À l’ONU : pour sauver la biodiversité, renforcez les droits des Autochtones !

Gardien de la forêt © Nathalie Weemaels

Près d’un million d’espèces sont menacées de disparaître. Afin d’y remédier, l’ONU souhaite faire adopter en décembre un plan pour classer 30% de la planète en aires protégées d’ici 2030. Un projet discutable qui démunirait, au lieu de renforcer, ceux qui ont su le mieux préserver la biodiversité jusqu’ici : les peuples autochtones.

Appel

À la secrétaire exécutive de la CDB Elizabeth Maruma Mrema, au Président de la République française Emmanuel Macron et aux États membres de la CDB

“Agir efficacement contre l’extinction des espèces ne se fait pas en créant toujours plus d’aires protégées mais en renforçant les droits des peuples autochtones”

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Les aires protégées peuvent jouer un rôle important dans la préservation de la biodiversité et du climat, mais elles ne sont pas la panacée.

Renforcer les droits, les connaissances et le mode de vie des peuples autochtones et d’autres communautés locales est souvent plus efficace. Des études montrent que la nature est en meilleur état là où les Autochtones ont des responsabilités et possèdent des droits fonciers.

Un programme comme le "30 % d’aires protégées en 2030" des Nations unies alerte les défenseurs de l’environnement et des droits humains, car jusqu’à 300 millions de personnes pourraient pâtir de la "protection" de régions où elles ont souvent jusqu’ici vécu en harmonie avec la nature.

Dans certaines zones, comme les parcs nationaux, s’applique une "protection forte", où humains et nature doivent être strictement séparés, au besoin par des rangers lourdement armés. Des violations des droits humains, allant jusqu’au meurtre, sont rapportées dans de nombreuses aires protégées.

« Il faut arrêter cette future spoliation des terres », déclare par exemple Ladislas Désiré Ndembet de l’organisation Synaparcam au Cameroun.

La création de nouvelles aires protégées peut-elle sauver la biodiversité ? Il est légitime d’en douter car, malgré l’immense quantité d’aires protégées qui existe déjà, les crises touchant à la diversité biologique et au climat se sont aggravées.

Plutôt que de fixer arbitrairement un objectif de 30 %, il serait plus judicieux d’améliorer la protection de la biodiversité avant tout dans les territoires où elle est la plus importante, comme les forêts tropicales.

Il est également indispensable de dépasser notre modèle économique et notre style de vie fondés sur une consommation excessive de ressources, de produits agricoles et d’énergie.

Face à l’extinction des espèces, nous avons besoin de solutions efficaces au lieu d’approches insuffisantes. Demandons à la communauté internationale de renforcer les droits des peuples autochtones.

Contexte

Combien y a-t-il d’aires protégées ?

Le monde compte 253 368 aires terrestres protégées (chiffre de juin 2022), pour une superficie totale d’environ 21 millions de km2, soit cinq fois l’Union européenne. Le plan des Nations unies "30 % en 2030" doublerait à peu près cette superficie.

Quels sont les différents types d’aires protégées ?

Il existe de nombreux types et catégories d’aires protégées dans le monde. Elles diffèrent surtout les unes des autres par ce qui est considéré comme digne de protection, qui est responsable, ce qui est permis et ce qui est interdit. Vous trouverez ici un aperçu global.

En France, il existe une douzaine de catégories d’aires protégées dont les parc nationaux, les réserves naturelles nationales et les parcs naturels régionaux ainsi que des sites Natura 2000 reconnus dans l’Union européenne. 

Au niveau international, un rôle éminent est joué par les sites inscrits au Patrimoine mondial et les Réserves de biosphère de l’Unesco ainsi que les sites Ramsar (zones humides). L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe les aires protégées en six catégories (1 à 6).

La Convention sur la diversité biologique (CDB) fait référence aux "aires protégées" et "autres mesures de conservation efficaces par zone".

Raisons de la controverse actuelle sur les aires protégées

L’un des principaux moteurs de l’intense débat est le projet des Nations unies et de nombreux pays de placer 30 % de la surface de la planète sous protection. Le WWF et certains scientifiques demandent même 50 % d’aires protégées. 

