Brésil : Protégeons des forêts vivantes, pas des monocultures d’eucalyptus destructrices !
À Bahia, Veracel a accaparé des terres publiques pour y planter des eucalyptus, détruisant forêts, terres agricoles et communautés. Depuis 2008, les petits agriculteurs luttent pour les récupérer. Les tribunaux leur ont donné raison, mais ils attendent encore l’autorisation de cultiver leurs terres.
À Monsieur Jerônimo Rodrigues, gouverneur de l’État de Bahia, et à Monsieur Osni Cardoso de Araújo, secrétaire d’État au Développement rural de l’État de Bahia
« Expulser les occupants illégaux du terrain attribué au MLT et garantir eau potable, électricité et logements pour les familles qui y ont droit. »Notre consommation de papier d’imprimerie et de produits d’hygiène a des conséquences dévastatrices dans les pays tropicaux. L’Union européenne importe chaque année plus de 10 millions de tonnes de pâte à papier du Brésil, produite sur des millions d’hectares de plantations d’eucalyptus qui déplacent forêts, terres agricoles et communautés. Les herbicides, fongicides et insecticides utilisés pour entretenir les plantations créent des déserts écologiques où aucune autre forme de vie végétale ou animale ne peut survivre.
En 2008, des dizaines de familles du mouvement MLT ont occupé 1 300 hectares de terres autrefois publiques que l’entreprise Veracel avait accaparées pour y installer ces monocultures destructrices.
Veracel, une coentreprise entre la société finno‑suédoise Stora Enso et le groupe brésilien Suzano, avait initialement fait expulser de force les habitants du village de Baixa Verde. Les tribunaux et les autorités ont par la suite reconnu le droit des petits agriculteurs à utiliser ces terres.
Les familles sont revenues au village et ont commencé à cultiver des denrées alimentaires telles que le manioc, les bananes et les patates douces. Dans les zones écologiquement sensibles, comme les berges des rivières, elles ont replanté des arbres et sont en train de restaurer la forêt tropicale.
À l’automne 2025, nous avons rendu visite aux petits agriculteurs du village de Baixa Verde, dans l’État de Bahia.
Les familles attendent toujours que les autorités expulsent les occupants illégaux des terres qui leur ont été attribuées, afin qu’elles puissent en utiliser l’intégralité et bénéficier d’un accès à l’eau potable, à l’électricité et à un logement décent.
Elles nous ont demandé de les soutenir dans cette pétition adressée aux autorités.
Lancement de la pétition : 12/03/2026
Le prix de notre papier : terres accaparées, forêts détruites
Les activités de Veracel au Brésil sont étroitement liées à notre consommation de papier dans les pays du Nord. Chaque année, l’entreprise produit 1,1 million de tonnes de pâte à papier à partir de ses arbres, dont la majeure partie est destinée à l’exportation. Les fibres d’eucalyptus sont notamment utilisées pour fabriquer du papier d’impression et d’écriture, ainsi que des produits d’hygiène comme le papier toilette, les mouchoirs en papier et les couches ; notre consommation de ces produits a un impact dévastateur sur les pays tropicaux.
Le Brésil exporte 15 millions de tonnes de pâte d’eucalyptus par an, dont plus de 10 millions de tonnes sont importées par les pays de l’Union européenne. La production de ce volume colossal nécessite près d’un million d’hectares de plantations d’eucalyptus.
En raison des intérêts économiques de l’Europe, la Banque européenne d’investissement (BEI), établissement public, a accordé à Veracel un prêt de 30 millions de dollars en 2001 pour soutenir la création de 26 200 hectares de plantations d’eucalyptus. En 2003, elle a octroyé 80 millions de dollars supplémentaires pour la construction de l’usine de pâte à papier de Veracel, dans l’État de Bahia. Il est clair que les normes écologiques, sociales et juridiques ont été mises de côté dans les décisions de financement de la Banque.
À Monsieur Jerônimo Rodrigues, gouverneur de l’État de Bahia, et à Monsieur Osni Cardoso de Araújo, secrétaire d’État au Développement rural de l’État de Bahia
Monsieur le Gouverneur Jerônimo Rodrigues,
Monsieur le Secrétaire d’État au Développement rural de l’État de Bahia, M. Osni Cardoso de Araújo,
Le village de Baixa Verde est situé dans une zone occupée en 2008 par le mouvement pour les droits fonciers Movimento de Luta pela Terra (MLT), à l’extrême sud de Bahia – une région historiquement marquée par des conflits fonciers généralisés et l’expansion des monocultures d’eucalyptus sous l’impulsion de l’industrie internationale de la pâte à papier.
Ce modèle de développement, qui profite aux pays du Nord, a eu des conséquences profondes pour l’environnement et les populations locales : pénurie d’eau, dégradation des sols, perte de biodiversité, déplacement des communautés traditionnelles et aggravation des inégalités dans les zones rurales.
En 2010, le village du MLT a été attaqué par un groupe qui a commis divers actes de violence contre ses habitants et s’est emparé d’une partie des terres. Les membres du MLT ont résisté et ont continué à produire de la nourriture tout en restaurant l’environnement.
En 2023, après que l’État de Bahia ait porté l’affaire devant les tribunaux brésiliens, la justice a ordonné l’expulsion des occupants illégaux et a tranché le litige foncier en faveur du MLT, afin que ses membres puissent enfin accéder à leurs terres.
L’État de Bahia n’a pas encore appliqué cette décision. Les résidents de la colonie MLT ne peuvent toujours pas travailler sur l’ensemble des terres qui leur ont été attribuées. L’État les a, de fait, complètement abandonnées.
Compte tenu de cette situation, nous appelons l’État de Bahia à prendre les mesures suivantes :
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Mettre en œuvre immédiatement et définitivement la décision de justice de 2023 et restituer les terres appartenant au Movimento de Luta pela Terra (MLT) au sein du village de Baixa Verde, en concertation avec ses membres.
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Honorer de toute urgence les engagements pris par l’État de Bahia en matière d’infrastructures. Il s’agit notamment, en priorité, d’assurer un approvisionnement fiable en eau potable et en eau d’irrigation, en électricité, ainsi que la construction de logements, l’amélioration des voies d’accès, la mise en place d’équipements collectifs et d’autres services essentiels.
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Formaliser, institutionnaliser et mettre en œuvre des politiques publiques spécifiques pour le village MLT de Baixa Verde, notamment un soutien à la production agroécologique, une assistance technique continue, l’accès au crédit rural, l’éducation rurale, les soins de santé, la protection de l’environnement, les politiques en faveur de la jeunesse et le renforcement de l’économie rurale.
Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées,