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Vue aérienne d’un petit cénote en forme de cœur aux eaux sombres, entouré d’une forêt dense et verdoyante
L’effondrement du plafond d’une grotte dans la roche karstique révèle un cénote en forme de cœur, un lac souterrain (© xXFir3Xx)

Mexique : Arrêtez la destruction des forêts du Chiapas !

Les forêts du Chiapas, au Mexique, parmi les plus riches en biodiversité au monde, sont gravement menacées : près de la moitié ont déjà été illégalement rasées pour leur bois. Soutenez la campagne de notre organisation partenaire, Otros Mundos Chiapas, en signant notre pétition pour stopper cette destruction !

Appel

Gouverneur du Chiapas ; Commission nationale des forêts (CONAFOR) ; Agence fédérale pour l'environnement (PROFEPA) ; Ministère de l'environnement et des ressources naturelles (SEMARNAT)

« Le gouvernement fédéral mexicain et celui du Chiapas doivent agir maintenant : faisons respecter les lois environnementales pour stopper la déforestation ! »

Afficher la lettre de pétition

Les montagnes de l’État du Chiapas regorgent de vie. Le climat tropical humide du sud du Mexique favorise la richesse des écosystèmes forestiers qui varient en fonction de l’altitude.

Dans les vallées, les acajous s’élèvent majestueusement dans la forêt tropicale, où résonnent les cris des singes hurleurs du Guatemala et les grognements lointains des jaguars. Plus haut, dans les forêts brumeuses des montagnes, le magnifique quetzal plane à travers la canopée d’orchidées et de podocarpes suspendus.

Le Chiapas, État mexicain à la deuxième plus grande biodiversité, abrite dans ses forêts une variété étonnante d’espèces végétales et amphibiennes, dont sept mammifères uniques au monde.

La nature luxuriante du Chiapas s’étend de la forêt tropicale lacandone aux vallées centrales et à la Sierra Madre, jusqu’à la côte pacifique. Près d’un tiers de ces forêts interconnectées sont encore des forêts primaires, anciennes, intactes et irremplaçables.

Pourtant, la moitié des forêts du Chiapas ont déjà disparu. Ce qui reste est de plus en plus fragmenté, les sols gravement endommagés par l’activité humaine. Chaque centimètre de sol perdu par érosion met un siècle à se régénérer. À mesure que les forêts reculent, les sources et rivières qui fournissent l’eau potable à tant de communautés s’assèchent aussi.

L’arrivée des bûcherons signe souvent la fin des forêts. Ces terres deviennent alors pâturages pour bétail, champs de maïs, plantations de café ou de palmiers à huile, ou quartiers résidentiels. Depuis 2000, plus de 360 000 hectares de forêt ont disparu.

Joignez votre voix à celle de notre organisation partenaire Otros Mundos Chiapas. Exhortez les autorités compétentes et les décideurs politiques à mettre fin à la destruction et à protéger ces forêts, qui sont le poumon de la nature et des populations qui y vivent.

Lancement de la pétition : 09/01/2026

Contexte

L'État du Chiapas abrite une variété exceptionnelle d'écosystèmes qui soutiennent une diversité biologique remarquable. Ces habitats protègent des trésors comme la loutre de rivière (Lontra sp.), la chauve-souris pêcheuse (Myotis vivesi), le jaguarundi (un petit chat sauvage - Herpailurus yagouaroundi), le crapaud fouisseur (Rhinophrynus dorsalis), le lézard crocodile (Barisia imbricata), l'écureuil volant (Glaucomys volans) et des dizaines de colibris. Les forêts de mangroves côtières, quant à elles, abritent caïmans et servent de nurseries à de nombreux poissons.

Ces écosystèmes sont vitaux pour la vie sur Terre : sources de nourriture, d'eau et d'équilibre écologique, ils agissent comme puits de carbone et abritent une biodiversité inégalée. Pourtant, avec 500 000 hectares de forêts déboisés chaque année, le Mexique figure parmi les cinq pays les plus touchés par la déforestation mondiale.

La déforestation aggrave la crise climatique, bouleverse températures et précipitations, et menace l'extinction d'espèces précieuses. Les conséquences frappent durement les écosystèmes, mais aussi notre santé et notre agriculture.

