Méga barrage au Brésil: nous ne voulons pas de Belo Monte

18 264 signatures

Fin de l'action : 19 mai 2014

Depuis plus de 20 ans, les Indiens Kayapo et les activistes environnementaux se battent contre la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte en Amazonie brésilienne. Leur patrie et leurs fondements de vie vont être à jamais détruits par cette gigantesque construction, le troisième plus grand barrage du monde. S’il vous plait, aidez-nous à empêcher que le fleuve soit barré et que la forêt tropicale soit engloutie par les eaux.

Appel

Avec une longueur de presque 2 000 kilomètres, le fleuve Xingu s’écoule à travers les états fédérés Mato Grosso et Para, avant de se jeter finalement dans l’Amazone. Plus de la moitié des surfaces parcourues par le fleuve sont des territoires de forêt tropicale protégée. Déjà à la fin des années soixante-dix ont débuté les plans pour le projet du barrage sur le Xingu. Le fleuve doit être barré à sept endroits, ce qui touche douze territoires indiens. En 1989, les plans ont été stoppés par des protestations nationales et internationales, conduites par les Indiens Kayapo. Mais il y a quelques années, le projet a été relancé. En 2005, le Congrès National brésilien a autorisé - sans débat ni consultation des communautés indigènes, comme il est pourtant prévu par la Constitution- la construction de Belo Monte, comme première étape d’une série de construction de complexes de barrages. La faisabilité du projet dépend de ces barrages ultérieurs, afin de réguler le niveau d’eau du fleuve. Celui-ci est soumis à de fortes fluctuations saisonnières. Les lacs de réservoir initialement prévus sont énormes. L’un d’eux couvre déjà une surface de 6 140 kilomètres carrés, ce qui correspond à plus de deux fois la surface de l’île de la Réunion. Le gouvernement du président Lula da Silva avait promis de ne pas mener ce projet contre la volonté de la population locale; cette promesse n’a pourtant pas été tenue. Début février 2010, le gouvernement brésilien a délivré le permis de construire provisoire. Les travaux peuvent commencer à tout moment. Les dépenses pour le projet sont, d’après de nouveaux calculs, largement supérieurs aux 7 milliards de Real (3 milliards d’Euros) initialement prévus. Les entreprises prenant part au projet, CPFL Energia et Alsthom prévoient des coûts allant jusqu'à 30 milliards de Real (12 milliards d’euros). L’entreprise allemande Siemens veut également participer au projet de barrage via sa filiale Voith. Ce projet est le vaisseau amiral du plan gouvernemental pour l’accélération de la croissance économique (Programa de Aceleramento do Crescimento - PAC). Des études prouvent que des investissements dans une politique énergétique efficace au Brésil pourraient permettre d’économiser plus d’électricité que celle qui sera générée par le barrage Belo Monte. Ils rendraient également inutiles les énormes investissements dans le projet Belo Monte. Environ 20 000 personnes dans les circonscriptions Altamira, Vitoria do Xingu et Brasil Novo devront quitter leurs terres et être installées ailleurs. Les dommages pour les poissons et le transport fluvial, ainsi que les autres dommages environnementaux, seront incalculables. Les émissions de méthane, un très puissant gaz à effet de serre, est un autre problème aggravant, ainsi que l’augmentation des maladies comme la malaria et la fièvre jaune. Les impacts des barrages similaires, bâtis dans le passé au Brésil, sur les Hommes, l’environnement et le climat, sont déjà suffisamment connus. S’il vous plait, soutenez les Hommes au Brésil et aidez-les par votre signature à empêcher Belo Monte. Vous pouvez consulter la traduction française de la version originale de la lettre ci-dessous. Pour plus d'informations sur Belo Monte, vous pouvez consulter les articles suivants (en anglais): Director of Avatar asks Lula reconsider the project of Belo Monte, Belo Monte: External funding may be decisive, 140 international organizations denounce Belo Monte, Belo Monte "Pharonic project and generator of death" Special interview with Dom Erwin Kräutler, Indigenous Peoples of the Xingu issue alert regarding licensing announcement for construction of the Belo Monte hydroelectric Plant. Pour des informations de fond (en anglais): Summary and History of the Belo Monte Dam: Rainforest Foundation, Independent Review Highlights the True Costs of Belo Monte Dam, Summary of the Independent Panel of Experts on the Belo Monte hydroelectric hope to hear from you

