Série NETFLIX : un vrai danger pour les singes hurleurs

Singe Hurleur noir (Alouatta carayá) avec sur fond noir avec le texte "en danger" NETFLIX Original : un programme dangereux pour les singes hurleurs (© Jodi Jacobson/iStock - Collage Sauvons la forêt)

La nouvelle série de Netflix «72 animaux dangereux en Amérique latine» accuse à tort les singes hurleurs de transmettre la fièvre jaune aux humains. Ce mythe est à l’origine du massacre de nombreux singes depuis longtemps. Avec son programme, Netflix menace les acquis des campagnes de sensibilisation et la conservation des primates.

Lettre

À Ted Sarandos, Directeur des Programmes de Netflix

Netflix doit arrêter la diffusion du 7ème épisode de sa série « 72 animaux dangereux en Amérique latine » à l’échelle mondiale.

Afficher la lettre de pétition

Le 22 décembre 2017, le leader mondial du streaming vidéo Netflix met en ligne le 7ème épisode de sa série maison « 72 animaux dangereux en Amérique latine ». Dans la ligne de mire : les singes hurleurs accusés de transmettre la fièvre jaune aux humains.

Problème : la fièvre jaune est une maladie mortelle transmise par les moustiques, et uniquement par eux, aux humains. Elle est propagée dans les zones saines par les moustiques et humains contaminés.

Les singes hurleurs sont souvent accusés de transmettre la fièvre jaune aux humains : ce qui est scientifiquement FAUX ! La maladie ne reste pas dans leur corps. Soit ils en meurent rapidement, soit ils développent une immunité. Les singes hurleurs jouent au contraire un important rôle de sentinelle : leurs corps trouvés morts ou agonisant alertent populations et autorités locales d’une nouvelle épidémie.

Ces mythes sur les singes hurleurs, largement relayés par les médias, se sont répandus dans la population pendant l’épidémie de fièvre jaune de 2007-2009 au Brésil. Les populations locales avaient ainsi commencé à massacrer des singes en croyant se prémunir contre la maladie.

Il est crucial de protéger les singes hurleurs qui, en plus de leur rôle de sentinelles, sont menacés d’extinction selon l’UICN. Une campagne a été lancée en 2009 afin de promouvoir la vaccination des humains et de sensibiliser au rôle protecteur des singes contre la maladie. Cette campagne, nommée « Protégeons nos Anges Gardiens », a été relancée en 2017 et soutenue par de nombreux scientifiques et organisations.

L’épisode sensationnaliste et mal informé de Netflix met à mal la campagne de sensibilisation qui combat justement les mythes véhiculés sur la fièvre jaune. Pire, il menace les singes hurleurs d’un nouveau massacre de masse. Exigeons l’arrêt immédiat de sa diffusion.

Contexte

Sources et informations supplémentaires


Destinataire de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement son destinataire :

  • M. Ted Sarandos, Directeur des Programmes de Netflix

Netflix, Inc.
100 Winchester Circle
Los Gatos, CA 95032
États-Unis
Courriel: pr@netflix.com

Sans oublier les réseaux sociaux :
Twitter: https://twitter.com/netflix & https://twitter.com/NetflixFR


