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Forêt tropicale dévastée pour la culture d'huile de palme à Sumatra
Les biocarburants à base d’huile de palme conduisent à la déforestation tropicale (© Clarbondioxide / iStock - Total)

Pétition terminée
Huile de palme : stop à la raffinerie de TOTAL à la Mède

292 252 signatures

Total se lance dans l’huile de palme et veut ouvrir une bio-raffinerie d’importance mondiale près de Marseille. Sauf que le Parlement européen vient de faire date en demandant l’arrêt des biocarburants à base d’huiles végétales tropicales, et tout spécialement d’huile de palme. Protestons contre le projet de Total.

Mises à jour
Appel

Au PDG de Total Patrick Pouyanné, aux autorités françaises et européennes

« Stop à la bio-raffinerie de Total qui produira des carburants à base d’huiles végétales ! L’huile de palme menace les forêts tropicales et leurs habitants »

Afficher la lettre de pétition

ACTUEL » LE GOUVERNEMENT AIDE TOTAL À GAGNER ENCORE PLUS GRÂCE À L’HUILE DE PALME

Total investit 275 millions d’euros pour la conversion de sa raffinerie à La Mède près de Marseille. Son but : produire annuellement 500 000 tonnes de biodiesel HVO.

Écologistes et syndicalistes dénoncent le projet de Total. Mireille Villion, des Amis de la Terre, fait les comptes : avec l’utilisation de 650.000 tonnes d’huiles, dont 100.000 t d’huiles usagées, 100.000 t de dérivés d’huile de palme et 450.000 t d’huiles végétales, en première approche, d’huile de palme brute,

Total pourrait doubler la consommation française d’huile de palme

dont la culture implique déforestation tropicale, expulsion des populations de leurs terres et la violation des droits humains.

Total justifie sa bio-raffinerie par la demande croissante en biocarburants et en biodiesel, le projet de loi de transition énergétique en France ainsi que sur la directive européenne sur les énergies renouvelables.

Or, le Parlement européen vient de se prononcer à une écrasante majorité (640 voix contre 18) pour un rapport d’initiative dont l’une des mesures phares est l’élimination d’ici 2020 des huiles végétales tropicales, donc de l’huile de palme, dans les biocarburants.

À l’heure où Parlement, Conseil des ministres et États membres de l’UE sont en train de réviser la directive européenne sur les énergies renouvelables, nous redoutons un lobbying de l’industrie pour faire reconnaître le biodiesel HVO, produit à partir du procédé d’hydrotraitement des huiles végétales, comme biocarburant de deuxième génération, et ce quelle que soit les matières premières utilisées…

Protestons contre la mise en service de la bio-raffinerie de Total à La Mède. Merci de signer et de diffuser la pétition !

Contexte

Biocarburant hydrotraité

Le biodiesel HVO (en anglais Hydrotreated Vegetable Oil – HVO) possède des propriétés chimiques lui permettant d’être ajouté aux carburants sans limite d’incorporation, contrairement au biodiesel conventionnel. Environ 650.000 tonnes d’huiles végétales ou de graisses animales seront nécessaires à la production de 500.000 tonnes de biodiesel hydrotraité.

Le leader mondial de biocarburant hydrotraité est l’entreprise publique finlandaise Neste (autrefois Neste Oil) qui a une capacité annuelle de 2,4 millions de tonnes (réparties sur 4 sites différents sites à Amsterdam, Singapour et Porvoo), suivi du groupe italien ENI-Agip (à Maghera près de Venise et à Gela en Sicile). Neste et Eni utilisent principalement de l’huile de palme et d’autres produits de son industrie comme les acides gras de palme (Palm oil Fatty Acid Destillate - PFAD) pour la production de biodiesel HVO.

D’autres compagnies pétrolières comme les espagnoles CEPSA (détenue à 100% par une Holding de Dubai) et REPSOL, la portugaise GALP, Preem en Suède et ConocoPhillips en Irlande fabriquent dans leur raffineries existantes du carburant hydrotraité selon les données de professionnels de la branche. Elles y pratiquent le co-traitement des huiles végétales raffinées avec gazole, procédé appelé « co-processing » et dont le résultat est un mélange diesel / carburant HVO (CO-HVO).

Biocarburant à partir d’huiles usagées

Sur son site internet, Total affirme que sa bio-raffinerie de La Mède « produira du biodiesel à partir d’huiles usagées en priorité et d’huiles végétales en complément ». Total ne détaille néanmoins pas la provenance de ces grandes quantités d’huiles usagées. De toute évidence, la bio-raffinerie utilisera en grande majorité de l’huile de palme importée. La proximité de La Mède et du Grand Port Maritime de Marseille n’est d’ailleurs certainement pas un hasard.

Total a conclu un partenariat avec Suez Environnement qui lui fournira fournira 20.000 tonnes d’huiles recyclées par an. La collecte d’huiles usagées représente actuellement 45.000 tonnes par an en France. Le gisement maximal est estimé à 100.000 tonnes par an. Greenea, société française de conseil et courtage en biocarburants et matières premières résiduelles, estime à 50.000 tonnes la quantité d’huiles de cuisson usagées pouvant être collectées en France par an. L’entreprise avertit sur le manque d’huiles usagées ou autres déchets adaptés à la production de biocarburants sur le marché mondial.

Par ailleurs, selon l’association Les Amis de la Terre, Total aura besoin, au moins dans un premier temps, de 100.000 tonnes de dérivés d’huile de palme pour pour faire fonctionner le site de La Mède. Parmi ces dérivés font partie les acides gras de palme (PFAD) utilisés aussi par Neste. La compagnie pétrolière explique sur sa page internet pourquoi ces acides gras de palme (PFAD) doivent être considérés comme des « déchets » pour la production de son biocarburant de technologie avancée (advanced biofuel). . Sous le titre « biocarburants avancés - notre futur dès aujourd’hui », Neste écrit qu’à l’heure actuelle plus de la moitié des matières premières (pour la production de biocarburants sont des déchets et restes comme les graisses animales ou acides gras de palme (PFAD).