Contexte

A Luiz Inazio Lula da Silva, Président du Brésil Edison Lobao, Ministre de l’Energie Carlos Minc, Ministre de l’Environnement Roberto Messias Franco, Président de l’administration environnementale IBAMA Débora Duprat, Procureur José Antonio Corréa Coimbra, chef de cabinet au Ministère de l’Energie et des Mines Josias Matos de Araujo, Secrétaire pour l’Energie au Ministère de l’Energie et des Mines Izabella Monica Vieira Teixeira, Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Environnement Chers Mesdames et Messieurs, Par la présente lettre je souhaite vous exprimer ma forte inquiétude concernant la décision de votre gouvernement de construire le barrage Belo Monte. Je voudrais en plus vous faire part de ma consternation relative au fait que vous ayez tenu la société civile, et pire encore, les Hommes vivant sur les bords du fleuve Xingo, à l’écart des discussions sur le projet. Ils sont touchés directement par la construction du barrage. Je suis particulièrement préoccupé(e) par le fait que le gouvernement ignore les recommandations de l’administration environnementale IBAMA. Celles-ci devraient être un composant essentiel dans le processus de décision, mais ne sont pas publiés pas sur le site web de l’institution comme faisant partie du procédé d’autorisation environnementale. Les experts de IBAMA soulignent qu’ils n’ont pas pu approfondir certaines de leurs études à cause du trop court délai prévu par le gouvernement. Parmi ces études figurent par exemple les questions aux indigènes et les auditions publiques. Ils déclarent en outre que les études proposées ne contiennent pas d’information sur la préservation de la biodiversité, la navigabilité, ou les conditions de vie des habitants des lits de rivières. De plus, l’impact de l’afflux des populations n’a pas été calculé. L’analyse de l’étude d’impact sur l’environnement de Belo Monte, menée par un comité de spécialistes d’universités renommées du pays , démontre manque de faisabilité économique, impacts négatifs sur les indigènes et les habitants du lit de rivière, et chaos social. Ce dernier aurait été causé par l’immigration de plus de 100 000 personnes dans la région, et le déplacement forcé de plus de 20 000 personnes. Selon le comité, ces conséquences sont aggravées par la sous-estimation du nombre de personne et de l’étendue du territoire touchés. Ces études prouvent les impacts sur les poissons et le reste de la faune aquatique, la disparition d’espèces et l’émission de grandes quantités de gaz à effets de serre. Je prie les instances compétentes du pays d’adopter une attitude responsable du point de vue environnemental et social dans la gestion des plans, du contrôle et de l’exécution du projet. Ces instances devraient assurer la protection des rivières et le respect de la Constitution. Cela comprend des auditions publiques des populations indigènes concernées, et des discussions étendues avec la société entière. À la place, je constate la défense et le soutien de la construction d’un projet d’aussi longue portée que Belo Monte. C’est pour cela que je soutiens la revendication des peuples de Volta Grande do Xingu, qu’au lieu de la construction de cet immense barrage, le projet privilégie la consolidation de l’agriculture familiale. Cela a été commencé dans les années 1970 et comprend un planning relatif aux terres, un planning environnemental, des infrastructures pour les habitations, la reconstitution de la nature, l’amélioration de la qualité de vie des habitants des territoires ruraux et urbains, ainsi que l’instauration de réserves. Je demande le retrait de la récente délivrance des permis de construire provisoires, afin que les droits des populations des régions du fleuve Xingu puissent être respectés. Je suis solidaire avec les peuples du Xingu dans cette affaire, et prends position contre tout projet qui menace la préservation de la région amazonienne et les générations humaines futures. Sincèrement