Pour la conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP 15) qui se tiendra à Montréal en décembre 2022, la CDB propose l’objectif "30x30", qui consiste à classer 30 % des surfaces terrestres et marines de la planète en aires naturelles protégées d’ici 2030. 

Cet accord-cadre ("Post-2020 Global Biodiversitiy Framework") déterminera la politique internationale de protection de la nature lors des prochaines décennies, bien au-delà de 2030. Les mauvaises décisions seront difficiles à corriger.

D’où vient le chiffre de 30 % comme objectif ?

Dès 2011, la communauté internationale s’était fixé pour objectif de placer sous protection au moins 17 % des aires terrestres et 10 % des aires marines d’ici 2020. Cependant, aucun de ces objectifs d’Aichi n’a été pleinement atteint. Il en va de même pour les objectifs de développement durable (ODD).

Nous pouvons sans risque considérer le chiffre de 30 % comme un simple outil de marketing.  "30 en 30" est plus facile à mémoriser que "25 en 2030" ou "40 en 2025". En tout cas, ce chiffre ne repose sur aucune base scientifique. En juin 2022, une étude publiée dans la revue Science a fixé l’objectif de protection à 44 % de la surface terrestre de la Terre (un territoire où vivent 1,8 milliard de personnes). Le célèbre biologiste Edward O.Wilson avait de son côté le projet de réserver la moitié de la Terre à la vie sauvage, l’autre moitié revenant aux humains dans un partage équitable.

Selon une étude réalisée en 2020, il suffirait toutefois d'augmenter la superficie des aires protégées de 2,3 % pour protéger presque toutes les espèces rares ou menacées. Il convient de noter que les auteurs de cette étude soutiennent néanmoins l’objectif de 30 %. 

Un pourcentage a-t-il un sens ?

C’est discutable. On pourrait, par exemple, atteindre le chiffre de 30 % en protégeant le Sahara ainsi que le nord du Canada et de la Sibérie. Mais cela ne contribuerait guère à la sauvegarde de la biodiversité. Il est vrai que peu de gens vivent dans ces territoires et qu’il serait relativement facile d’éviter les conflits sociaux.

Si l’on souhaite que ces 30  % aient un impact, il faut protéger les régions à forte biodiversité. Mais, il ne faut pas que la protection de ces zones soit synonyme de privation des droits des centaines de millions de personnes qui y vivent. La biodiversité la plus élevée se trouve souvent sur les terres traditionnelles de populations autochtones ou d’autres groupes marginalisés. Leurs moyens de subsistance et leur mode de vie sont donc particulièrement menacés.

D’autre part, le chiffre de 30 % pourrait être atteint dès aujourd’hui si les territoires autochtones étaient protégés. Pour cela, il faudrait que les Nations unies et d’autres reconnaissent que le mode de vie des Autochtones peut apporter une contribution essentielle à la conservation de la nature.

Quel rapport entre "30 en 30" et justice mondiale ?

Les pays du Nord sont devenus riches parce qu’ils n’avaient aucun scrupule à exploiter la nature. Ils sont donc responsables des crises actuelles de la biodiversité et du climat. Pour que ces dernières ne s’aggravent pas, il faut maintenant protéger de vastes territoires de la planète. Étant donné que la nature intacte et la plus grande biodiversité se trouvent encore dans les pays tropicaux les plus pauvres, ce sont ces derniers qui supporteront la plus grande charge en plaçant des zones sous protection au lieu d’utiliser les ressources dont ils disposent. Pour résumer, le "30x30" consiste à demander aux pauvres de faire des sacrifices, alors que les riches limitent à peine leur consommation de ressources.

Qui va souffrir des aires protégées et des objectifs tels que "30 en 30" ?

Il est à craindre que les communautés autochtones et locales soient perdantes. Jusqu’à 300 millions de personnes pourraient être touchées négativement si les zones où elles vivent jusqu’à présent souvent en harmonie avec leur environnement devaient soudainement être "protégées" (à 50 %, plus d'un milliard de personnes seraient impactées).

Selon le site écologiste Mongabay, l’objectif "30 en 30" s’est transformé en champ de bataille en matière de protection de la nature ("conservation battleground").

