Reptiles dépecés vivants pour l'industrie du luxe

un varan malais de profil dans la forêt tropicale d'Indonésie Le varan malais est le premier a avoir besoin de sa peau
37 310 signatures

Fin de l'action : 19 mai 2014

Des grandes enseignes de la mode importent des peaux de reptiles d'Indonésie pour leurs articles de maroqui­nerie. Par centaines de milliers pythons réticulés et varans malais sont capturés, torturés et sauvagement mis à mort chaque année. La communauté scientifique alerte sur les dangers écologiques de cette tuerie incontrôlée.

Lettre

Gucci, Hermès, Cartier et autres enseignes de la mode

Afficher la lettre de pétition

Une pièce sombre à l'atmosphère suffocante. Posés à même le sol, serrés les uns aux autres, remplis à ras bord, des sacs bleus qui ne cessent de remuer comme électrifiés. A l'intérieur des sacs, des varans malais, ficelés. A la fin d'un long voyage sur les routes cahoteuses reliant la campagne à la ville nombre d'entre eux sont déjà morts, d'autres ont des os cassés ou des plaies ouvertes. « C'est un spectacle macabre » raconte Mark Auliya, un docteur en Biologie ayant visité les abattoirs de Malaisie et d'Indonésie dans le cadre de ses recherches.

Les sacs restent dans la chaleur étouffante jusqu'à ce que l'entrepôt soit rempli. Là commence le massacre perpétué par les abatteurs. Différentes vidéos montrent le supplice des varans, d'abord assommés d'un coup sur la tête puis dont on arrache la peau alors qu'il sont encore vivant. Dans cet abattoir, le sort des pythons, cruellement mis à mort, est tout aussi insoutenable.

Pendant la seule année 2010, l'Indonésie a exporté 157.500 peaux de pythons et 413.100 peaux de varans. De grandes marques du luxe en Europe telles Gucci, Hermès, Cartier et Bally utilisent ces peaux pour la confection de sacs à main, chaussures, bracelets de montre et ceintures. Bien qu'il existe depuis longtemps des imitations confondantes de peaux de reptiles, ces entreprises continuent d'importer des peaux de reptiles subissants d'intolérables sévices. Si l'Italie reçoit la moitié des importations européennes, la France et la Suisse sont aussi de gros acheteurs de peaux de reptiles.

Chaque client devrait être informé de la cruauté inhérente à la maroquinerie de luxe. Si tout le monde voyait cette souffrance indescriptible des animaux, plus aucuns sacs, chaussures ou ceintures en peaux de reptiles ne seraient vendues.

Les entreprises milliardaires du monde de la mode ne mettront fin à ce commerce sanglant que sous la pression du grand public. Veuillez protester à nos côtés pour que pythons et varans puissent continuer à vivre dans la forêt tropicale indonésienne !


Contexte

 

Les préoccupations morales et éthiques ne sont pas les seules. Des biologistes mettent en garde sur les dangers écologiques découlant de la chasse excessive des gros reptiles. Les maisons de mode n'ont cesse de nous assurer que les les peaux proviennent d'élevages de reptiles, ce que les experts ont depuis longtemps réfuté. Selon le chercheur Mark Auliya « tous les varans malais dont la peau est utilisée dans l'industrie de la mode proviennent de leur milieu naturel. Cela est également le cas pour les pythons réticulés de Malaisie et d'Indonésie ».

Varans malais et pythons réticulés sont classés dans l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Si le commerce de ces espèces est légal il est néanmoins soumis à un processus d'approbation spécifique et à un système de quotas. La limite de ce système est que ce sont aux pays exportateurs de fixer eux-mêmes des quotas, et que ceux-ci ne sont pas obligés de les communiquer au Secrétariat de la CITES. Par ailleurs, la détermination des quotas actuels se base sur le nombre de captures d'animaux l'année précédente. Il n'existe aucune estimation, même grossière, du nombre d'animaux par espèces et par régions. Ainsi, il est impossible de connaitre les impacts réels sur la population des espèces concernées et sur l'écosystème de la capture de centaines de milliers de reptiles chaque année.