Le Mexique figure parmi les 20 pays les plus émetteurs de CO₂ via la destruction de ses forêts. Selon la FAO, 1,6 milliard de personnes dans le monde, dont 70 millions d'autochtones, dépendent des forêts pour vivre.

Lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP26) de 2021 à Glasgow, les nations se sont engagées à mettre fin à la déforestation d'ici 2030. Pourtant, cet objectif reste bien loin d'être atteint – au Mexique comme ailleurs.

Si la déforestation industrielle vient du commerce illégal, de l'agro-industrie et de l'exploitation forestière commerciale à grande échelle, la demande en bois de chauffage et en charbon de bois pour la cuisine domestique y contribue aussi. Nos partenaires Otros Mundos Chiapas et BioRed installent des systèmes de biogaz dans les foyers : ce gaz remplace le bois et le gaz de pétrole liquéfié pour cuisinières et fours.

Lettre

Gouverneur du Chiapas ; Commission nationale des forêts (CONAFOR) ; Agence fédérale pour l'environnement (PROFEPA) ; Ministère de l'environnement et des ressources naturelles (SEMARNAT)

Cher Monsieur Eduardo Ramírez Aguilar, gouverneur de l’État du Chiapas,

Chers représentants des autorités environnementales et forestières de l’État et du gouvernement fédéral,

Nous vous écrivons avec une profonde inquiétude, car les forêts du Chiapas disparaissent à un rythme alarmant.

Aujourd’hui, seule la moitié du Chiapas est encore boisée, alors que cet État abrite l’une des plus grandes biodiversités du Mexique. Au cours des 50 dernières années, 43 % de sa couverture forestière a disparu. La forêt tropicale lacandone, qui s’étendait autrefois sur 1,8 million d’hectares, a perdu jusqu’à 70 % de sa superficie.

Pour mettre fin à cette tendance alarmante, nous vous exhortons à vous attaquer aux causes profondes de la déforestation, de la dégradation des sols et de la perte de biodiversité au Chiapas. Veuillez prendre les mesures suivantes :

• Mettre fin à l’exploitation forestière illégale de la forêt tropicale lacandone et des autres forêts du Chiapas.

• Fermer les routes commerciales illégales et les scieries.

• Mettre fin au trafic d’animaux sauvages et de plantes.

• Mettre fin à l’expansion des monocultures de palmiers à huile et autres, qui favorisent la déforestation, ainsi qu’à l’expansion de l’élevage extensif et intensif de bétail.

• Ne pas accorder de concessions pour l’exploitation minière ou la construction de barrages au Chiapas.

Les gouvernements fédéral et étatiques doivent adopter des politiques efficaces et appliquer les lois environnementales afin de lutter contre la déforestation au Chiapas.

Nous vous invitons également à travailler en partenariat avec les peuples autochtones, afin de promouvoir des solutions locales qui protègent les forêts du Chiapas, lesquelles contribuent grandement à la richesse bioculturelle du Chiapas, du Mexique et de notre planète.

Nous attendons avec impatience votre réponse concernant les mesures que vous comptez prendre pour remédier à ce problème.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Climat et forêt tropicale en 5 minutes

Situation actuelle : climat et forêt tropicale sont liés

 

Les forêts tropicales sont des écosystèmes complexes où la faune et la flore sont étroitement liées. Elles jouent un rôle exceptionnel pour le climat local et mondial. Les plantes absorbent le dioxyde de carbone (CO2) de l’air. Avec ce CO2,  de l’eau et de la lumière du soleil, elles peuvent synthétiser de la matière organique. Le carbone est retenu dans les tiges, les feuilles et les racines et l’oxygène est libéré dans l’atmosphère. L’ensemble du processus est appelé photosynthèse.

Si l’image de la forêt tropicale comme "poumon de la planète" n’est pas tout à fait exacte, elle offre une bonne métaphore.

