« Biocarburants »: soutenons l'appel des scientifiques

31 107 signatures

Fin de l'action : 23 mai 2014

Le 7 octobre 2011, 168 scientifiques du monde entier ont adressé une lettre ouverte  pour mettre en garde l'Union Européenne contre les « biocarburants » qui, d'un point de vue scientifique, lne sont pas neutres pour le climat. Les agro-carburants détruisent les forêts pluviales et exacerbent la famine à travers le monde. 

Appel

« Lorsque des terres agricoles destinées à la production alimentaire sont converties en champs pour cultiver les plantes à la base des agrocarburants, l'agriculture doit s'étendre sur de nouveaux territoires. Cela mène souvent à de nouvelles déforestations et destructions d'écosystèmes naturels, en particulier dans les zones tropicales des pays en développement » expliquent les scientifiques sur leur site internet.

« Nous ne nous basons pas sur un possible développement futur mais sur l'état actuel des choses ». Les scientifiques poursuivent dans leur courrier: « Si le changement d'utilisation des sols n'est pas pris en compte par l'Union Européenne, le but de réduire les émissions de CO2 dans le secteur des transports ne peut être atteint réellement dans la pratique. Cela ne serait en fin de compte qu'un exercice théorique sur le papier mais qui dans les faits favorise la déforestation généralisée et la hausse des prix des produits alimentaires ». En d'autres termes « d'un point de vue scientifique , les biocarburants ne sont pas neutres pour le climat »

Les motivations de cet appel sont à trouver dans l'attitude de la Commission Européenne de vouloir à tout prix poursuivre sa politique vouée à l'échec concernant les agrocarburants. La commission a choisi d'ignorer ou de faire modifier des études qu'elle avait elle-même commandée car les résultats obtenus ne correspondaient pas à ceux souhaités, à savoir une réduction des émissions de CO2 grâce aux «biocarburants».

Le problème majeur réside dans les surfaces de terres considérables dont ont besoin les combustibles végétaux. Pour répondre à la demande de l'UE d'utiliser 10% d'énergies renouvelables dans le secteur des les transports, il faut des millions d'hectares de terres agricoles. Dans un contexte mondial où les terres cultivables se font de plus en plus rares, l'espace nécessaire sera utilisé au détriment de la production agricole alimentaire et des forêts tropicales. Les projets de l'Europe sont pourtant d'augmenter les importations de «biodiesel» à base de palme, de soja, ou d'éthanol (produit à partir de maïs et de canne à sucre).

Les signataires de ce document s'appuient sur des faits scientifiques et sont au-dessus de tout soupçon d'être influencés par quelques formes d'intérêts. Ils sont issus de tous les domaines de la science et de l'économie et viennent de pays divers comme les Etats-Unis d'Amérique, la France, les Pays-Bas, le Kenya, l'Inde, l'Australie, etc. Sont notamment signataires M. Kenneth Arrow, prix Nobel et professeur émérite à l'Université de Stanford, ou M. Daniel Kammen, spécialiste en chef des énergies renouvelables à la Banque Mondiale.

L'union européenne et le gouvernement français doivent enfin agir. Au lieu d'intervenir sur la nature, végétale au lieu de fossile, des carburants que nous utilisons de façon excessive, il est temps de penser à réduire drastiquement notre consommation. Les véhicules énergivores sur deux ou quatre roues doivent être bannis des routes, et le système de transports en communs publics renforcé en conséquence.

Signez la pétition adressée à la Commission Européenne:

Lettre

A:
Commission Européenne,
M. Günther Oettinger, Commissaire européen à l’énergie
Parlement Européen
Gouvernement français
______________________________________________________


Monsieur Oettinger,
Madame, Monsieur,


Le 7 octobre 2011, 168 scientifiques et économistes de premier plan, venant du monde entier, ont écrit une lettre ouverte à la Commission Européenne pour la mettre en garde: les «biocarburants» NE SONT PAS «neutres climatiquement». Les agrocarburants requièrent d'immenses surfaces de terres cultivables. Les cultures destinées à la production alimentaire s'en trouvent déplacées. Aussi de nouvelles zones naturelles et forêts tropicales sont défrichées, ayant comme résultat des émissions massives de CO2.

Les scientifiques ne sont pas les seuls à s'opposer aux agrocarburants, les citoyens le sont aussi. En janvier 2010, ils furent boycottés en Allemagne. En France, le nombre de pompes à essence «verte» est très en-deçà des objectifs du gouvernement. Les agrocarburants aggravent, par la hausse des prix des produits alimentaires, la faim dans le monde. Par exemple, à ce jour la moitié des récoltes de maïs aux Etats-Unis d'Amérique sont utilisées pour produire de l'éthanol destiné aux voitures. Chez son voisin mexicain, où les tortillas de maïs sont à la base de l'alimentation et notamment dans les couches sociales les plus pauvres, des grèves et manifestations ont déjà éclatées suite à la flambée des prix des tortillas.

Depuis maintenant plusieurs mois, la Commission Européenne cherche à déformer voire cacher les effets nocifs sur le climat des soi-disants «biocarburants». Elle s'est permis de faire réécrire des études qu'elle avait pourtant elle-même commandée. Les agrocarburants obtiennent des résultats satisfaisant seulement sur le papier car dans la réalité ils sont encore plus nocifs que les combustibles fossiles.

Je demande en conséquence à l'Union Européenne de mettre fin sans délai à l'obligation de mélange des agrocarburants avec les essences. L'objectif des 10% en carburant ainsi que la promotion des «biocarburants» doivent être supprimés dans toute l'Europe.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes respectueuses salutations.