Non aux méga-plantations dans les tourbières de Bornéo !

Orang-outan dans le Kalimantan central (Bornéo) Les forêts tourbeuses de Bornéo abritent orangs-outans, nasiques, ours malais et panthères nébuleuses (© Rita Sastrawan) Un enfant marche un sol tourbeux encore fumant à Katingan à Bornéo (Indonésie) Planter du riz dans les sols tourbeux est voué à l’échec (© Wetlands International) Zone de tourbières déboisées dans le centre de Kalimantan pour le projet de rizières d'un million d'hectares Les tourbières intactes stockent le carbone, les abattages réchauffent le climat (© Rita Sastrawan)

Le gouvernement indonésien poursuit un projet insensé qui pourrait avoir des conséquences pour tous les habitants de la planète : convertir les tourbières de Bornéo en immenses rizières. Une coalition de près de 200 organisations indonésiennes dit NON à ce plan. Soutenez-la avec votre signature.

Appel

Au Président Joko Widodo, au Ministre de l'environnement et des forêts Siti Nurbaya Bakar, au Gouverneur du Kalimantan central Sugianto Sabran, au Chef du district de Pulang Pisau Eddy Pratowo, au directeur de l'Agence de la tourbe Nazir Foead

“Arrêtez le projet Cetak Sawah / Food Estate, dont la poursuite signifierait une nouvelle catastrophe environnementale et climatique.”

Afficher la lettre de pétition

Avec Food Estate, le président Joko Widodo et son gouvernement projettent l’installation de 300 000 hectares de rizières à Bornéo afin d’assurer la sécurité alimentaire de la population. Le nom originel du projet « Cetak Sawah » était bien plus explicite : littéralement, « imposer les rizières ». Mais cela aura un prix, car certaines des plantations seront développées sur des tourbières, dont l’assèchement et la dégradation des sols provoquent émissions permanentes de gaz à effet de serre ainsi que de nombreux conflits.

L’une des zones visées est située dans le Kalimantan central, province où le gouvernement du dictateur Suharto avait fait déboiser 1,4 million d’hectares de forêts tourbeuses dans les années 1990. L’objectif annoncé était le même qu’aujourd’hui : la sécurité alimentaire grâce à la culture industrielle à grande échelle du riz.

Les forêts de tourbières d’Indonésie sont essentielles à la protection du climat mondial. La tourbe stocke 20 fois plus de carbone que les sols minéraux. La destruction des tourbières représente entre 13 et 40 % des émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre.

Une coalition regroupant près de 200 organisations indonésiennes s’élève contre ce nouveau plan insensé. Le gouvernement indonésien n’a-t-il donc rien appris de ses erreurs passées ? Où est la volonté politique de prendre enfin au sérieux la restauration des tourbières ? Et pourquoi le gouvernement considère-t-il l’agriculture industrielle comme la solution au lieu de promouvoir une utilisation diversifiée des terres agricoles par des petits exploitants ?

Les organisations indonésiennes ont besoin du soutien de la communauté internationale. Soutenez leur revendication :

« Nous rejetons les plantations de riz sur les sols tourbeux du Kalimantan central et des autres régions d’Indonésie ! »

Contexte

Crimes environnementaux dans les forêts de tourbières de Bornéo

Les habitants de Bornéo souffrent depuis des décennies d’une pollution atmosphérique extrême due aux incendies de forêts, de plantations et de tourbières en particulier. Depuis plus de vingt ans, l’Indonésie est l’un des acteurs majeurs du changement climatique, principalement en raison des feux de tourbe.

Le foyer principal des incendies se trouve encore à ce jour sur le site d’un méga-projet de rizière datant des des années 1990 : PLG (Pengembangan Lahan Gambut soit « développement des tourbières »). Ce projet d’un million d’hectares  a été un échec sur tous les plans - écologique, économique et social. Une partie des forêts de tourbières de la région ont été détruites et, avec elles, de précieux habitats pour les orangs-outans, singes nasiques, ours malais et panthères nébuleuses. Les populations locales ont été déplacées, et pourtant aucun riz n’y pousse réellement - même pas en culture humide - parce que le sol est trop acide. De nombreux migrants venus d’autres îles ont quitté la région, déçus. Pire encore,  les anciennes tourbières sont encore à ce jour drainées, asséchées, détruites, dégradées et incandescentes et brûlent de l’intérieur.

