L’Indonésie renonce à exporter son bois illégal

Une personne prend une photo d'un camion chargé de troncs d'arbres sur une route en terre dans la forêt tropicale Nos partenaires documentent l’abattage de bois tropical à Sumatra (© Feri Irawan)

5 juin 2020

L’Indonésie voulait de nouveau légaliser l’exportation de bois tropical abattu illégalement à partir de fin mai 2020, suscitant des protestations dans le monde entier. Le pays a finalement fait machine arrière.

Les protestations des organisations indonésiennes et internationales, dont Sauvons la forêt, contre un décret désastreux du ministère du commerce ont été couronnées de succès. Le gouvernement voulait manifestement utiliser la pandémie de Covid 19 pour relancer l’exploitation forestière illégale dans le pays. Selon ce décret, les bois tropicaux indonésiens destinés à l’exportation n’auraient plus eu besoin d’un label certifiant de leur légalité.

Le gouvernement indonésien a finalement annulé le décret seulement quelques jours avant son entrée en vigueur prévue pour le 27 mai 2020. Les peuples de la forêt tropicale en Indonésie et les défenseurs de l’environnement du monde entier sont soulagés. Le décret aurait anéanti d’un seul coup des décennies de travail pour mettre un frein à l’exploitation illégale et à la contrebande de bois tropical.

Un système de vérification de la légalité du bois (SVLK) a été laborieusement mis en place en Indonésie après de longues années. Si le système entré en vigueur en 2013 est loin d’être parfait, il a toutefois permis de contrôler plus efficacement l’exploitation forestière sur place.

L’UE reconnaît la certification SVLK conforme au Règlement européen sur la légalité du bois (RBUE). Celui-ci stipule que seul le bois et les produits dérivés provenant de sources légales peuvent être importés dans l’UE. Les importateurs de bois doivent prouver la légalité avec les documents officiels nécessaires du pays d’origine.

Toutefois, l’exploitation légale des forêts tropicales ne garantit pas leur préservation sur le long terme. Car « légal » ne signifie pas « écologique » et « socialement acceptable ». Sauvons la forêt recommande en conséquence de ne pas acheter de produits en bois tropical.