À l’ONU : lutter contre les causes de l’exode est capital

Un paysan se tient devant son village en ruines Coupe de bois illégale au Cambodge Coupe de bois illégale au Cambodge (© CHRTF)

Accaparement des terres et expulsions ont déjà touché 200 millions d'hectares dans le monde, une surface trois fois plus grande que la France. Paysans et populations autochtones sont chassés de leurs terres ancestrales, souvent avec l'accord tacite des gouvernements nationaux. Demandons à l’ONU d’agir contre ces abus de pouvoir.

Lettre

Au Secrétaire général et aux 193 membres de l'Assemblée Générale de l'ONU

Chaque être humain a le droit de vivre en sécurité dans son pays sans craindre l’expulsion : merci de mettre en œuvre un « Pacte contre les causes de l’exode ».

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Des experts tels que le Professeur Saskia Sassen estiment l'ampleur de l'accaparement des terres à 200 millions d'hectares dans le monde. Sur cette surface, plus de trois plus vaste que la France, paysans et populations autochtones sont chassés de leurs terres au profit d'un accès à l'eau ou à des ressources minérales, ou de cultures énergétiques à l'échelle industrielle.

Tout débat sur la migration au sein de l'ONU occultant les causes de l'exode est un affront envers ceux qui, en ce moment même, perdent leurs foyers. Des autorités corrompues vendent leur pays à des multinationales, harcèlent ou criminalisent journalistes et opposants. Les lois sont contournées de manière à marginaliser et à expulser les minorités. Tout ceci n'est possible que parce que les gouvernements ne sont pas tenus responsables. Lorsque les droits humains sont en jeu, aucun compromis n'est acceptable.

L'accaparement des terres est une violation des droits humains

L'accaparement des terres est sans nul doute une violation des droits humains fondamentaux. Le Cambodge en est un exemple : avec l'appui de l'armée, un territoire de 100.000 hectares a été vidé de ses habitants au profit d’une plantation de canne à sucre. Un cas isolé ? Absolument pas.

Un rôle actif joué par les gouvernements

Partout, des multinationales lorgnent sur de nouvelles terres à exploiter. Plus le gouvernement d'un pays est corrompu et instable, plus il lui sera facile de conclure un accord.

L'ONU doit lutter contre ces violations, les condamner et prendre des mesures appropriées qui servent les populations. Il est capital que des sanctions sévères soient mises en place contre les gouvernements qui abusent de leur pouvoir, exploitent les ressources de leur pays et expulsent les petits exploitants et les autochtones de leurs terres.

Contexte

Le climat d'intrigue régnant à Seruyan, un district de la province indonésienne de Kalimantan central à Bornéo, a été documenté de manière exhaustive. Des journalistes d'investigation ont révélé comment les parents et les amis du gouverneur régional se sont partagé la forêt tropicale et ses ressources. Ils ont également exposé l'intimidation des opposants et l'émergence de nouvelles dynasties au détriment des populations locales.

Nos pétitions

Des millions de personnes sont expulsées de leurs terres en Afrique, en Indonésie et en Amérique Latine au profit du soja, de l'huile de palme et d'autres produits agricoles. Sauvons la forêt dénonce ces abus depuis de nombreuses années.

URGENT - Stop aux abattages dans la forêt de Kinipan

Stop au soja transgénique de Monsanto !

Stop à l'huile de palme dans les biocarburants

Non à l’accaparement de terres pour le sucre de l’UE !

Organe de surveillance de l'accaparement des terres

Land Matrix, une organisation qui suit de près les contrats rendus publics depuis 2012, recense actuellement plus de 1.500 transactions foncières.

Informations supplémentaires

• Communiqué du gouvernement français Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

• Assemblée générale des Nations Unies  Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières  

Lettre

Au Secrétaire général et aux 193 membres de l'Assemblée Générale de l'ONU

Monsieur le Secrétaire général,
Madame, Monsieur,

Des millions de personnes sont expulsées de leurs terres en Afrique, en Indonésie et en Amérique Latine au profit du soja, de l'huile de palme et d'autres plantations. Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » de l'ONU n'aidera pas ces personnes. Seul un pacte luttant contre les causes de l'exode peut y parvenir.

L'ONU doit élaborer un pacte contre les causes de l'exode qui donnerait à tous les êtres humains le droit de vivre en sécurité dans leur pays natal, sans craindre l'expulsion.

Un pacte contre les causes de l'exode

- garantirait à tous les êtres humains le droit de vivre en sécurité dans leur pays natal, sans craindre d'être déplacés ;
- mettrait en place des sanctions contre les gouvernements qui tolèrent, soutiennent et instaurent l'accaparement des terres ;
- interdirait l'importation de matières premières tirées de terres autochtones ou de pays où sévit la guerre civile ;
- bannirait l'utilisation d'huile de palme, de soja et d'autres produits issus de monocultures industrielles.

L'ONU doit se désolidariser des gouvernements impliqués dans les expulsions et l'accaparement des terres pour exploiter les zones de forêt tropicale de la planète.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Secrétaire général, Madame, Monsieur, l'expression de notre profond respect.

L'accaparement des terres en 5 minutes

Avec la flambée du prix des aliments due à la crise économique mondiale et la promotion intensive du développement des agrocarburants depuis 2007, les surfaces agricoles d'Asie du Sud-Est, d'Amérique du Sud et surtout d'Afrique sont redevenues intéressantes pour le marché financier international. 

Fin 2011, douze millions de personnes étaient menacées de famine en Afrique de l'Est. Pendant ce temps, des investisseurs étrangers cultivaient des légumes destinés à l'Arabie Saoudite dans des serres modernes en Éthiopie et produisaient des roses et des haricots verts pour l'Europe au Kenya. 

Actuellement, 203 millions d'hectares de terres accaparées sont concernés par ces investissements douteux dans le monde. Ceci correspond à une surface de la taille du Brésil. Cette évolution est une catastrophe non seulement pour la population locale mais aussi pour les forêts tropicales. En effet, un quart de ces spoliations a lieu dans des régions boisées.

Plus d'informations

Reportage radio : Vivre de la terre. S’approprier la terre : du libéralisme au néocolonialisme

Cette pétition est également disponible en :

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