Protéger les forêts est encore plus difficile avec le Covid

Matek Geram avec un GPS sur une plantation de palmiers à huile Covid ou non, notre partenaire Matek documente la déforestation causée par l’huile de palme en Malaisie (© Matek Geram)

7 sept. 2020

Le Covid-19 ne cause pas seulement des tragédies humaines. Il facilite également la destruction de la nature par les sociétés de plantations, les compagnies minières et les bûcherons. Les activistes, comme notre partenaire malaisien Matek Geram, font tout leur possible pour protéger les forêts tropicales malgré le confinement et les restrictions de déplacement.

Par le passé, Matek nous informait chaque mois sur l’évolution de son travail. Il sillonnait alors inlassablement les routes et villages du Sarawak pour stopper les entreprises d’huile de palme et d’exploitation forestière qui pénètrent dans les forêts et les terres des populations autochtones. Mais depuis l’apparition du covid, un seul rapport lui a suffit pour relater ses activités de mars à juillet. C’est dire à quel point son travail a été entravé par les mesures de confinement prises par la Malaisie (Movement Control Order).

Alors que le monde se concentre sur le Covid-19, les exploitants de plantations, les sociétés minières et les bûcherons de nombreux pays ne respectent pas le confinement. Parfois, ils en sont même exemptés. Depuis son logement sur la rivière, Matek a donc dû assister impuissant au passage de barges remplies de bois fraîchement et probablement illégalement abattu.

Mais Matek n’abandonne jamais le combat, comme en témoigne son rapport : malgré toutes les restrictions, il continue de cartographier le territoire de plusieurs villages où les indigènes vivent depuis des générations mais n’ont pas de titres de propriété. Forts de ces nouvelles cartes, les villageois peuvent défendre leurs terres ancestrales devant les tribunaux contre les entreprises qui défrichent illégalement leurs forêts.

En avril et mai, Matek a profité de l’architecture des traditionnelles maisons longues pour rencontrer les communautés villageoises en respectant la nécessaire distanciation physique. Depuis le mois de juin, il traque à nouveau les sociétés d’exploitation forestière, documentant les destructions qu’elles laissent derrière elles. Dans un cas, c’est une compagnie d’huile de palme qui a envahi les terres des Autochtones. Matek aide les personnes touchées à faire valoir leurs droits et à protéger leurs forêts.