La plupart des efforts pour réhydrater et reboiser la zone faite de couches de tourbe d’un mètre d’épaisseur et de nombreux dômes ont échoué. Bloquer les canaux de drainage afin que l’eau puisse à nouveau s’infiltrer dans les couches de tourbe est une tâche colossale et coûteuse. Par ailleurs, les propriétaires des nombreuses plantations de palmiers à huile et de mines qui se sont répandues dans la région n’ont aucun intérêt pour les marécages et les tourbières.

La conversion en rizières des tourbières dégradées et des forêts tourbeuses encore intactes ne fera qu’aggraver la catastrophe climatique sans rien faire pour la sécurité alimentaire, l’expérience montrant que le riz ne pousse pas ici.

La sécurité alimentaire en cultivant du riz dans les tourbières ?

Le gouvernement a de nouveau annoncé en 2017 sa volonté d’assurer la sécurité alimentaire en établissant des rizières à Bornéo, y compris sur les sols tourbeux. Ce plan n’a pas encore été mis en œuvre malgré l’intérêt manifeste d’investisseurs pour des plantations exploitées avec une technologie moderne. L’une des raisons est la présence dans la région de projets climatiques et de protection des forêts. La destruction des tourbières provoque des émissions extrêmement élevées et leur conservation a un grand impact bénéfique pour le climat. L’établissement de rizières à grande échelle mettrait en péril les avantages climatiques des programmes de restauration des tourbières asséchées.

Le gouvernement indonésien semble vouloir profiter de la pandémie COVID-19 pour faire passer le plan en procédure accélérée et sans la participation de la population. Cependant, des groupes de la société civile locale mettent en garde contre le projet. Ils affirment qu’il va échouer et qu’il ne produira, en lieu et place du riz, que de graves conflits sociaux et dommages environnementaux.


Stop au « Food Estate » Cetak Sawah sur les tourbières du Kalimantan central !

Nous ne voulons pas d’une nouvelle catastrophe !

Dans une déclaration d’organisations de la société civile d’Indonésie, près de 200 groupes et militants écologistes demandent une véritable réforme agraire basée sur la diversité agricole existante et rejettent les mégaplantations qui appauvrissent de nombreux petits agriculteurs et autochtones.

Depuis quelques semaines, le gouvernement indonésien entonne à nouveau le vieux refrain des « rizières sur les tourbières » et ressert à la population ses promesses vaines de bols de riz pleins. Il faudrait faire surgir ces rizières des sols tourbeux alors que dans le même temps, des forêts et des champs sont détruits dans des buts non alimentaires. Les agriculteurs sont criminalisés et les conflits autour des terres cultivables réduisent l’habitat et la souveraineté alimentaire de la population, le tout en plein milieu d’une pandémie.

Au cœur de la pandémie de Covid 19, la crise alimentaire a servi de prétexte au gouvernement pour faire avancer son nouveau projet de rizières sur le territoire de l’ancien PLG (Pengembangan Lahan Gambut ou « développement des tourbières », un projet « riz » d’un million d’hectares sur les tourbières). Ce projet « riz » est entré dans les annales comme une catastrophe. Les forêts tourbeuses ont été détruites, les sols tourbeux ne s’en sont jamais remis et ce projet a été la source d’une destruction environnementale et la cause principale des incendies de tourbières de ces deux dernières décennies. Tout effort de restauration est resté sans succès à ce jour. Cet échec est la conséquence du manque de volonté politique du gouvernement. Au lieu de tirer les enseignements qui s’imposent du cas PLG, le gouvernement envisage tout au contraire d’établir 300 000 hectares de rizières précisément à cet emplacement. Il va même jusqu’à en faire la promotion comme d’un projet stratégique national, sans la moindre transparence, sans l’appui d’études scientifiques et sans aucune participation de la population. Le ministère de l’environnement et des forêts tente actuellement de contourner cette dernière et de substituer une « Évaluation environnementale stratégique rapide » à une réelle étude d’impact environnemental, sans consulter la population et abstraction faite des libertés civiles et des aspects environnementaux.