Soutien scientifique international de la pétition

La lettre de pétition a été signée par plus de 60 scientifiques de par le monde,

  • Júlio César Bicca-Marques, Pontifícia Universidade Católica do Rio Grande do Sul, Brazil
  • Cláudia Calegaro-Marques, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brazil
  • Óscar M. Chaves, Pontifícia Universidade Católica do Rio Grande do Sul, Brazil
  • Paul A. Garber, University of Illinois at Urbana-Champaign, USA
  • Russell A. Mittermeier, Primate Specialist Group/ International Union for Conservation of Nature, USA
  • Anthony B. Rylands, Primate Specialist Group/ International Union for Conservation of Nature, USA
  • Karen B. Strier, University of Wisconsin-Madison, USA
  • Alejandro Estrada, National Autonomous University of Mexico, Mexico
  • Janette Wallis, University of Oklahoma, USA
  • Colin A. Chapman, McGill University, Canada
  • Michael A. Huffman, Kyoto University Primate Research Institute, Japan
  • Nancy G. Caine, California State University San Marcos, USA
  • Marco A. B. de Almeida, Centro Estadual de Vigilância em Saúde/RS, Brazil
  • Alessandro Pecego Martins Romano, Universidade de Brasília, Brazil
  • Márcio Port-Carvalho, Instituto Florestal, Brazil
  • Eduardo B. Ottoni, Universidade de São Paulo, Brazil
  • Patrícia Izar, Universidade de SãoPaulo, Brazil
  • Martin Kowalewski, National Scientific and Technical Research Council, Argentina
  • Mariana Raño, National Scientific and Technical Research Council, Argentina
  • Leonardo de C. Oliveira, Universidade do Estado do Rio de Janeiro, Brazil
  • Vanessa B. Fortes, Universidade Federal de Santa Maria, Brazil
  • Ítalo Mourthé, Universidade Federal do Pará, Brazil
  • Mélissa Berthet, University of Neuchâtel, Switzerland
  • Fabiano R. de Melo, Universidade Federal de Viçosa, Brazil
  • Sarie Van Belle, University of Texas in Austin, USA
  • Stacey Tecot, University of Arizona, USA
  • Paulo Henrique Gomes de Castro, Centro Nacional de Primatas, Brazil
  • Waldney Pereira Martins, Universidade Estadual de Montes Claros, Brazil
  • Cecília Kierulff, Universidade Federal do Espírito Santo, Brazil
  • Eleonore Z. F. Setz, Universidade Estadual de Campinas, Brazil
  • Julio Cesar de Souza Jr., Fundação Universidade Regional de Blumenau, Brazil
  • Cristiane Cäsar, Pontifícia Universidade Católica de Minas Gerais, Brazil
  • Marcia Maria de Assis Jardim, Fundação Zoobotânica do Rio Grande do Sul, Brazil
  • Fernanda Pozzan Paim, Instituto de Desenvolvimento Sustentável Mamirauá, Brazil
  • Sergio Lucena Mendes, Universidade Federal do Espírito Santo, Brazil
  • Elisandro Oliveira dos Santos, Universidade Luterana do Brasil, Brazil
  • Julie Wieczkowski, State University of New York at Buffalo, USA
  • Guillaume Dezecache, Institut Jean Nicod, France
  • Thais Leiroz Codenotti, Associação para a Conservação da Vida Silvestre, Brazil
  • Michelle A. Rodrigues, University of Illinois at Urbana-Champaign, USA
  • Gilza Maria de Souza Franco, Universidade Federal da Fronteira Sul, Brazil
  • Eliara Solange Müller, Universidade Comunitária da Região de Chapecó, Brazil
  • Helena P. Romanowski, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brazil
  • Clarice B. Fialho, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brazil
  • Liliana Essi, Universidade Federal de Santa Maria, Brazil
  • Fabíola Dalmolin, Universidade Federal da Fronteira Sul, Brazil
  • Lucas Krüger Garcia, Universidade Comunitária da Região de Chapecó, Brazil
  • Maria Elisabeth Kleba, Universidade Comunitária da Região de Chapecó, Brazil
  • Anna Maria Siebel, Universidade Comunitária da Região de Chapecó, Brazil
  • Felipe Klein Ricachenevsky, Universidade Federal de Santa Maria, Brazil
  • Yaëlle Bouquet, Université de Neuchâtel, Switzerland
  • Geraldo Ceni Coelho, Universidade Federal da Fronteira Sul, Brazil
  • Mariana Labão Catapani, Universidade de São Paulo, Brazil
  • Daniel Galiano, Universidade Federal da Fronteira Sul, Brazil
  • José Julián León Ortega, Université de Neuchâtel, Switzerland
  • Gerson Paulino Lopes, Universidade Federal do Amazonas, Brazil
  • Mariana Nagy Baldy dos Reis, University of Alberta, Canada
  • Margarita Briseño Jaramillo, Instituto Politecnico Nacional, Mexico
  • Rogério Grassetto Teixeira da Cunha, Universidade Federal de Alfenas, Brazil
  • Renata G. Ferreira, Universidade Federal do Rio Grande do Norte, Brazil
  • Maria Adélia Borstelmann de Oliveira, Universidade Federal Rural de Pernambuco, Brazil

et soutenue par l'International Primatological Society (IPS - en français Société internationale de primatologie) dans une lettre ouverte adressée à Neflix.


 

Lettre

À Ted Sarandos, Directeur des Programmes de Netflix

Monsieur Sarandos,

Netflix a mis en ligne le 22 Décembre 2017 une série produite par Showrunner Production intitulée « 72 animaux dangereux en Amérique latine ». Le 7ème épisode de cette série prétend que les singes hurleurs sont dangereux car ils peuvent transmetre la fièvre jaune aux humains.

Cette affirmation est fausse : il est en effet largement reconnu par la communauté scientifique que la maladie est transmise par les moustiques. Le mythe selon lequel les singes hurleurs transmettraient la maladie, largement relayé par les médias, s’est répandu rapidement dans la population pendant la crise de fièvre jaune de 2007-2009 au Brésil. Le principal résultat fut le massacre de masse inutile de singes hurleurs par des personnes inquiètes de tomber malades.

Les singes hurleurs vivant dans les régions au Sud de l’Amazone sont menacés d’extinction selon l’UICN. De plus, ils jouent le rôle essentiel de sentinelles de la fièvre jaune : leur mort signale la présence de la maladie aux autorités locales et du besoin de vacciner les populations. Les campagnes de prévention telles que « Protégeons nos Anges Gardiens » et «Des Célébrités contre la Fièvre Jaune », relancées en 2017 avec le support de 29 ONGs, institutions éducatives, scientifiques et gouvernementales, promeuvent la vaccination et sensibilisent les populations sur le rôle protecteur des singes hurleurs contre la maladie.

Cependant, les populations croient souvent plus les médias de masse que les études scientifiques. De par sa large audience, Netflix a un impact très fort sur les mentalités et a donc la responsabilité de diffuser dans ses documentaires des informations de qualité, validées par des scientifiques. Cet épisode va à l’encontre des campagnes de sensibilisation massives qui combattent les mythes véhiculés sur la fièvre jaune et protègent les singes hurleurs contre de futurs massacres de masse.

Nous demandons à Netflix d’arrêter de diffuser cet épisode mensonger et sensationnaliste dans le monde entier et d’être plus rigoureux dans ses choix de documentaires à l’avenir.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur Ted Sarandos, l'expression de nos respectueuses salutations.

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