Une entreprise forestière versera près de 10 000 € à la communauté autochtone Ekuri
Nigeria : Le peuple Ekuri a remporté une victoire majeure contre Ezemac International, une entreprise forestière ayant illégalement abattu des arbres dans leur forêt communautaire. Les jeunes du village ont protesté, et l’activiste Martins Egot a été temporairement arrêté. À la suite d’une médiation, Ezemac a reconnu les droits des Ekuri et devra verser près de 10 000 euros de dommages-intérêts.
« Le résultat le plus significatif de cet accord est la reconnaissance officielle de la communauté de New Ekuri comme gardienne légitime de notre forêt. L’accord stipule qu’aucune entreprise ne peut légalement exercer ses activités dans notre forêt sans le consentement explicite de la communauté », explique Martins Egot, fondateur de notre organisation partenaire PADIC Africa.
Cela représente non seulement une victoire pour New Ekuri, mais aussi un précédent important pour les communautés de tout le Nigeria qui défendent leur patrimoine environnemental.
Le peuple autochtone Ekuri protège sa forêt — plus de 33 000 hectares — depuis de nombreuses années. Ses efforts en matière de conservation lui ont valu une reconnaissance internationale ainsi que le Prix Équateur des Nations Unies.
Le 16 février 2026, à la suite de la médiation menée par des parlementaires de l’État de Cross River, Ezemac International (Nig.) Ltd. a signé un accord avec les habitants de New Ekuri.
Selon les termes de cet accord, Ezemac devra compenser la valeur du bois abattu illégalement ainsi que couvrir les coûts liés à la réparation des dommages environnementaux causés par son exploitation forestière. Elle s’est également engagée à financer la restauration écologique des zones de forêt tropicale défrichées, notamment en plantant 10 000 arbres issus d’une pépinière locale. Le montant total de cette compensation s’élève à l’équivalent de 9 250 euros.
« Afin de prévenir l’érosion et l’accès non autorisé [à notre forêt], une restauration écologique obligatoire de toutes les routes d’accès ouvertes par les bulldozers [d’Ezemec] est prévue », explique Martins Egot. Les Eco-Guards mettront en place la pépinière et replanteront les zones endommagées, tandis que PADIC-Africa assurera le suivi technique et la coordination.
Ce n’est qu’une fois l’argent transféré que l’entreprise pourra réclamer le bois abattu. « Pas de paiement, pas d’enlèvement », déclare Martins Egot.
Nous, les Ekuri, restons fermement engagés à protéger notre forêt tropicale, notre patrimoine, notre bouclier climatique et l’héritage que nous laissons aux générations futures. Il ne s’agit pas seulement d’une réussite locale : c’est un pas en avant significatif pour la justice environnementale au Nigeria.
Cet accord montre que « les communautés peuvent défendre leurs forêts par des moyens légaux et pacifiques ». C’est l’évaluation qu’en fait Martins Egot, malgré son arrestation temporaire pour avoir protesté contre l’exploitation forestière.
« Nous avons choisi l’engagement légal plutôt que la confrontation, le dialogue plutôt que la destruction, et les processus institutionnels plutôt que le chaos. Aujourd’hui, la paix a prévalu. »
Depuis son arrestation, Sauvons la forêt apporte un soutien financier à Martins Egot. L’organisation appuie également, depuis plusieurs années, les Eco-Guards de son organisation PADIC Africa.
Nous restons vigilants
Malgré ce récent succès, Martins Egot et d’autres écologistes mettent en garde contre toute naïveté. « Nous continuerons à suivre de près l’évolution de la situation », déclare Odey Oyama, directeur du Rainforest Resource and Development Center (RRDC). Il reste particulièrement attentif à la mise en œuvre de l’interdiction des exportations de bois imposée par le président nigérian Bola Tinubu en octobre 2025.
Pour nous, l’essentiel est de garantir le respect de l’État de droit, des droits forestiers communautaires, ainsi que des réglementations environnementales et des engagements nationaux du Nigeria en matière de protection des forêts », explique Odey Oyama.
Notre pétition « Le temps presse pour les forêts du Nigeria. Appliquez l’interdiction dès maintenant ! » est donc extrêmement pertinente et opportune ! Si vous ne l’avez pas encore signée, faites-le dès maintenant.
Au cours des dix dernières années, Rainforest Rescue a collaboré avec Martins Egot, Odey Oyama et d’autres écologistes au Nigeria. Ensemble, nous avons lutté contre un projet de « Superhighway» et avons réussi à le faire échouer.
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Le temps presse pour les forêts du Nigeria. Appliquez l'interdiction dès maintenant !
Le président du Nigeria a décrété une interdiction d'exportation du bois. Pour sauver ses forêts, cette mesure doit être appliquée dès maintenant !
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