Nous demandons au gouvernement de ne pas répéter les erreurs du passé et d’éviter une nouvelle catastrophe. Le gouvernement doit cesser d’utiliser la pandémie comme prétexte pour exploiter les tourbières. Notre message est clair est sans appel : NON ! Nous exigeons la fin du projet sur la base des considérations suivantes :

Premièrement : ce projet va accroître les pertes publiques !

La sinistre expérience passée devrait suffire à mettre un terme à ce projet. Sous les précédents gouvernements, le PLG (projet « riz » d’un million d’hectares sur les tourbières) lancé en 1995 sous le président du « Nouvel ordre » Suharto, selon le décret présidentiel 82/95, et définitivement aboli par le décret présidentiel 33/98 du gouvernement de BJ Habibie en 1998, a lamentablement échoué. Cet échec s’explique par un manque de compréhension et par l’absence d’études socio-environnementales sur les écosystèmes de tourbières. Au bas mot, ce projet a coûté 1,6 millier de milliards de rupiahs (100 millions d’euros). La zone concernée n’est quant à elle jamais devenue le grenier à riz de l’Indonésie. Au lieu de cela, des plantations de palmiers à huile s’y élèvent aujourd’hui. Le fait que le projet PLG ait été financé à l’aide de capitaux issus du fonds de reforestation prévu initialement pour la restauration des forêts est proprement sordide.

Au moins deux décisions politiques importantes sur la restauration des tourbières ont suivi l’échec du projet PLG. Tout d’abord le décret présidentiel 80/1999, par lequel une indemnisation a été versée à la population concernée, puis le décret 2/2007 qui a dégagé 3,9 milliers de milliards de rupiahs (240 millions d’euros) pour la restauration des tourbières. Cependant, l’utilisation exacte de ces fonds est restée floue. Après les incendies de 2015, l’autorité responsable des tourbières BRG a récupéré l’ancienne zone du PLG. Ses opérations de restauration, également financées par des fonds publics, étaient la priorité absolue, mais n’ont eu que des résultats négligeables. En Indonésie, tout semble indiquer que les vastes plantations de riz financées par l’État et tenues par des entreprises privées sont invariablement vouées à l’échec et teintées de corruption. La destruction des zones de tourbières coûte encore plus cher à l’État : dégâts économiques dus aux incendies, coûts liés à la lutte contre les incendies et appauvrissement de la population.

Deuxièmement : ce projet détruit l’environnement et en fait payer les conséquences à la population !

Mettez un terme à la destruction de la nature et cessez de sacrifier la population. Ce système économique a échoué et le modèle de développement qui repose sur l’exploitation des ressources naturelles a des conséquences graves pour la survie sur notre planète et pour l’avenir de l’humanité. La planète doit aujourd’hui faire face à deux problèmes sérieux : la crise climatique et la crise sanitaire. Et ceci en raison de la défaillance du gouvernement à protéger l’intérêt public et de l’avidité des entreprises qui continuent à tirer profit de la destruction de la nature. Les tourbières sont des écosystèmes uniques extrêmement importants pour l’équilibre du climat et la protection de la biodiversité dans les zones humides. Elles permettent également d’enrayer les zoonoses découlant de la destruction de la nature.

Le plan du gouvernement d’établir des rizières sur les zones de tourbières prouve encore une fois qu’il ne se soucie pas de la protection de cet écosystème. Ce projet aura des conséquences sérieuses et dessine un avenir destructeur et catastrophique en toute connaissance de cause du gouvernement. L’ancien projet « riz » d’un million d’hectares (ex PLG) est d’ores et déjà une catastrophe. La riche biodiversité est détruite ou menacée. Cette région marécageuse abrite le Ramin (Gonystylus bancanus) ou encore le Shorea balangeran, des essences endémiques dans les zones de tourbières. L’habitat naturel des orangs-outans a disparu pour faire place à plusieurs milliers de kilomètres de canaux principaux et secondaires, à l’origine de l’assèchement des tourbières et des incendies désastreux dans le Kalimantan central, ressentis jusque dans les pays voisins. Les incendies de forêt ont également de lourdes conséquences sur la santé des citoyens, comme les maladies respiratoires et la mort prématurée. Ils souffrent en plus de la libération d’émissions de gaz à effet de serre.