Lettre

Ao Sr. Presidente da Republica Luiz Inácio Lula da Silva
Ao Sr. Ministro de Energia Edison Lobão
Ao Sr Ministro do Meio Ambiente Carlos Minc
Ao Sr. Presidente do IBAMA Roberto Messias Franco

Cc: A Subprocuradora geral da Republica sra Débora Duprat
Ao Secretário-Executivo do MME Márcio Pereira Zimmermann
Ao Chefe de Gabinete do MME José Antonio Corrêa Coimbra
A Secretaria Executiva do MMA Izabella Mônica Vieira Teixeira
Ao Secretario de energia Elétrica do MME Josias Matos de Araujo
Ao Chefe de Gabinete do IBAMA Sr Vitor Carlos Kaniak


Prezados/as senhores/as,

Vimos por meio desta manifestar nossa extrema preocupação com a decisão deste governo de construir a Usina Hidrelétrica de Belo Monte, bem como nossa indignação com o processo de exclusão da sociedade civil no debate, e o que é mais grave, a exclusão dos que serão diretamente impactadas pela construção da Usina,a que estão submetidas as populações da Bacia do rio Xingu, que serão diretamente impactadas pela construção da Usina.

Nos preocupa, em especial, a desconsideração, por parte desse governo, das conclusões do parecer do IBAMA, uma peça fundamental deste processo que deveria, mas não está sendo disponibilizada no site do órgão como parte do processo de licenciamento ambiental de Belo Monte. Neste parecer, técnicos do IBAMA afirmam que, em vista do prazo estipulado pela Presidência, não puderam aprofundar diversas análises, como, por exemplo, as referentes a questões indígenas e as contribuições das audiências públicas. Também afirmam que os estudos apresentados não apresentam informações que concluam acerca da manutenção da biodiversidade, a navegabilidade e as condições de vida das populações do trecho da vazão reduzida. Igualmente, os impactos decorrentes do afluxo populacional não foram dimensionados a contento.

Também as análises sobre o Estudo de Impacto Ambiental de Belo Monte feitas pelo Painel de Especialistas, que reúne pesquisadores e pesquisadoras de renomadas universidades do país, apontam a inviabilidade econômica do projeto, seu impacto negativo sobre a população indígena e ribeirinha e o caos social que seria causado pela migração de mais de 100 mil pessoas para a região e pelo deslocamento forçado de mais de 20 mil pessoas. Tais impactos, segundo o Painel, são acrescidos pela subestimação da população atingida e pela subestimação da Área Diretamente Afetada. Esses mesmos estudos revelam os impactos sobre peixes e fauna aquática apontando a possibilidade de extinção de espécies e as emissões de grandes quantidades de gases de efeito estufa.

Exigimos uma posição ambiental e socialmente responsável dos órgãos de planejamento, controle e gestão ambiental do país, que deveriam proteger nossos rios e seguir o que estabelece nossa Constituição no que se refere à realização de consultas informadas e de boa fé às populações indígenas afetadas pelo projeto e debate ampliado com toda a sociedade. No entanto, o que vemos é a defesa e o apoio desses órgãos à construção de um projeto tão impactante como o Belo Monte.

Por isso, apoiamos a demanda dos povos da Volta Grande do Xingu para que no lugar da construção dessa grande represa, seja priorizada a consolidação do projeto de agricultura familiar nessa região, iniciado nos anos 1970, através do ordenamento fundiário e ambiental, da infra-estrutura para os assentamentos, da recomposição do passivo ambiental, da melhoria da qualidade de vida dos moradores das áreas rurais e urbanas, assim como a implementação das Reservas Extrativistas.

Em respeito aos direitos das populações da Bacia do Xingu, exigimos que seja retirada a recente decisão de conceder a licença prévia para o projeto de Belo Monte. Estamos em aliança com os povos do Xingu nessa causa e contra todo e qualquer projeto que ameace a preservação da Amazônia e das futuras gerações.

Atenciosamente,