et l’utilisation de pesticides. Acheter des produits régionaux permet d’économiser d’importantes quantités d’énergie.
  3. Agir à bon escient : ai-je vraiment besoin de nouveaux vêtements ou d’un téléphone portable ? Ou bien puis-je me procurer des objets d’usage courant d’occasion ? Il existe de bonnes alternatives aux produits contenant de l'huile de palme ou du bois tropical. Les animaux de compagnie en provenance des régions tropicales, tels que les perroquets ou les reptiles, sont à proscrire. Calculez votre empreinte écologique dès maintenant.
  4. Devenir un·e ami·e des abeilles : pollinisateurs et autres insectes sont heureux d’avoir accès à une grande variété de plantes savoureuses sur les balcons et dans les jardins. Pour celles et ceux ne possédant pas leur propre coin de verdure, il est possible de participer à un projet de conservation de la nature dans leur région.
  5. Soutenir les protestations : les différentes manifestations et pétitions contre le réchauffement climatique ou en faveur d’un changement de l’agriculture font pression sur les  décideur·euse·s politiques, qui sont également responsables de la protection de la biodiversité.
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