Après les terribles incendies de 1997 qui avaient ravagé toute la région en consumant 80% du paysage et en libérant 150 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère, cette zone est devenue chaque année un foyer d’incendie. Les principaux points chauds se situaient également ici en 2015 et en 2019 : 465 003 hectares sont partis en fumée, soit 39% de la zone incendiée totale du Kalimantan central. Ce sont les mêmes surfaces qui ont brûlé plusieurs fois.

L’échec du gouvernement à protéger le droit à un environnement sain a été confirmé juridiquement. Le gouvernement a officiellement enfreint la loi, comme l’a confirmé la Cour suprême dans son arrêt 3555/K/Pdt/ 2018 du 16 juillet 2019. Ce dernier avait été prononcé après une plainte au civil des citoyens. Ils exigeaient du gouvernement qu’il fixe des mesures de lutte contre les incendies et place les zones de tourbières sous protection. Les projets de rizières sur les tourbières montrent une nouvelle fois l’ignorance du gouvernement qui veut exploiter les zones de tourbières au lieu de les protéger et de les restaurer.

Troisièmement : le gouvernement devrait mettre la production des denrées alimentaires entre les mains des agriculteurs et leur céder le droit aux terres.

Après l’échec du PLG, le gouvernement aurait dû restaurer la zone affectée. La population est en droit de recevoir une indemnisation, comme cela a déjà été le cas auparavant. Mais dans les faits, l’inégalité de l’utilisation des terres s’accroît et des conflits fonciers éclatent régulièrement. Ceci est dû à la décision politique d’accorder des autorisations de plantations de palmiers à huile pour une grande partie du PLG. De cette manière, il est possible de transgresser aussi bien l’ordonnance sur l’aménagement du territoire que d’autres dispositions légales si les autorisations sont octroyées en forêt ou sur des zones de tourbières protégées. Ces violations sont commises au vu et au su de tous, mais ne font malgré tout l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Il en résulte des conflits fonciers et l’accaparement de terres indigènes. Les traditions agricoles et piscicoles qui régulent parfaitement une utilisation respectueuse de l’environnement sont détruites et, par la même occasion, l’utilisation communautaire des terres par les autochtones disparaît. L’installation de migrants venus d’autres îles (transmigrants) a également modifié la structure sociale et les formes traditionnelles de propriété des terres dans certaines régions. Lorsque les systèmes publics de titres fonciers se heurtent aux représentations traditionnelles des terres, des conflits éclatent.

À l’appui des réflexions ci-dessus, nous, coalition d’organisations de la société civile issues des secteurs de l’environnement et des droits des indigènes, déclarons :

« Nous rejetons les plantations de riz sur les sols tourbeux du Kalimantan central et des autres régions d’Indonésie ! » 

En temps de pandémie, le gouvernement devrait mettre les ressources naturelles au premier plan pour éviter la propagation du Covid-19. Parallèlement à la gestion du risque direct posé par le Covid-19, le gouvernement doit également contribuer à freiner le changement climatique incontrôlé et maintenir la montée globale des températures en dessous de 1,5 degré. Un changement radical du système agricole et de l’utilisation des terres à grande échelle s’impose. Nous avons besoin d’une véritable réforme agraire basée sur la souveraineté alimentaire et le savoir local. C’est là le seul moyen d’améliorer à long terme la santé publique et l’utilisation durable de la nature. À l’heure actuelle, le gouvernement doit promouvoir la diversité alimentaire et les variantes locales dans les différentes régions de l’Indonésie. Il doit promouvoir l’agriculture paysanne sur des surfaces adaptées ou sur d’anciennes plantations et terres minérales dégradées pour optimiser la production de denrées alimentaires. Il doit mettre des technologies simples à la disposition des agriculteurs et renoncer à l’agriculture de grande échelle, aux technologies coûteuses et à l’agriculture sur les sols tourbeux.