Selon des études, les forêts tropicales stockent 250 milliards de tonnes de CO2, soit 22 fois les émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Les forêts tropicales produisent elles-mêmes une grande partie des précipitations, tout au long de l’année. Un aspect important de ce phénomène est l’évapotranspiration, c’est-à-dire l’humidité que les plantes libèrent par leurs feuilles. Bien qu’il fasse chaud et humide dans les forêts, les nuages renvoient une grande partie de la lumière solaire dans l’espace et refroidissent ainsi l’atmosphère. Sans cet effet, il ferait encore plus chaud sous les tropiques.

En tant que réservoirs de carbone et faiseuses de pluie, les forêts tropicales intactes jouent un rôle clé dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Les conséquences :  catastrophe climatique et déforestation s’exacerbent mutuellement

 

Les forêts tropicales sont de moins en moins aptes à remplir leur tâche de régulation du climat. Au contraire, la déforestation, due par exemple à l’établissement de plantations, de pâturages ou de projets miniers, provoque l’émission de grandes quantités de gaz à effet de serre. La destruction des tourbières a un effet particulièrement dévastateur. En 1997, les feux de forêt en Indonésie ont représenté un tiers des émissions mondiales totales.

Selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature, les forêts tropicales pourraient émettre davantage de carbone qu’elles n’en capturent à partir de 2035, simplement en raison des effets néfastes du dérèglement climatique, qui ralentissent la croissance des arbres.

L’écosystème de la forêt tropicale étant imbriqué de multiples façons, l’ensemble du réseau peut souffrir s’il est endommagé en un seul point. C’est le cas du cycle de l’eau, déjà perturbé par l’augmentation des températures et des sécheresses, qui pourrait s’effondrer. Avec le changement du climat local, les vertes et luxuriantes forêts tropicales risquent de se transformer en savanes.

La menace portée par les 18 points de bascule du système climatique est particulièrement grande. Ces points de non-retour entraîneraient des réactions en chaine, comme la disparition de la forêt la forêt tropicale sous sa forme actuelle si le dérèglement climatique atteint un certain niveau en Amazonie.

Une chose est certaine : l’homme est responsable de la catastrophe climatique. 98% des climatologues et des scientifiques s’accordent sur l’origine humaine du dérèglement climatique. Le climat étant un système extrêmement complexe, les chercheurs découvrent constamment de nouvelles connexions, interprètent les données différemment, révisent les prévisions. C’est tout à fait normal en science. Cependant, les conclusions des climatologues sont de plus en plus alarmantes.

La solution : préserver la forêt tropicale pour protéger le climat

 

Si l’on souhaite protéger le climat, il faut agir à la préservation des forêts tropicales. Ces dernières sont indispensables en tant que puits de carbone et leur destruction aggraverait la catastrophe climatique. Protéger le climat, c’est protéger la forêt tropicale. Et vice versa.

Pour agir à la protection du climat, nous devons :

  • conserver les forêts tropicales et réparer les dégâts. Bien plus que des puits de carbone, elles sont des écosystèmes diversifiés et des habitats pour des millions de personnes.
  • préserver la biodiversité. Catastrophe climatique et extinction des espèces sont deux crises existentielles à aborder d’un même front.
  • renforcer les droits des peuples autochtones vivant dans les zones forestières sous les tropiques. Les indigènes sont souvent les meilleurs gardiens de la forêt tropicale.
  • changer fondamentalement notre manière de vivre et de faire des affaires ; réduire notre consommation d’énergie, de nourriture et de matières premières au lieu de simplement l’entretenir au niveau actuel avec des "produits verts" ; sortir du charbon, du pétrole et du gaz naturel.
  • réformer les mauvaises politiques climatiques, c’est-à-dire mettre fin à l’utilisation malavisée des biocarburants, notamment ceux à base d’huile de palme, de soja ou de canne à sucre, et cesser de brûler des arbres dans les centrales électriques.
  • mettre fin aux "commerce d’indulgences" que sont les programmes de compensation. Ces systèmes permettent aux entreprises de payer pour des mesures de protection de l’environnement en échange de l’autorisation de continuer à émettre des gaz à effet de serre, en d’autres termes d’acheter le droit de polluer. 
  • rejeter les technologies de transition prétendument plus respectueuses du climat, comme le remplacement du charbon par le gaz naturel.

Cette pétition est également disponible en :

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