Sauvons le dernier refuge des orangs-outans !

Deux jeunes orangs-outans dans la forêt tropicale humide de Sumatra Les orangs-outans de Sumatra sont en très grand danger
49 758 signatures

Fin de l'action : 20 mai 2014

Des flammes à perte de vue. La région forestière de Tripa en Indonésie a subi une centaine d'incendies en seulement cinq jours. Si le producteur d'huile de palme qui en est responsable ne s'arrête pas, les orangs-outans de Sumatra qui y vivent sont menacés de tous disparaitre d'ici fin 2012. Ils ont grandement besoin de notre aide

Mises à jour Appel

Des flammes à perte de vue. La région forestière de Tripa en Indonésie a subi une centaine d'incendies en seulement cinq jours. Si le producteur d'huile de palme qui en est responsable ne s'arrête pas, les orangs-outans de Sumatra qui y vivent sont menacés de tous disparaitre d'ici fin 2012. Ils ont grandement besoin de notre aide.

La forêt de Tripa abrite de nombreuses espèces animales et végétales rares. On y trouve la plus dense population d'orangs-outans de Sumatra dont la population totale restante est évaluée à 6.600 individus. Ils s'y nourrissent encore aux arbres fruitiers à l'abondante diversité. Mais l'Indonésie est sur le point d'entériner la destruction totale de la forêt marécageuse. 

Il en va de vie et de mort
dans ce jugement

Trips brennt

Malgré sa protection légale, la forêt de Tripa a déjà perdu les trois-quarts de sa surface au profit de plantations de palmiers à huile. Seuls 12.000 des 60.000 hectares d'origine sont encore intacts. Et le processus de destruction ne cesse de s'accélérer. Un des acteurs majeurs de cette tragédie est la société PT Kallista Alam. Forte d'une autorisation officielle bien que non légale (il existe un moratoire de deux ans pour les déforestations), celle-ci est sur le point de raser et brûler un peu plus de forêt. 

Le Forum Indonésien pour l'environnement WALHI et la population locale ont déposé une plainte contre ces destructions. Le procès aura lieu lors des prochains jours. 

La décision de justice risque de faire jurisprudence. Si le producteur d'huile de palme voyait ses agissements confirmés, cela signifierait l'arrêt de mort pour le reste de la forêt de Tripa. 

Suite...

Veuillez aider à sauver la forêt de Tripa, habitat vital pour les orangs-outans de Sumatra.

 

Crédits photos: Jay Ullal, PanEco-YEL

Contexte

Stockage de carbone dans la tourbe de Tripa

Tripa est une des dernières forêts marécageuses sur la côte ouest de la province d'Aceh sur l'île de Sumatra. La destruction de cette tourbière provoque l'émission d'immenses quantités de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, ce qui va à l'encontre des accords internationaux signés par l'Indonésie à ce sujet. C'est à cause de la déforestation effrénée que ce pays est l'un des pires protagonistes du réchauffement climatique mondial. 

Énormes émissions de gaz à effet de serre

Afin de rendre utilisable les forêts marécageuses pour leur usage agricole, les producteurs d'huile de palme construisent des canaux pour drainer les terres et abattre les bois précieux. Une fois le sol drainé, la tourbe s'assèche. Le carbone contenu dans la terre s'oxyde, produisant du CO2 qui se diffuse dans l'atmosphère et réchauffe le climat. On estime jusqu'à 25% les émissions mondiales de gaz à effets de serre dues à la déforestation et à dl'assèchement des sols.

Si la forêt de Tripa se voyait protégée de nouvelles plantations lors des 30 prochaines années, cela éviterai au total l'émission de 120 millions de tonnes de CO2.    

Le moratoire oublié

Le président indonésien, M. Susilo Bambang Yudhoyono, avait instauré un moratoire sur les permis de déforestation dans le pays tout entier. Ce moratoire entrait dans le cadre d'un accord sur la préservation des forêts conclu entre l'Indonésie et la Norvège qui s'était engagée à consacrer jusqu'à un milliard de dollars pour réduire les émissions de gaz à effets de serre. La société Kallista Alam a obtenu localement une licence de défrichage par le gouverneur Irwardi Yusuf, l'homme ayant entériné le moratoire sur la déforestation dans toute la province d'Aceh. Selon différentes sources, le producteur d'huile de palme exerce de fortes pressions sur les décideurs d'Aceh et de Jakarta. 

Animaux et humains victimes

Les forêts marécageuses ont une faune très riche : éléphants, tigres, rhinocéros, orangs-outans. Les communautés locales s'y approvisionnent en eau potable, poissons, plantes alimentaires et médicinales. Les inondations et sécheresses causées par la perturbation des écosystèmes se font de plus en plus fréquentes et constituent un défi majeur pour les habitants. Le prochain tsunami pourrait être mortel pour nombre d'entre eux car la barrière naturelle de protection n'existe plus. 