De plus, nous demandons au gouvernement de cesser l’évacuation de surfaces agricoles au profit d’infrastructures, de mines et de plantations de palmiers à huile. Une telle politique ne sert pas les intérêts de la population. Il est temps que l’agriculture et la production de denrées alimentaires, les deux piliers de l’Indonésie agricole, soient remises entre les mains des agriculteurs.

Pour la justice et l’environnement !

Coalition d’organisations de la société civile et d’individus

  • 1 Eksekutif Nasional Wahana Lingkungan Hidup Indonesia (WALHI)
  • 2 Greenpeace Indonesia
  • 3 Auriga
  • 4 ELSAM
  • 5 Pusaka
  • 6 Save Our Borneo
  • 7 JPIC Kalimantan
  • 8 LBH Palangkaraya
  • 9 Solidaritas Perempuan Mamut Menteng Kalteng
  • 10 Progress
  • 11 Jikalahari
  • 12 Yayasan Betang Borneo (YBB)
  • 13 Yayasan Anak Dusun Papua (YADUPA)
  • 14 Lembaga Studi dan Advokasi HAM (ELSHAM) Papua
  • 15 Pantau Gambut
  • 16 Andi Wijaya - LBH Pekanbaru
  • 17 AMAN Kalteng
  • 18 PP MAN
  • 19 PB AMAN
  • 20 MADANI
  • 21 Perkumpulan Hijau - Jambi
  • 22 Kaoem Telapak
  • 23 PILNET Indonesia
  • 24 WALHI Kalteng
  • 25 Asep Y. Firdaus
  • 26 Gemma Ade Abimanyu - DD WALHI Kalteng
  • 27 Kissworo DC – WALHI Kalsel
  • 28 Yohana Tiko – WALHI Kaltim
  • 29 Nicodemus Ale – WALHI Kalbar
  • 30 Rere Christanto - WALHI Jatim
  • 31 Ismail Alhabib - WALHI Jateng
  • 32 Jessix Amundian - WALHI Babel
  • 33 Halik Sandera - WALHI Yogyakarta
  • 34 Riko Kurniawan - WALHI Riau
  • 35 Tubagus Soleh Ahmadi - WALHI DKI Jakarta
  • 36 Murdani - WALHI NTB
  • 37 Abdul Haris - WALHI Sulteng
  • 38 Aiesh Rumbekwan - WALHI Papua
  • 39 Hairul Sobri - WALHI Sumsel
  • 40 Irfan Tri Mursi - WALHI Lampung
  • 41 I Made Juli Untung Pratama - WALHI Bali
  • 42 Uslaini - WALHI Sumbar
  • 43 Saharuddin - WALHI Sulawesi Tenggara
  • 44 Umbu Wulang - WALHI NTT
  • 45 Ahmad Rusydi Rasjid - WALHI Maluku Utara
  • 46 M. Nur - WALHI Aceh
  • 47 Muhammad Al Amin - WALHI Sulsel
  • 48 Rudiansyah - WALHI Jambi
  • 49 Meiki W Paendong – WALHI Jawa Barat
  • 50 Romes Ip - KALIPTRA Andalas
  • 51 Yohanes Akwan - Perkumpulan Bin Madag Hom Teluk Bintuni - Tanah Papua
  • 52 Sarah Agustio - Tim Kerja Perempuan dan Tambang
  • 53 Angga Septia - Perkumpulan Alami
  • 54 Susan Burdam (Individu)
  • 55 Khairuddin Zacky (PBH Kalimantan)
  • 56 EcoNusa
  • 57 Papua Itu Kita
  • 58 Perkumpulan Panah Papua
  • 59 Dewan Masyarakat Adat Momuna (DMAM) Papua
  • 60 LinkAr - Borneo
  • 61 Marko Mahin (Forma HOB/LSD-21)
  • 62 Yayasan Tanah Merdeka
  • 63 ICEL
  • 64 Konsorsium Pembaruan Agraria
  • 65 Elpagar
  • 66 HUMA
  • 67 Siti Maimunah, JATAM
  • 68 Forest Watch Indonesia
  • 70 JKPP
  • 71 RMI
  • 72 IHCS
  • 73 Perkumpulan Bahtera Alam
  • 74 Agus Sutomo, Kalimantan Barat
  • 75 NTFP- EP Indonesia
  • 76 Tjatur Kukuh S - Santiri Foundation
  • 77 Mukti Ali, Kawal Borneo
  • 78 FOKER LSM Papua
  • 79 Fian Indonesia
