Stop au commerce du bois qui finance la guerre en Afrique !

Soldats en République Centrafricaine Le commerce de bois illégal finance la guerre civile en Afrique (© Global Witness)
174 308 signatures

Fin de l'action : 21 mars 2018

Les grandes et magnifiques forêts tropicales de la République centrafricaine sont en danger ! La guerre civile exacerbe l’abattage illégal de bois dont l’exportation vers l’Europe permet aux violentes milices de se financer. L’UE doit stopper tout commerce de bois avec le pays africain.

Appel

Au gouvernement français et à la Commission européenne

“L’Europe ne doit pas laisser les milices armées se financer par le commerce de bois illégal. Stop aux importations de bois centrafricain !”

Afficher la lettre de pétition

Située à la limite du bassin du Congo, une des plus grandes zones de forêts tropicales de la planète, la République centrafricaine est un pays terriblement pauvre. Ses ressources naturelles, à l’instar des diamants, ne lui ont apporté que la misère.

Le pays est déchiré par une violente guerre civile. Des groupes armés terrorisent la population. Depuis 2013, 5.000 personnes ont été tuées et des centaines de milliers d’autres déplacées.

L’organisation Global Witness accuse des sociétés forestières européennes de participer au financement des milices en important du bois de Centrafrique. D’après l’ONG, les groupes armés auraient reçu de la part entreprises 3,4 millions d’euros en 2013 et 127.000 d’euros en 2014. Aujourd’hui, les miliciens continuent de rançonner aux barrages routiers ou sous prétexte de fournir des escortes armées. Ils terrorisent la population, en particulier dans les forêts du sud-ouest du pays.

L’UE a échoué dans sa politique de lutte contre le bois illégal

Cela ne semble guère émouvoir certains marchands de bois. Dans une caméra cachée, Global Witness montre une représentante de la société française Tropica-Bois : « C’est l’Afrique. [La guerre] est tellement habituelle qu’on ne fait plus tellement attention… »

La France et l’Allemagne sont particulièrement impliquées dans le commerce du bois centrafricain : 20% des exportations vont vers la France, 32% vers l’Allemagne. Les sociétés Johann D. Voss et Tropica-Bois réfutent les allégations selon lesquelles le bois dont ils font le commerce serait illégal. Selon Global Witness, d’autres entreprises sont impliquées dans ce trafic.

La France et l’UE doivent stopper l’importation de bois en provenance de République centrafricaine. La réglementation contre le commerce de bois illégal doit être renforcée au niveau national et européen.

Contexte

Les forêts de la République centrafricaine font partie du bassin du Congo, la deuxième plus grande zone de forêt tropicale de notre planète. Elles abritent des gorilles des plaines et des éléphants de forêt d'Afrique dont la population a chuté de 65% en seulement 11 années. Les groupes armés se financent grâce au braconnage et à la vente d’ivoire. En 2013, les miliciens ont dérobé 600 kg d’ivoire d’une valeur estimée à 1,5 million de dollars.

Une importante source de revenu des miliciens provient du commerce illégal de bois : l’industrie forestière assurait déjà 40% des exportations du pays avant la guerre civile de 2013. Trois entreprises étrangères ont continué leurs activités comme si de rien n’était alors que les milices pillaient, assassinaient et recrutaient des enfants soldats : l’entreprise libanaise SEFCA, le groupe chinois Vicwood et la société française IFB. Avec un recul des exportations d’environ 6%, les marchands de bois n’ont pas vraiment pâti des violences.

Selon l’organisation non gouvernementale Global Witness, les trois sociétés auraient payé au total 1,2 millions d’euros de “taxes illégales“ au cours de l’année 2013 aux barrages routier. Elles auraient payé plus de 33.000 euros pour des escortes armées et 1,77 millions d’euros pour divers „services de sécurité“ comme la surveillance du personnel, des bureaux et des sites d’exploitation par les miliciens. SEFCA aurait même financé directement le brutal gouvernement rebelle à hauteur de 380.876 euros.

Aujourd’hui encore, les milices continent de rançonner à des barrages routiers, en particulier à la frontière du Cameroun par lequel transite le bois destiné à l’exportation. Aux points de contrôles, les véhicules doivent s’acquitter d’un droit de passage allant 1,5 à 4,5 euros. Pour un total de 127.864 euros en 2014. Et les armes sont très bon marché : le prix d’une grenade à main coûte n’excède pas 1 euro…

Informations supplémentaires

• Rapport de Global Witness Bois de sang - Le rôle de l’Europe dans le financement de la guerre en République centrafricaine.
• Article du Monde Centrafrique : le commerce de bois a-t-il alimenté la guerre ?
• Article de Slate En Centrafrique, la guerre civile et religieuse aura déchiré une nation autrefois paisible
• Publication du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt Lutte contre le bois illégal : Règlement sur le Bois de l’Union Européenne (RBUE)

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

  • M. Édouard Philippe, Premier ministre de la République française
  • Gouvernement français

Hôtel Matignon
57 rue de Varenne
75700 Paris SP 07
Tél : +33 (0)1 42 75 80 00
Formulaire de contact
Facebook: https://www.facebook.com/edouardphilippepremierministre/
Twitter: https://twitter.com/EPhilippePM

  • M. Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne
  • Commission européenne

Commission européenne
Rue de la Loi 170
1049 Bruxelles
Belgique
Tél : +32 2 299 11 11
Formulaire de contact
Facebook: https://www.facebook.com/EuropeanCommission
Twitter: https://twitter.com/EU_Commission



Lettre

Au gouvernement français et à la Commission européenne

Monsieur le Premier ministre,
Madame la Ministre, Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président de la Commission européenne,
Madame la Commissaire européenne, Monsieur le Commissaire européen,

L’organisation de défense des droits humains Global Witness accuse des entreprises européennes d’importer illégalement du bois en provenance de la République centrafricaine et ce faisant de financer des milices.

En 2013, les rebelles de la Séléka auraient perçu 3,4 millions d’euros d’entreprises de la filière du bois. De leur côté, les Anti-Balaka auraient perçu 127.000 euros en 2014. Aujourd’hui, les miliciens continuent de rançonner aux barrages routiers ou sous prétexte de fournir des escortes armées. Ils terrorisent les habitants, violent et assassinent, en particulier dans les forêts du sud-ouest.

L’Europe est particulièrement impliquée dans le commerce de ce bois de sang : l’UE est le plus gros marché avec 59% du bois, dont 32% pour l’Allemagne et 20% pour la France.

L’Union européenne a échoué dans sa politique de lutte contre l’importation de bois illégal et a financé le conflit en République centrafricaine.

Nous vous demandons de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour stopper les importations de bois en provenance de République centrafricaine. Nous vous demandons aussi de renforcer la réglementation au niveau national et européen pour enfin empêcher efficacement le commerce de bois illégal.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président de la Commission européenne, Madame la Commissaire européenne, Monsieur le Commissaire européen, à l'assurance de notre considération et de notre vigilance citoyenne.

Le bois tropical en 5 minutes

Les produits en bois tropicaux ont longtemps été synonymes de pillage et d’exploitation abusive, et ce grâce au travail d’information de la part d’organisations écologistes. Pendant des années de boycott, les ventes étaient en chute libre. Mais entre-temps le secteur a su redorer son image grâce à des opérations marketing vantant un bois tropical issu d’ « exploitations forestières durables ».

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Déforestation pour les bois tropicaux

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