 

Documentaire

Court documentaire (5min 47s) sur Tripa incluant des déclarations de la population locale :

 

Informations supplémentaires


Lettre

À:
The Council of Judges at the
Pengadilan Tata Usaha Negara (PTUN)
Di Banda Aceh
Fax: + 62 651 27883

Copie:
M. Susilo Bambang Yudhoyono, Président de la République d’Indonésie
JL. Veteran n°18
10110 Jakarta, Indonésie
Fax. +62 21 34834759

________________________________________________________

A l'attention des juges dans l'affaire n° 19/G/2011/PTUN-Banda Aceh
________________________________________________________

Madame, Monsieur,

Je vous écris ce courrier en soutien au plaignant, l'organisation non gouvernementale Walhi, contre le gouverneur d'Aceh, M. Irwandi Yusuf, concernant l'octroi d'un permis (n° 525/BP2T/5322/2011) pour une plantation de palmier à huile dans les tourbières de Tripa, bien que celles-ci fassent partie de l'écosystème protégé du Leuser.

1. Je soutiens tous les efforts déployés pour empêcher la destruction des tourbières à Nagan Raya et Aceh Barat Daya. En tant que zone naturelle protégée, elles jouent un rôle déterminant pour l'habitat de la population locale ainsi que pour toute la région d'Aceh. Les forêts marécageuses de Tripa ont des fonctions majeures dans l'écosystème telles la protection contre les tsunamis et inondations d'une part, la séquestration du carbone d'autre part. Elles sont essentielles pour que les objectifs du gouvernement en matière de réduction des émissions de CO2 soient atteints.

2. Les tourbières de Tripa, en tant que partie de l'écosystème de Leuser, ont le statut de « zone stratégique nationale pour la protection de l'environnement » (National Strategic Area for Environmental Protection). Les plans d'aménagements tant nationaux que régionaux (pour l'île de Sumatra - Area for Environmental Protection in the Regional Spatial Plan of Sumatra) imposent chacun à leur niveau une protection légale à cette zone.

3. Je suis extrêmement préoccupé par la poursuite des destructions des tourbières de Tripa par des producteurs d'huile de palme ne faisant que peu de cas de la sécurité des populations locales et de la préservation de l'environnement. Mes inquiétudes sont basées sur les nombreuses études rapportant les effets néfastes des sociétés de culture de palmiers à huile dans la région. On doit directement à ces dernières 28 conflits sociaux, déforestation et pollution pour la seule année 2011. Je ne souhaite voir ce scénario se répéter.

4. Je tiens enfin à rappeler une nouvelle fois les engagements contractuels pris par le gouvernement indonésien pour empêcher de nouvelles destructions aux forêts et tourbières du pays. S'ils concernent la préservation d'écosystèmes sensibles, ces engagements sont pris aussi par l'Indonésie vis-à-vis de la communauté internationale pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

En conséquence, j'exhorte les juges de la cour de Banda Aceh à rendre un verdict juste dans l'affaire n° 19/G/2011/PTUN-Banda Aceh qui oppose le plaignant Walhi à M. Irwandi Yusuf, gouverneur d'Aceh, pour l'octroi du permis n° 525/BP2T/5322/2011. Ce verdict doit garantir la sécurité des populations locales et renforcer les protections environnementales existantes dans la région.

En vous remerciant de votre attention, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression des mes respectueuses et sincères salutations.

Mises à jour

succès | 10 janv. 2014

Jugement historique contre une société d'huile de palme en Indonésie

Vue aérienne d’un paysage composé de tourbières en train d’être incendiées et de cultures d’huile de palme en arrière plan

Le tribunal de la province d’Aceh à Sumatra, vient d’envoyer un message fort contre la déforestation tropicale illégale en condamnant l‘entreprise d’huile de palme PT Kallista Alam à la lourde amende de 9,4 millions de dollars ainsi qu’au versement de 22,6 millions supplémentaires pour la réhabilitation des tourbières de Tripa.

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succès | 8 sept. 2012

Tripa : la forêt des orangs-outans est sauvée

Le 30 août 2012, le tribunal administratif de Medan (Sumatra du Nord) a déclaré illégale l'attribution d'une concession d'huile de palme dans la forêt de Tripa. Ayant collecté près de 50.000 signatures pour demander la fin des destructions dans cette zone protégée, nous sommes très heureux de ce succès acquis pour les orangs-outans de Sumatra.

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succès | 24 mai 2012

Pas de plantations de palmiers à huile à Tripa

Face à la pression internationale, le gouvernement d'Indonésie a restitué officiellement son statut de réserve naturelle protégée aux tourbières de Tripa. Sauvons la forêt avait recueilli et transmit 44.551 signatures aux autorités indonésiennes pour stopper la destruction de la forêt de Tripa et sa future conversion en plantations de palmiers à huile.

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succès | 18 avr. 2012

L'enquête de l'espoir pour les Orangs-outans à Tripa

Un vent d'espoir souffle sur les orangs-outans de Sumatra : les autorités pour la protection du climat ont établi que le producteur d'huile de palme PT Kallista Alam a délibérément enfreint la loi indonésienne. Cette affaire pourrait faire évoluer de manière significative l'Indonésie en matière de protection de l'environnement.

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actualités | 4 avr. 2012

La justice refuse de prendre une décision à Tripa

Suite à la plainte provoquée par les défrichages en zone protégée de la forêt de Tripa dans la province d'Aceh en Indonésie, le tribunal a refusé de rendre un verdict, le 3 avril 2012, arguant que les parties devaient d'abord parvenir à un accord à l'amiable. L'organisation WAHLI veut faire appel et porter l'affaire devant la cour constitutionnelle.

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