  • 80 HaKI
  • 81 debtWATCH Indonesia
  • 82 Genesis Bengkulu
  • 83 PPLH Mangkubumi - Jawa Timur
  • 84 JPIK
  • 85 Roedy Haryo Widjono AMZ, Nomaden Institute CrossCultural Studies
  • 86 Rahman Dako, Japesda Gorontalo
  • 87 Solidaritas Perempuan
  • 88 KIARA
  • 89 Barid Hardiyanto
  • 90 Kartini Samon, GRAIN
  • 91 Ahmad sja, Padi Indonesia
  • 92 Etnika Semesta Katulistiwa kaltara
  • 93 LBH Papua
  • 94 Papuan Voices Nasional
  • 95 Perkumpulan Terbatas Pengkajian dan Pemberdayaan Masyarakat Adat(pt.PPMA) Papua
  • 96 AMAN Sorong Raya
  • 97 Adi Syaputra Kelopak Bengkulu
  • 98 Papua Forest Watch (PFW)
  • 99 Sulteng Bergerak
  • 100 Jufriansyah, STABIL (Sentra Program Pemberdayaan dan Kemitraan Lingkungan), Kaltim
  • 101 YALI Papua
  • 102 Yayasan YAPHI Surakarta
  • 103 Peruati Kalimantan Tengah
  • 104 Pasah Kahanjak
  • 105 Jaringan Perempuan Borneo
  • 106 Peruati Kalimantan Selatan
  • 107 Sumiati Suryani-Aliansi Perempuan Kalimantan
  • 108 Komunitas Dayak Voices
  • 109 Taibah Istiqamah
  • 110 Ode Rakhman
  • 111 Wahana Tani Mandiri
  • 112 RETINA Institute
  • 113 Paulus A. Y. D.
  • 114 Anton P. Wijaya
  • 115 April Perlindungan, Buruh Harian Lepas
  • 116 Fajri NS
  • 117 Puan Mahakam - Kalimantan Timur
  • 118 Komunitas Pelangi Kalimantan Selatan
  • 119 SKPKC Fransiska Papua
  • 120 Louise Theresia
  • 121 SKP Kame - Merauke
  • 122 Gemapala Fak- Fak
  • 123 Trend Asia
  • 124 Kalbis Care Share
  • 125 BEM FMIPA UI
  • 126 BEM FH UI
  • 127 Jaga Rimba
  • 128 Novita Indri
  • 129 KPA ARKADIA UIN JKT
  • 130 KMPLHK RANITA UIN SYARIF HIDAYATULLAH JAKARTA
  • 131 MAGIPALA
  • 132 Ian Arya Danarko
  • 133 Brian Chafariz Nursidiq
  • 134 PKD MAPALA JABODETABEKA
  • 135 Benua Hijau Indonesia
  • 136 KMPA EKA CITRA UNJ
  • 137 Komunitas Island Not For Sale
  • 138 KMPA Manunggal Bhawana Institut Teknologi Indonesia
  • 139 MAPADIKA USNI
  • 140 PKW MAPALA Tangerang Selatan
  • 141 KMPLH Farmasi UHAMKA
  • 142 Rustandi Adriansyah, Lembaga Advokasi Rakyat, Palembang
  • 143 Juliade - LPMA
  • 144 Gusti Nordin Iman, Yayasan Sumpit (Kalsel)
  • 145 Rudy Redhani
  • 146 Institute for National and Democracy Studies (INDIES)
  • 147 Pembaru Indonesia
  • 148 Front Mahasiswa Nasional
  • 149 TuK Indonesia
  • 150 LEMBAH
  • 151 LBBT Pontianak
  • 152 Institut Menua Punjung (IMP)
  • 153 Norman Jiwan 

et bien d’autres

Lettre

Au Président Joko Widodo, au Ministre de l'environnement et des forêts Siti Nurbaya Bakar, au Gouverneur du Kalimantan central Sugianto Sabran, au Chef du district de Pulang Pisau Eddy Pratowo, au directeur de l'Agence de la tourbe Nazir Foead

Monsieur le Président,
Madame, Monsieur,

Une coalition d’organisations environnementales et d’écologistes indonésiens alerte contre le plan dévastateur de votre gouvernement d’établir, sur des sols tourbeux, 300 000 hectares de rizières exploitées de manière industrielle.