Pour résumer, "30 en 30" suit une approche néo-colonialiste de "conservation forteresse" militarisée (Fortress Conservation), qui n’implique pas les populations locales, principalement autochtones, mais les opprime, les marginalise davantage et violent leurs droits. Les expériences faites dans les aires protégées, notamment en Afrique et en Asie, font craindre cela. Dans le bassin du Congo, par exemple, la création de 34 aires protégées a entraîné 26 cas de déplacement de communautés locales sans compensation.

En Tanzanie, le peuple Massaï souffre de déplacements et de violences parce que le gouvernement veut étendre la zone de conservation de Ngorongoro (NCA), afin de promouvoir le tourisme. Sauvons la forêt fait campagne pour protéger les droits des Maasai avec une pétition.

"30 en 30" se base sur une vision occidentale de la nature et la conservation, ignore les compréhensions du monde et connaissances autochtones.

Qui en profite ?

La création et la gestion d’aires protégées et "autres mesures de conservation efficaces par zone" peuvent constituer un modèle commercial lucratif pour les entreprises et les grandes organisations environnementales. Ses détracteurs y voient une nouvelle source de financement pour "l’industrie de la conservation".

La "compensation carbone" et les "solutions basées sur la nature", telles que la plantation massive d’arbres, font partie des "autres mesures de conservation efficaces par zone", qui sont également préconisées pour la protection du climat.

Aujourd’hui déjà, la gestion de zones protégées (comme les parcs nationaux) est attribuée à des partenariats public-privé (PPP). Dans ce processus, les États cèdent leur responsabilité, mais aussi leur contrôle, à des entreprises ou à des organisations non gouvernementales.

Fondée en 2022 par le milliardaire néerlandais Paul Fentener van Vlissingen, l’organisation African Parks gère 22 parcs nationaux, couvrant une superficie de plus de 200 000 km², dans 12 pays africains (la France métropolitaine a une superficie de 543  940 km²). D’ici 2030, l’organisation prévoit d’augmenter à 30 le nombre de parcs, dont elle a la gestion. Selon son site internet, une approche économique claire est adoptée pour la protection de la faune africaine. Le président de l’organisation est le prince Harry, duc de Sussex.

Quelles sont les autres mesures envisagées par la CDB ?

Le projet de cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 mentionne des mesures qui concernent, entre autres, la création d’aires protégées, les "droits de la nature", la fin des subventions publiques nuisibles à l’environnement ainsi que les "solutions basées sur la nature" contre le changement climatique, le commerce d’animaux sauvages ou la pollution de l’environnement par les plastiques.

Sa vision de "vivre en harmonie avec la nature" d’ici 2050, nécessite une transformation des "systèmes économiques, sociaux et financiers".

Bien que le projet de traité fasse mention des droits des populations autochtones et des communautés locales, des savoirs traditionnels ainsi que des droits des femmes et des filles, les ONG craignent que ceux-ci soient négligés.

Dans le contexte du Covid, la reconnaissance du lien entre pandémies et dégradation de l’environnement devrait être intégrée dans les négociations, par exemple dans une rubrique One-Health ("une seule santé").

Un point crucial concerne le financement de ces mesures. Les pays riches, qui sont responsables d’une grande partie de la crise de l’extinction des espèces, devraient logiquement mettre des milliards sur la table. Il est néanmoins permis de douter qu’ils le feront. Comme nous le voyons avec la protection du climat, même les promesses trop faibles pour être efficaces ne sont pas tenues.

Il est clair que les objectifs ayant été fixés pour 2020 sont loin d’être atteints. Le point de départ des négociations pour 2030 est donc un échec. Certains États membres remettent même en question l’utilité d’objectifs plus stricts. La mise en œuvre et le financement des objectifs précédents font déjà défaut.

Pourquoi la biodiversité est-elle menacée ?

La disparition des espèces à laquelle nous assistons actuellement est la plus importante depuis la disparition des dinosaures il y a 66 millions d’années. Cette sixième extinction massive de l’histoire de la Terre n’a pas été provoquée par l’impact d’un astéroïde, mais par nous. Les humains modifient et détruisent les habitats des plantes et des animaux, ils chassent, braconnent, polluent l’environnement avec des poisons et affectent le climat de telle sorte que de nombreuses espèces ne peuvent pas s’adapter.

Quelle est l’importance de la Conférence des Nations unies sur la diversité biologique COP 15 ?

