Témoins privilégiés de la politique climatique européenne : nos partenaires sur ARTE

Nordin (Save Our Borneo) à gauche, Feri Irawan (Perkumpulan Hijau) à droite Nordin de Save Our Borneo et Feri de Perkumpulan Hijau

10 mai 2013

Lors de sa soirée thématique « Spéculations sur le climat » le mardi 14 mai à partir de 20h45, ARTE diffusera deux documentaires traitant du rôle de l'UE et de l'ONU sur la question climatique. L'occasion pour nos partenaires indonésiens Nordin (Borneo, à gauche) et Feri Irawan (Sumatra) de prendre la parole.

Depuis plusieurs années, les décideurs politiques promettent de réduire les émissions de CO2. Mais c'est l'inverse qui est arrivé avec une augmentation massive de celles-ci, au prix de l'homme et de la nature dans les pays du Sud et au bénéfice des plus gros pollueurs. Sur ARTE, il sera question des subventions de l'Union européenne et des profits du marché du carbone.

Province du Kalimantan central sur l'île de Bornéo en Indonésie : Nordin se tient au milieu d'un champ ravagé là où la veille se dressaient encore des forêts tropicales. Il est le fondateur de l'organisation de protection de l'environnement et des droits humains Save our Borneo (SOB), partenaire de Sauvons la forêt depuis de nombreuses années. Il apparait dans les documentaires de Inge Altemeier et de son collègue Steffen Weber diffusés lors de la soirée thématique d'ARTE en tant que témoin privilégié des conséquences de la politique climatique de l'Union européenne en Indonésie.

« Nous trouvons ici des géants de la forêt venant d'être abattus et des orangs-outans qui errent au milieu de leur habitat perdu » raconte Nordin devant la caméra.

Les orangs-outans ne sont pas les seuls à perdre leur moyens de subsistance avec la déforestation : les habitants ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Ils se font expulser et doivent chercher d'autres lieux pour cultiver leur jardins forestiers, exploitant de nouvelles. En langage technique, cela s'appelle le changement d'affectation des sols, en version abrégée CASI (équivalent francophone de l'acronyme ILUC signifiant « indirect land-use change).

L'huile de palme est une matière première très prisée et un marché de plusieurs milliards pour l'industrie en Europe. La majeure partie de l'huile de palme est consommée par le secteur agroalimentaire. Mais depuis que l'Union européenne espère sauver le climat avec les carburants issus de la biomasse, la demande en huile de palme explose aussi pour la production biocarburants. Parallèlement à cette demande augmente le besoin de nouvelles plantations de palmiers à huile, synonyme de déforestation tropicale. À l'heure actuelle, le taux d'incorporation obligatoire des agrocarburants dans l'essence est de 6,25% dans l'UE. En 2020, ce taux doit augmenter jusqu'à 10%. Chaque année, l'industrie des biocarburants encaisse 10 milliards de subventions européennes. 

Pourtant, les études scientifiques démontrent depuis longtemps que les biocarburants ne sont pas climatiquement neutres. Les bilans promouvant les biocarburants ne tiennent en fait pas en compte des émissions de tous les aspects relatifs à leur production dans leur calculs. Même les émissions résultant de le changement d'affectation des sols n'y sont pas comptabilisées...

Nos partenaires Nordin de Save our Borneo et Feri Irawan à Sumatra ont contribué à ce que la question de la prise en compte des émissions résultant du CASI (ou facteur CASI) soit enfin débattue par l'Union européenne

Grâce à leur engagement, ils parviennent à rendre publique la déforestation illégale pour les industries de l'huile de palme, du bois et du papier en Indonésie. Il travaillent aussi à la surveillance et à la protection de régions forestières tropicales.

Sauvons la forêt soutient leur travail depuis de nombreuses années. En faisant un don, vous pouvez aider ces gardiens de la forêt tropicale à mener le combat vers le succès :

Campagne de don : Projet de réserve naturelle pour la forêt des éléphants

Informations supplémentaires sur la soirée thématique d'ARTE