Il faut néanmoins se poser la question s’il faut ou non considérer les acides gras de palme (PFAD) et autres produits similaires comme des déchets. Selon une analyse, il y a environ 3 millions de tonnes - soit 5% de la production mondiale d’huile de palme - de PFAD chaque année. Les acides gras de palme (PFAD) sont une matière première de grande qualité dont le prix est environ 85% de celui de l’huile de palme raffinée. Ils sont utilisés à la production d’aliments pour animaux d’élevage et par l’industrie de la chimie.

Pourquoi l’industrie pétrolière investit-elle dans les biocarburants HVO ?

Les analystes de Greenea donnent des raisons pour expliquer les investissements des grandes compagnies pétrolières dans le HVO : les biocarburants HVO ont une qualité supérieure à la norme européenne NF EN 14214 en application pour les biodiesel. Et cette qualité HVO peut être obtenue à 100% à partir des matières premières les moins chères comme l’huile de palme, les PFAD (acides gras de palme) ou des restes de l’industrie de la viande (high FFA animal fat). De plus, au contraire du biodiesel conventionnel (esters méthyliques d’acide gras - EMAG), le biocarburant HVO résiste aux basses températures : il peut être utilisé dans les régions les plus froides du globe ainsi que dans l’aviation en substitution du kérosène. Pour satisfaire aux standards de la norme européenne, le biodiesel conventionnel doit contenir au moins 50% d’une huile végétale de meilleure qualité et plus chère comme le colza. L’huile de palme constitue pour les producteurs de biocarburant HVO un avantage financier et compétitif.

Greenea ajoute que les fabricants de HVO améliorent leur bilan carbone en utilisant des graisses animales et huiles végétales usagées. Il en va aussi d’une décision stratégique. L’huile de palme étant toujours plus décriée en Europe, les fabricants de carburant HVO doivent chercher à faire reconnaître leur production comme durable.

L’industrie des biocarburants souffre de la baisse de la demande. Le groupe espagnol Abengoa a évité de justesse la faillite en 2016. D’autres producteurs ont dû fermer certains de leur sites. Le groupe français Avril, plus gros producteur européen de biocarburants, a ainsi fermé deux raffineries à Cappelle-la-Grande et Venette en 2013.

Biocarburants avancés

En raison des impacts négatifs des biocarburants conventionnels sur l’environnement, le climat et les humains, l’Union européenne souhaite à l’avenir soutenir les carburants dits « avancés » (appelés aussi biocarburants de deuxième génération). Ces derniers doivent être principalement produits à partir de résidus agricoles comme la paille, des déchets issus de la culture et de l’extraction de l’huile de palme, ou encore de culture d’algues par exemple.

Jusqu’ici, les biocarburants sont produits à partir de denrées alimentaires : huiles de palme, de colza, de tournesol et de soja pour le biodiesel ; maïs, blé, canne à sucre et betterave pour l’éthanol (incorporé dans le Super et l’E10).

Directive européenne sur les énergies renouvelables

Le Conseil et le Parlement européen ainsi que les États membres de l’UE sont en train de négocier le nouveau contenu de la directive européenne sur les énergies renouvelables sur la base du projet de révision datant du 30 novembre 2016. Le Parlement européen a appelé de son côté dans une résolution adoptée le 4 avril 2017 à supprimer dans la future directive les carburants produits à partir d’huiles végétales et en particulier de l’huile de palme.

Total

Total S.A. est une « supermajor » faisant partie des six plus gros groupes pétroliers et gaziers de la planète. Selon ses propres chiffres, 882 entreprises font partie du groupe. 2,35 millions de barils équivalents pétrole d’hydrocarbures produits par jour (Mbep/j) en 2015 en provenance d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Le groupe gère au total 9.154 stations-service en Europe, 4.217 en Afrique, 1.372 en Asie du Sud-est, 816 au Proche-Orient et 864 sur le continent américain.

Sources et informations supplémentaires

En français

Total

En anglais

Greenea

Neste

 

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

  • M. Patrick Pouyanné, Président-directeur Général de Total SA

Siège social de Total SA
Tour Coupole
2 place Jean Millier
La Défense 6
92400 Courbevoie
Tél : +33 (0)1 47 44 60 00
Formulaire de contact

  • Gouvernement français

 

Lettre

Au PDG de Total Patrick Pouyanné, aux autorités françaises et européennes

Madame la Ministre, Monsieur le Ministre,
Madame la Députée, Monsieur le Député,
Monsieur Pouyanné,

Je vous demande d’abandonner le projet de bio-raffinerie de La Mède dont le but est la production de carburants à base d’huiles végétales.

L’intégralité des biocarburants à base d’huiles végétales - et particulièrement à base d’huile de palme - ont un bilan climatique négatif, comme l’indique l’étude GLOBIOM commandée par l’Union européenne.

L’établissement de plantations de palmiers à huile provoque déforestation tropicale, expulsion des populations de leurs terres et violations des droits humains.

Le Parlement européen réclame à une écrasante majorité l’arrêt de la production de biocarburants à base d’huile de palme et autres huiles végétales. L’utilisation de l’huile de palme dans les biocarburants doit cesser complètement d’ici à 2020 selon le vote des députés.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Madame la Députée, Monsieur le Député, Monsieur Pouyanné, l’expression de mon profond respect.

Mises à jour

Cette pétition est également disponible en :

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