La Malaisie détruit ses forêts

Des indigènes Penan et Berawan manifestent contre le déboisement de la forêt de Mulu dans l’état du Sarawak en Malaisie Des indigènes essaient de stopper le déboisement de la forêt de Mulu (© Bruno Manser Fonds)

8 mai 2019

Scandale au Sarawak : du bois d’une valeur de dix millions de dollars américains est abattu en toute illégalité. Le théâtre de ce crime environnemental est la forêt de Mulu sur l’île de Bornéo, où la forêt tropicale est défrichée pour établir une plantation de palmiers à huile.

Le responsable de cette déforestation est l’entreprise Radiant Lagoon, qui veut établir une plantation de palmiers à huile à proximité immédiate du parc national de Guntung Mulu, un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. 730 hectares de forêt ont déjà été défrichés sur la concession de 4400 hectares. L’entreprise est associée à Double Dynasty, qui compte parmi ses clients des entreprises telles que Nestlé, Unilever, Mondelēz et P&G. 

L’abattage illégal de 30.000 mètres cubes de bois a été mis au jour par le Fonds Bruno Manser (BMF) lors de recherches effectuées en Malaisie entre décembre 2018 et mars 2019. Ceci n’est qu’un exemple des nombreuses violations de la loi commises par le secteur de l’huile de palme dans la région. « Sarawak est l’arrière-cour de l’industrie malaisienne de l’huile de palme », explique Lukas Straumann de BMF.

Le fils de Taib Mahmud, ancien chef du gouvernement et actuel gouverneur, a ainsi profité de l’attribution de la concession en 2008. Le bail s’élève à seulement 60 centimes de dollars par an et l’étude d’impact environnemental est conservée sous clé. Les droits des peuples indigènes Penan et Berawan/Tering sont violés. Ces populations s’opposent à la destruction de leur territoire. Une délégation est actuellement à Londres, Paris, Bruxelles, Genève et Berne pour protester contre la destruction des forêts.

Signez notre pétition commune demandant au gouvernement de Sarawak et au gouvernement central de Malaisie de révoquer sans plus attendre les concessions d’huile de palme déjà accordées et d’instaurer un moratoire interdisant toute nouvelle plantation.