Qu’a ReconAfrica à faire dans des aires protégées en Namibie ?

Girafes © Pixabay / frei

16 févr. 2022

La compagnie pétrolière canadienne ReconAfrica est accusée pour ses activités à l’intérieur de deux aires protégées en Namibie. Des écologistes locaux lui reprochent la réalisation d’une tranchée de 2,5km à George Mukoya Conservancy, le National Geographic d’avoir rasé des terres pour un forage à Kapinga Kamwalye Conservancy. L’entreprise nie et annonce de trois à six nouveaux forages en 2022.

Dans un courrier commun adressé fin janvier 2022 au président de la commission parlementaire des ressources en Namibie, huit organisations écologistes locales accusent ReconAfrica d’avoir réalisé une tranchée à l’intérieur de l’aire protégée George Mukoya Conservancy. Les travaux ont depuis été stoppés. La société pétrolière canadienne avait pourtant affirmé, dans son étude d’impact environnemental, que seules les pistes déjà existantes seraient utilisées pour ses études sismiques de prospection. Peu de temps après, il était déjà question de 22,5 kilomètres de voies supplémentaires.

ReconAfrica a effectué deux forages d’exploration à ce jour. Les défenseurs de l’environnement namibiens critiquent la gestion inappropriée des eaux usées polluées. Selon l’entreprise, entre trois et six nouveaux forages devraient être effectués en 2022.

Un article paru dans le National Geographic reproche par ailleurs à ReconAfrica d’avoir rasé au bulldozer ("bulldozed") des terres à l’intérieur de la zone protégée Kapinga Kamwalye Conservancy pour un forage pétrolier. En toute illégalité. La superficie touchée représente cinq terrains de football. Deux leaders locaux se seraient vu proposer des emplois en échange de leur silence. « Les fosses contenant les déchets du forage d’essai sont remplies d’un liquide sombre. Les champs sont marqués par les lourdes empreintes des plaques métalliques des tests sismiques. Des arbres arrachés gisent en tas noircis le long de larges pistes dans la brousse », décrit le magazine.

ReconAfrica nie toutes les accusations formulées dans le National Geographic.

L’entreprise affirme dans un communiqué publié le 20 janvier avoir déjà achevé des tests sismiques sur une longueur de 450 kilomètres avec d'"excellents résultats" et demandé au ministère de l’environnement un permis pour 500 kilomètres supplémentaires. Un second programme de forages doit être lancé en février 2022.

Depuis fin 2020, une large alliance internationale s’oppose aux projets pétroliers dans les trésors naturels de la Namibie. Si vous ne l’avez pas encore fait, vous pouvez encore signer notre pétition