Capitale !

Nous, les humains, sommes à l’origine de l’extinction massive actuelle. Nous pouvons intervenir pour éviter le pire. Pour ce faire, nous devons prendre rapidement des mesures drastiques. La conférence des Nations unies sur la diversité biologique (COP 15) déterminera la manière dont la conservation des espèces sera organisée au cours des prochaines décennies.

Le fait que le pays hôte, la Chine*, ait invité des ministres et non des chefs d’État et de gouvernement suscite des inquiétudes à l’approche de la conférence. Le pouvoir de Pékin semble vouloir minimiser le sujet, alors que l’engagement du pays hôte est déterminant pour le succès des rencontres internationales.

*La Chine est officiellement le pays hôte de la COP 15. Mais en raison de la pandémie de COVID, celle-ci aura lieu au siège de la CDB au Canada.

Lettre

À la secrétaire exécutive de la CDB Elizabeth Maruma Mrema, au Président de la République française Emmanuel Macron et aux États membres de la CDB

Madame la Secrétaire exécutive,
Monsieur le Président,
Madame, Monsieur,

L’effondrement de la biodiversité est, avec la crise climatique, l’une des crises existentielles de notre époque. Tous deux exigent des réformes profondes et une action courageuse de la part de notre société.

Les zones protégées et les "autres mesures de conservation efficaces basées sur la superficie" (OECM : Other effective area-based conservation measures) jouent un rôle important dans la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, mais présentent des risques considérables. L’objectif du Cadre mondial pour la biodiversité post-2020, qui consiste de placer 30 % des terres de la planète sous protection d’ici à 2030, comporte plusieurs dangers.

● De nombreuses aires protégées et OECM sont associées à la violence, à l’appauvrissement et au déplacement de populations, notamment celles qui vivent depuis des générations en harmonie avec la nature. La conservation de la nature se fait alors au prix de la violation des droits humains. "30 en 30" pourrait devenir la plus grande spoliation de terres de l’histoire.

● De nombreuses aires protégées et OECM ne contribuent guère à la préservation de la nature. Leur création ne sert alors que d’alibi et détourne l’attention des mesures efficaces.

● Des objectifs chiffrés tels que 30 ou même 50 % reposent manifestement sur des considérations politiques plutôt que sur des faits scientifiques.

● La création et la gestion d’aires protégées et d’OECM promettent des bénéfices à de grandes organisations et entreprises, souvent occidentales, ou aident ces dernières à poursuivre leur modèle économique nuisible au climat via des "solutions basées sur la nature".

● La gestion des aires protégées et des OECM ne tient souvent pas compte des spécificités régionales et locales.

Dans le même temps, il est de plus en plus reconnu par la science que la nature est mieux préservée là où vivent et où les droits des populations autochtones et des communautés locales sont respectés.

Nous vous demandons en conséquence de :

- renforcer les droits des peuples autochtones et des communautés locales. Il s’agit de la garantie des droits forestiers et fonciers, du droit au consentement libre, préalable et éclairé, de la protection contre la violence et le déplacement ainsi que de la participation équitable au développement économique et social.

- renforcer le rôle des peuples autochtones et des communautés locales dans les négociations nationales et internationales et dans la mise en œuvre ou le suivi des décisions prises. Les connaissances traditionnelles autochtones doivent y être intégrées.

- faire en sorte que les peuples autochtones et les communautés locales soient mieux financés, afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle de gardiens de la nature.

- lutter contre les causes profondes de la crise de la biodiversité, notamment l’exploitation des ressources et la surconsommation.

Nous vous prions de croire, Madame la Secrétaire exécutive, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, en l’assurance de notre respectueuse considération.

La biodiversité en 5 minutes

Situation actuelle : pourquoi la biodiversité est-elle si importante ?

La biodiversité ou diversité biologique comprend trois domaines très étroitement liés : la diversité des espèces, la diversité génétique au sein des espèces et la diversité des écosystèmes tels que les forêts ou les océans. Chaque espèce fait partie d’un réseau de relations très complexe. La disparition d’une espèce a un impact sur de nombreuses autres espèces et sur des écosystèmes entiers.

