L’agriculture à l’origine de 90 % de la déforestation en zone tropicale

Tourbière défrichée pour une plantation de palmiers à huile au Sarawak (Malaisie) La forêt malaisienne est détruite pour la culture de l’huile de palme (© Rettet den Regenwald / Mathias Rittgerott)

15 sept. 2022

Selon un nouveau rapport, plus de 90 % de la destruction des forêts sous les tropiques sont imputables à l’agriculture. Les surfaces déboisées restent toutefois en grande partie inexploitées.

Une étude internationale publiée dans la revue Science donne de nouveaux chiffres : la majeure partie (90 à 99 %) de la déforestation dans les tropiques est due, de manière directe ou indirecte, à l’agriculture. Jusqu’ici, les estimations de cette part étaient de l’ordre de 80 % jusqu’ici.

Seuls 45 à 65 % des terres déboisées sont devenues des terres agricoles productives. « Sur une grande partie des zones déboisées, il ne se passe rien après le défrichement », explique Matthias Baumann de l'université Humboldt de Berlin, un des coauteurs de l’étude qui s’est penché sur le cas du Gran Chaco en Amérique du Sud. Cela serait dû à la « spéculation foncière, aux paysans qui n’ont plus d’argent ou à la déforestation préventive par crainte que cette pratique ne devienne illégale à l’avenir ».

Seul un petit nombre de matières premières agricoles est responsable de la majeure partie de la déforestation : l’huile de palme, la viande et le soja, qui est principalement utilisé comme culture fourragère.

L’étude estime que, pour une protection pratique des forêts tropicales, les chaînes d’approvisionnement sans déforestation vers l’Europe et le développement rural durable dans les tropiques doivent se compléter.