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Cinq personnes vêtues de blanc, tenant des roses rouges, se tiennent devant un mur sur lequel on peut lire « Libérez les Cinq »
Phuon Keoraksmey, Yim Leanghy, Ly Chandaravuth, Long Kunthea, and Thun Ratha (de gauche à droite) (© MNC/BMF)

Mother Nature Cambodge : Libérez les cinq !

5 juin 2026Cambodge : Telle est la demande adressée au Premier ministre cambodgien, Hun Manet, dans une lettre signée de solidarité par 74 organisations à travers le monde. Condamnés en juillet 2024 à de lourdes peines d’emprisonnement, cinq membres de Mother Nature Cambodia attendent toujours l’examen de leur appel, dont l’audience est fixée au 2 juin 2026.


« Nous sommes profondément préoccupés par le sort des cinq jeunes défenseurs des droits humains de l’organisation “Mother Nature Cambodia” (MNC) – Long Kunthea, Yim Leanghy, Thun Ratha, Phuon Keoraksmey et Ly Chandaravuth – condamnés en juillet 2024 et purgeant actuellement des peines d’emprisonnement de six à huit ans. Ils ont immédiatement fait appel, mais l’audience devant la cour d’appel a été fortement retardée. »

C’est ainsi que débute la lettre de solidarité adressée au Premier ministre Hun Manet le 1er juin 2026. Elle devait lui parvenir à temps pour l’audience d’appel prévue le 2 juin.

Cependant, l’audience a une nouvelle fois été reportée sans qu’une nouvelle date soit fixée. Le tribunal a indiqué que ce report était nécessaire afin de permettre au président du tribunal de régler des affaires personnelles ainsi que d’autres dossiers urgents.

Cette lettre a été initiée par le Fonds Bruno Manser et a naturellement été cosignée par Sauvons la forêt. Mother Nature Cambodia est notre partenaire depuis plus de dix ans.

« Cette affaire a été motivée par des considérations politiques dès le départ », a déclaré Lisa Mean, militante de Mother Nature Cambodia (MNC), lors d’un entretien accordé au média Mongabay. « Comme les autorités ne semblent disposer d’aucune preuve crédible à l’appui des accusations, leur stratégie consiste simplement à prolonger indéfiniment la procédure. »

Une violation des droits !

En décembre 2025, le Centre cambodgien pour les droits de l’homme (CCHR) a examiné d’éventuelles violations du droit à un procès équitable dans le cas des cinq militants. Ce droit est garanti par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que le Cambodge a ratifié en 1992. Il comprend notamment le droit à être jugé sans retard excessif, le droit à la présomption d’innocence et le droit à la liberté. Conformément à ces garanties, une procédure d’appel doit être examinée dans un délai de six mois à compter de son dépôt devant la juridiction compétente.

Long Kunthea, Yim Leanghy, Thun Ratha, Phuon Keoraksmey et Ly Chandaravuth attendent désormais la tenue de cette audience depuis près de deux ans. Au cours de cette période, leurs demandes de mise en liberté sous caution ont déjà été rejetées à quatre reprises.

Le 2 juillet 2024, ces cinq jeunes membres du MNC ont été condamnés à des peines de six à huit ans de prison et immédiatement transférés dans cinq établissements pénitentiaires différents à travers le pays, séparés non seulement de leurs familles, mais aussi les uns des autres. Cinq autres membres du groupe ont été condamnés par contumace le même jour.

Défendre l’environnement et les droits de l’homme n’est pas un crime !

Depuis plus de dix ans, les membres de Mother Nature Cambodia œuvrent en faveur de la protection de l’environnement, des droits de l’homme, de la démocratie et d’un développement transparent dans leur pays, notamment au moyen de campagnes créatives à fort retentissement médiatique. En 2023, ils ont reçu le Prix Nobel alternatif en reconnaissance de leur engagement courageux et constant. Le gouvernement cambodgien poursuit toutefois une répression implacable à l’encontre de ce mouvement.

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Dans les motifs de son verdict, le juge qualifie cette implication de « complot » et de « lèse-majesté » (infraction ou diffamation à l’encontre d’un chef d’État en exercice).

Malgré tout, Lisa Mean refuse de perdre espoir : « Cinq d’entre nous ont été injustement emprisonnés et un militant a été contraint à l’exil. D’autres sont également menacés d’emprisonnement ou d’exil. Mais Mother Nature Cambodia continue d’exister, reste engagée dans la protection de l’environnement et demeure une source d’inspiration. »

Sauvons la forêt soutient ce mouvement depuis ses débuts, notamment au moyen de pétitions, d’articles et de dons.

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