Près de 2 millions d’espèces ont été décrites à ce jour dans le monde, mais leur nombre est bien plus élevé selon les expert·e·s. Les forêts tropicales humides et les récifs coralliens comptent parmi les écosystèmes les plus riches en espèces et les plus complexes de la planète. Environ la moitié de l’ensemble des espèces animales et végétales vivent dans les forêts tropicales.

La diversité biologique mérite d’être protégée en tant que telle et constitue en même temps la base de notre subsistance. Chaque jour, nous utilisons de la nourriture, de l'eau potable, des médicaments, de l'énergie, des vêtements ou des matériaux de construction. Les écosystèmes intacts assurent la pollinisation des plantes et la fertilité des sols, la purification de l’eau et de l’air et le stockage du CO2 nocif au climat. Ils nous protègent des catastrophes environnementales telles que les inondations ou les glissements de terrain.

La nature est par ailleurs à la fois le foyer et un lieu spirituel de nombreux peuples indigènes. Les Autochtones sont les meilleur·e·s gardien·ne·s de la forêt tropicale. Les écosystèmes où vivent les communautés indigènes sont particulièrement intacts. 

L’établissement du lien entre la disparition de la nature et la propagation de maladies ne date pas de la crise mondiale du Coronavirus SARS-CoV-2. Une nature intacte et diversifiée nous prémunit contre de nouvelles pandémies.

Les conséquences : disparition des espèces, faim et crise climatique

L’état de la nature s’est considérablement détérioré dans le monde entier. Environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparaître au cours des prochaines décennies. 37 400 espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Un triste record ! Les experts parlent d’une sixième extinction de masse dans l’histoire de la Terre. Le taux actuel d’extinction des espèces au niveau global est des centaines de fois plus élevé que lors des 10 derniers millions d’années, et ce en raison de l’influence humaine.

De nombreux écosystèmes de la planète - 75 % des zones terrestres et 66 % des zones marines - sont également menacés. Seuls 3% de ceux-ci sont écologiquement intacts, certaines parties de l’Amazonie et du bassin du Congo par exemple. Les écosystèmes riches en espèces, tels que les forêts tropicales et les récifs coralliens, sont particulièrement touchés. Environ 50 % des forêts tropicales ont été détruites au cours des 30 dernières années. La mort des coraux continue d’augmenter en raison de l’augmentation de la température mondiale.

Les principales causes du déclin massif de la biodiversité sont la destruction des habitats, l'agriculture intensive, la surpêche, le braconnage et le réchauffement climatique. Environ 500 milliards de dollars US par an sont investis dans le monde entier dans la destruction de la nature : pour l’agriculture industrielle, les subventions pour le pétrole et le charbon, la déforestation et l’imperméabilisation des sols.

La perte de biodiversité a des conséquences sociales et économiques considérables.  L’exploitation des ressources se fait au détriment de milliards de personnes dans le Sud. L’ONU ne pourra atteindre ses 17 objectifs de développement durable (ODD), comme l’élimination de la faim et de la pauvreté, que si la biodiversité est conservée dans le monde entier et utilisée durablement pour les générations futures.

Sans la préservation de la biodiversité, la protection du climat est également menacée. La destruction des forêts et des tourbières, qui constituent d’importants puits de CO2, exacerbe le changement climatique.

La solution : moins, c’est plus !

Notre planète ne possède pas des ressources naturelles en quantité illimitée. Nous, humains, en consommons pourtant deux fois plus que ce que la Terre met à disposition chaque année.  Au rythme actuel de consommation des ressources, ce sera au moins trois fois plus d’ici 2050. La préservation la biodiversité comme base de notre vie nécessite une augmentation de la pression sur les décideur·euse·s politiques. Elle nécessite également des actions à mettre en œuvre dans notre vie quotidienne. 

