Catastrophe climatique et Covid-19 sont liés

Roussette volant dans la forêt Catastrophe climatique et Covid-19 sont liés (© Engineer studio/shutterstock.com)

22 mars 2021

Des scientifiques ont découvert un lien entre la pandémie de Covid et l’aggravation de la catastrophe climatique. Selon une nouvelle étude, l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre a eu pour conséquence le déplacement des chauves-souris, et avec elles les coronavirus qu’elles transportent, vers des régions où on ne les trouvait pas auparavant.

Au cours du siècle dernier, le probable lieu d’origine du SRAS-CoV-2 dans le sud de la Chine est devenu un point chaud pour les coronavirus transmis par les chauves-souris. Les changements climatiques induits par l’homme y ont favorisé la croissance de zones boisées offrant un habitat adapté aux chauves-souris. C’est la conclusion d’une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’Université de Cambridge, de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) et de l’Université d’Hawaï-Manoa.

Selon l’étude, savane et forêts de feuillus se sont substituées à la brousse dans la province du Yunnan, dans le sud de la Chine, ainsi que dans certaines régions du Myanmar et du Laos. Cela a permis la propagation de nombreuses espèces de chauves-souris, qui ont introduit une centaine de nouveaux coronavirus dans la région. Les données génétiques suggèrent que le SRAS-CoV-2 est apparu pour la première fois chez les chauves-souris dans cette zone.

« Au cours du siècle dernier, le changement climatique dans le probable lieu d’origine du SRAS-CoV-2 a rendu l’habitat beaucoup plus attrayant pour les chauves-souris », explique Robert Beyer du PIK.

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont reconstitué la végétation naturelle mondiale au début du siècle dernier en utilisant des données climatiques. Sur cette base, ils ont déterminé la répartition des espèces de chauves-souris sur la planète à cette époque. En comparant avec la répartition actuelle, ils ont montré où le nombre de différentes espèces de chauves-souris a évolué dans le monde.

« Le dérèglement climatique a modifié l’habitat des chauves-souris. Les animaux se sont répandus dans de nouvelles régions et ont apporté leurs virus avec eux. Cela a non seulement modifié la localisation des virus, mais a également permis de nouvelles interactions avec d’autres animaux, par lesquelles des agents pathogènes nocifs ont été transmis ou ont muté », précise Robert Beyer. 

Camilo Mora, professeur à l’université d’Hawaï-Manoa et initiateur de l’étude, ajoute : « Nous savons que le changement climatique accélère la transmission des virus des animaux sauvages aux humains. Cela devrait nous inciter à améliorer de toute urgence les mesures de réduction des émissions ».

La province du Yunnan, dans le sud de la Chine, abrite également des pangolins, qui ont possiblement servi d’hôtes intermédiaires dans la transmission du SRAS-CoV-2. Le virus aurait été transmis des chauves-souris aux pangolins, qui sont vendus sur le marché de Wuhan où les humains ont été infectés pour la première fois par le CoV-2 du SRAS. Selon les estimations au niveau global, les chauves-souris sont porteuses de plus de 3000 coronavirus différents dans le monde. La plupart d’entre eux ne peuvent pas facilement se transmettre aux humains. Mais pas tous : en plus du SRAS-CoV-2, le SRAS-CoV-1 et le MERS ont également provoqué des grandes épidémies.

L’étude a été publiée dans la revue Science of the Total Environment