La Tanzanie précise son plan de déplacement des Massaï

Indigène du peuple Massaï vu de dos Le peuple Massaï est parmi les plus connus en Afrique de l’Est (© hadynyah/istockphoto.com)

8 févr. 2022

La situation s’aggrave pour le célèbre peuple Massaï en Tanzanie. Le plan des autorités visant à expulser des dizaines de milliers de personnes de leurs terres se concrétise. Ce déplacement est soi-disant motivé par la conservation la nature, alors qu’il est en réalité question de promouvoir le tourisme.

Le drame se joue autour du cratère du Ngorongoro en Tanzanie. La région est habitée par une multitude d’animaux ainsi que par le peuple indigène Massaï. Afin de mieux protéger la nature, le gouvernement tanzanien souhaite déplacer 80 000 personnes écrit l’Oakland Institute dans son étude "The looming threat of eviction". Selon le think tank, la conservation de la nature ne serait manifestement qu’un prétexte, il s’agirait en réalité d’augmenter les revenus du tourisme.

Le plan de déplacement qui menace les Massaï est également une réaction aux critiques formulées par l’Unesco sur le prétendu mauvais état de la Zone de conservation de Ngorongoro, site inscrit au patrimoine mondial.

L’autorité de la zone de conservation de Ngorongoro (AZCN) aurait apparemment fait une demande de budget pour le déplacement des Massaï, a appris l’Oakland Institute. L’opération pourrait débuter fin février. En outre, les habitants du village de Loliondo ont été informés que 1 500 kilomètres carrés de leur territoire ancestral seraient déclarés corridor de faune, qui signifierait l’expulsion de 70 000 personnes supplémentaires. La promotion du tourisme de chasse et des safaris, organisée entre autres par une entreprise des Emirats arabes unis, serait à l’origine de cette mesure.

« Le fait que les Massaï soient à nouveau menacés de déplacement pour satisfaire la famille royale des Émirats arabes unis montre que le gouvernement tanzanien continue de privilégier les revenus du tourisme au détriment des pasteurs autochtones qui exploitent la région de manière durable depuis des générations », déclare Anuradha Mittal, la directrice exécutive de l’Oakland Institute.

Sauvons la forêt et l’Oakland Institute ont lancé une pétition en juillet 2021 afin de soutenir les revendications des Massaï, l’arrêt des déplacements forcés, de la violence et de la misère dont ils sont victimes. 93 740 signatures ont été remises à l’Unesco et à l’ambassade de Tanzanie à Berlin le 8 septembre 2021. Si l’Unesco garde depuis le silence, le gouvernement du pays africain persévère dans sa voie et prend manifestement des décisions concrètes.

Nous voulons interpeler les Nations Unies et continuons à collecter des signatures. Si vous ne l’avez pas encore fait, merci de signer notre pétition.


Informations supplémentaires

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IPRI  Redéfinir les zones protégées : Une étude sur la criminalisation et les atteintes aux droits de l’homme à l’encontre des peuples autochtones dans le domaine de la conservation de la nature