Sur la base de l’expérience acquise avec le projet PLG et des difficultés rencontrées pour restaurer les sols tourbeux défrichés et drainés, la coalition conclut que le nouveau plan sera très onéreux, mais qu’il ne fonctionnera très probablement pas. Le projet Cetak Sawah est destructeur pour l’environnement car il est basé sur l’exploitation de ressources naturelles. Ce type de politique économique met en danger la survie de l’humanité sur notre planète.

En cette période marquée par la crise du coronavirus et la catastrophe climatique toujours plus imminente, l’Indonésie devrait mettre en place une protection efficace de ses tourbières. Les sols tourbeux sont des écosystèmes uniques. Ils sont essentiels à la stabilisation du climat, à la protection de la biodiversité dans les zones humides et aident à fortiori à prévenir l’apparition de zoonoses, qui résultent de la destruction de la nature. L’Indonésie devrait faire preuve d’une volonté politique sérieuse pour limiter le changement climatique. Cela ne sera possible que si vous protégez les tourbières !

Chaque année, les habitants de Bornéo et d’autres îles indonésiennes ainsi que des États voisins doivent endurer fumée, poussière et incendies de forêt, avec pour conséquence des maladies respiratoires et parfois la mort. C’est tout de même le devoir de l’État de protéger la santé de ses citoyens !

La destruction des forêts peut également conduire à l’apparition de nouveaux virus nuisibles à l’homme. Il est ainsi incompréhensible que vous preniez des mesures contraires à ce qui est vraiment nécessaire en temps de pandémie, à savoir la renaturation des sols tourbeux et la protection des dernières forêts tropicales humides.

Dans une déclaration publique, la coalition a averti que la politique économique ne doit pas être basée sur l’exploitation des ressources naturelles. Elle demande au contraire à l’Indonésie de promouvoir une agriculture locale diversifiée.

Par le présent courrier, j’affirme mon soutien aux demandes formulées par les groupes et des défenseurs de l’environnement indonésiens, notamment parce que l’Indonésie a un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique ainsi que dans les pandémies, qui trouvent leur origine dans la destruction des forêts tropicales et donc des habitats de la faune.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’expression de notre profond respect.

La forêt tropicale en 5 minutes

La forêt tropicale est l’habitat naturel ayant la plus grande biodiversité au monde. Mais elle est gravement menacée. Chaque année elle perd environ 150.000 kilomètres carrés, soit plus de 40 terrains de football par minute ! 
Les arbres géants sont abattus pour l’industrie du bois et des meubles, ou pour faire place à des plantations immenses de palmiers à huile, de canne à sucre et de soja. Le poumon vert de la Terre disparait aussi à cause des mones d’or et de cuivre, de l’extraction de pétrole et des barrages électriques. Les conséquences sont dévastatrices :

•   Environ la moitié des espèces animales et végétales vivent dans les forêts tropicales. Orang-outans, tigres et toucans ont besoin de la forêt pour survivre. A cause de la déforestation, 150 espèces disparaissent chaque jour. 
•   60 millions d’autochtones vivent dans et de la forêt pluviale. Ils utilisent ses ressources sans la détruire. Mais ils sont de plus en plus souvent expulsés et menacés. 
•   Les forêts pluviales sont essentielles pour la stabilité du climat et la conservation des sols. Leur destruction aboutit à encore plus d’émissions de CO2 dans l’atmosphère, d’inondations et de glissements de terrains.

Telle est la réalité. Nous ne pourrons préserver les dernières forêts tropicales qu’avec votre aide !

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