« L'expansion des zones urbaines, des plantations de palmiers à huile et de la chasse aux reptiles laissent des traces. Nous avons noté des pertes importantes dans la population de reptiles au niveau local, et les animaux en captivité sont de moins en moins nombreux » selon Mark Auliya. Le python réticulé, qui peut atteindre jusqu'à 9 mètres de long, et le varan malais, qui peut en atteindre 3, ont des fonctions importantes dans leur environnement. Ils sont souvent les plus gros prédateurs de leur zone naturelle, situés tout en haut de la chaine alimentaire. Ils maintiennent l'équilibre écologique en empêchant la propagation intensive de certaines espèces plus petites. Dans les régions rurales, les pythons, car grands consommateurs de rats, sont vus d'un très bon oeil. Le varan, en tant que charognard, joue lui le rôle de «police sanitaire».

Les groupes de mode font jusqu'ici valoir que la chasse au reptile en Indonésie permet aux populations locales de survivre. Pourtant, selon les experts, le nombre de chasseurs professionnels est minime. Les agriculteurs pratiquant la chasse aux reptiles ne perçoivent qu'un faible revenu supplémentaire, largement insuffisant en soi pour nourrir leur famille.

Les reptiles ne sont jamais laissés au repos, ne serait-ce que pour leur reproduction. Même lorsque les prix du marché mondial s'effondrent, la chasse à grande échelle continue car les peaux des reptiles pouvant être stockées plusieurs années sans perte de qualité, les revendeurs attendent tranquillement la remontée des cours. Le prix du marché est influencé avant tout par le monde de la mode et ses clients. Le prix d'une peau de reptile varie selon son poids ou sa taille. La peau de python se négocie entre 8 et 16 dollars par mètre.

A long terme, la chasse aux reptiles nuit même à l'agriculture locale. Dans l'ouest de la Malaisie, où la chasse sans limites de pythons a provoqué l'interdiction d'exporter les peaux de reptiles dans l'Union Européenne, les agriculteurs se plaignent de l'invasion des rizières par les rats. Les pythons réticulés, qui en mangeant les rats permettaient aussi de limiter leur population, s'y font de plus en plus rares.

 

Destinataires de la pétition 

Gucci
guccigroup@brunswickgroup.com
--------------------------------------------------
Hermès
lesailes.ch@hermes.com
--------------------------------------------------
Cartier
Cartier-ch.internet@cartier.com
Relation.clientele@cartier.com

Lettre

Gucci, Hermès, Cartier et autres enseignes de la mode

Madame, Monsieur,

Depuis plusieurs années il est possible de voir dans les médias les conditions intolérables avec lesquelles les reptiles sont traités dans les abattoirs en Malaisie et en Indonésie. Des vidéos souvent insoutenables montrent encore et encore des reptiles dépecés vivants. Ces images parlent d'elles-mêmes: l'obtention des peaux pour les accessoires de mode de votre marque est ni plus ni moins de la cruauté envers les animaux dans sa forme la plus abjecte.

Les préoccupations morales et éthiques concernant la mise à mort cruelle de reptiles pour des articles de mode ne sont pas les seules. Des biologistes mettent en garde sur les dangers écologiques découlant de la chasse excessive des gros reptiles. Aux critiques, vous répondez toujours que les peaux de pythons réticulés et de varans malais de votre marque proviennent d'élevages. Cet argument est depuis longtemps réfuté par des scientifiques indépendants. Les peaux de ces deux espèces de reptiles importées de Malaisie et d'Indonésie proviennent toutes et sans exception d'animaux capturés dans leur environnement naturel.

A ce jour, aucune recherche n'a été menée pour faire une estimation des populations de varans malais et de pythons réticulés dans les pays mentionnés. Ainsi, personne ne connait les conséquences de la chasse de centaines de milliers de reptiles chaque année sur la survie de ces espèces ni sur les écosystèmes. Même le système volontaire sur les quotas d'exportation de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) est invalide dans ce cas.

Votre politique de produit semble d'autant plus irresponsable qu'il existe depuis longtemps des méthodes pour fabriquer des répliques confondantes de peaux de reptiles. Il existe donc des alternatives à l'extermination et à la cruauté faite quotidiennement aux pythons réticulés et aux varans malais en Asie du Sud-Est.

Je vous exhorte à utiliser ces alternatives et à cesser immédiatement l'import de peaux d'espèces protégées de reptiles.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes respectueuses salutations.