Grande joie au Libéria : la présidente stoppe un groupe d’huile de palme

Quatre enfants jouent dans la forêt tropicale du Libéria La présidente libérienne rappelle à l’ordre l’entreprise d’huile de palme EPO (© Vera Leinert)

18 mars 2014

La présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf vient de se ranger du côté des populations rurales dans leur lutte contre l’expansion des plantations du groupe d’huile de palme EPO dans le Comté de Grand Bassa. Mieux, cette décision politique forte de renforcer le pouvoir des citoyens libériens s’appliquera aux autres régions du pays.

L’entreprise d’huile de palme Equatorial Palm Oil (EPO) devra absolument obtenir le consentement explicite des populations locales si elle aspire à étendre ses cultures sur leurs terres. C’est ce dont veut s’assurer la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf et qui n’était pas le cas jusqu’à présent. La présidente souhaite également réunir autour d’une même table les habitants du Comté de Grand Bassa et des représentants d’EPO pour qu’ils discutent de l’avenir des terres ayant déjà été converties en plantations de palmiers à huile.

Les cultures d’huile de palme d'EPO s’étendent déjà sur 5600 hectares. Jusqu’à présent, l'entreprise britannique n’avait pas pris la peine d’obtenir le consentement des habitants pour cultiver le palmier à huile sur leurs terres, bien que la loi l’y oblige. Et pour les villageois, il n’était pas bon de protester contre l’accaparement de leurs terres, en témoigne l’intervention musclée d'une unité paramilitaire de la police libérienne (PSU) à leur encontre en septembre dernier.

Par la voix de leur porte-parole Mike Collah, les contestataires se plaignaient de « traitement inhumain ». Ils déploraient les promesses n'ayant jamais été tenues comme le creusement de puits ou l’arrivée de médecins et d’enseignants. Alors que le vice-président du sénat Gbehzohngar M. Findley s'était limité à essayer de calmer les esprits en parlant de regrettables malentendus, la présidente, par son intervention, est venue clarifier la situation.

« C’est une victoire pour les autochtones qui sont parvenus à faire respecter leurs droits sur leur ressource la plus précieuse : la terre, qui est à la fois leur lieu de vie et patrimoine culturel » se réjouit Silas Kpanan Ayoung Siakor de l'Institut du développement durable (SDI) libérien. Le gouvernement est manifestement disposé à écouter sa population.

La présidente Johnson-Sirleaf souhaite aussi renforcer le pouvoir des citoyens dans d’autres régions du Libéria, affirmant «  ne pas être intéressée à semer les graines de nouveaux conflits ». Des erreurs avaient en effet été commises dans le passé pour attirer les investisseurs dans le pays.

 

Informations supplémentaires (en anglais)

• Article FPA  Jogbah clan opposes EPO expansion, Findley calls for calm

• Article du Sustainable Developement Institute (SDI)  SDI welcomes President Sirleaf's commitment to protecting Joghban clan's land from further encroachment by British palm oil company Equatorial Palm Oil

• Article de Global Witness  NGOs welcome Liberian President's commitment to stop British palm oil company "taking" community land