Conseils pratiques pour la préservation de la biodiversité

  1. Manger végétal : plus de fruits et de légumes colorés et de tofu dans notre assiette, moins ou pas du tout de viande ! Environ 80 % des terres agricoles du monde sont utilisées pour l’élevage et la production d’aliments pour animaux.
  2. Régional et Bio : consommer des aliments issus de l’agriculture biologique permet d’éviter les immenses monocultures industrielles et l’utilisation de pesticides. Acheter des produits régionaux permet d’économiser d’importantes quantités d’énergie.
  3. Agir à bon escient : ai-je vraiment besoin de nouveaux vêtements ou d’un téléphone portable ? Ou bien puis-je me procurer des objets d’usage courant d’occasion ? Il existe de bonnes alternatives aux produits contenant de l'huile de palme ou du bois tropical. Les animaux de compagnie en provenance des régions tropicales, tels que les perroquets ou les reptiles, sont à proscrire. Calculez votre empreinte écologique dès maintenant.
  4. Devenir un·e ami·e des abeilles : pollinisateurs et autres insectes sont heureux d’avoir accès à une grande variété de plantes savoureuses sur les balcons et dans les jardins. Pour celles et ceux ne possédant pas leur propre coin de verdure, il est possible de participer à un projet de conservation de la nature dans leur région.
  5. Soutenir les protestations : les différentes manifestations et pétitions contre le réchauffement climatique ou en faveur d’un changement de l’agriculture font pression sur les  décideur·euse·s politiques, qui sont également responsables de la protection de la biodiversité.
Footnotes

pas la panacée

Notre association de protection de la nature est-elle contre les zones protégées ?

Non, Sauvons la forêt n’est pas contre les aires protégées en soi.

Beaucoup d’entre elles jouent un rôle important dans la préservation de la biodiversité et du climat. C’est pourquoi nous critiquons souvent lorsque des aires protégées sont menacées, par exemple parce que des concessions sont accordées pour l’exploitation forestière ou pétrolière. Notre association s’oppose également à la réduction de la superficie des réserves dans de nombreux cas.

Toutefois, les zones protégées ne sont pas la panacée, car elles comportent des risques et peuvent même contribuer à négliger des mesures efficaces. Il est tentant de créer des nouvelles aires protégées au lieu de s’attaquer aux nécessaires changements profonds des habitudes de consommation, qui sont impopulaires et plus difficiles à mettre en œuvre.


possèdent des droits fonciers

Selon le rapport Territoires de vie paru en 2021, si les terres dont les populations autochtones ont la gestion étaient ajoutés aux aires protégées existantes (17 % de la Terre), 31 % de la Terre seraient déjà sous protection.

En d’autres termes, si tous les territoires autochtones, qui abritent 80 % de la biodiversité mondiale, étaient reconnus et protégés, l’objectif des 30 % des Nations unies serait déjà atteint. Cela montre bien que droits des peuples autochtones et protection de la biodiversité sont étroitement liés.


Ladislas Désiré Ndembet de l’organisation Synaparcam au Cameroun

Déclaration de Ladislas Désiré Ndembet de l’organisation Synaparcam :

« Depuis la réception de ton mail je suis en mission auprès des communautés où malheureusement il manque de connexion. L’initiative de cette pétition est une bonne chose. Oui 30% de territoire à mettre en conservation c’est beaucoup trop pour nos pays pauvres ou en voie de développement comme ceux d’Afrique ou le Gabon dont je suis originaire. Ce projet va renforcer la mal gouvernance que nous subissons déjà. Cela va augmenter la corruption et augmenter la pauvreté car, le phénomène d’accaparement des terres sera plus grand.

En 2002, le Gabon a consacré 11% de son territoire avec la création de 13 Parcs nationaux. De nombreuses promesses ont été faites aux populations autochtones et communautés locales en matière de développement avec notamment l’écotourisme. À ce jour, rien de tout cela. Les communautés riveraines continuent de souffrir dans la misère et la pauvreté. Ce pourcentage a fait l’objet d’une augmentation régulière au gré des exigences internationale et des promesses de compensation des crédits carbone.

Depuis 2012, des terres sont mises à la disposition des agro-industries et d’autres investisseurs engagés dans le crédit carbone. Non, cela ne peut continuer ainsi. Il faut arrêter cette future spoliation des terres. Dans notre pays où le domaine rural n’est absolument pas définie un tel projet va littéralement enfoncer les populations autochtones et les communautés locales dans la précarité absolue.

Voici le commentaire que je peux porter face à ce projet macabre qu’il faut absolument combattre. »


communauté internationale

Par communauté internationale, nous entendons ici en particulier les États membres de la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations unies, dont le siège est à Montréal.

Cette pétition est également disponible en :

61 925 signatures

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