Cameroun: Un projet de palmeraie menace la forêt tropicale et ses habitants.

Huile de palme: les spéculateurs dévastent la forêt tropicale
23 527 signatures

Fin de l'action : 19 mai 2014

Des spéculateurs américains projettent une plantation de palmiers à huile de 72.000 hectares dans la forêt tropicale du Cameroun. La forêt, sa faune et sa flore disparaitraient à tout jamais. Les hommes y perdraient leurs terres et moyens de subsistance. Aidez-nous à faire arrêter ce projet en écrivant au gouvernement du Cameroun.

Lettre

Une forêt tropicale riche en espèces animales et végétales doit être abattue au sud-ouest du Cameroun pour laisser place aux plantations de palmiers à huile. La forêt et les terres cultivées qui s'y trouvent fournissent la base alimentaire de la population de la région, à savoir 45.000 personnes réparties sur 38 villages. Les agriculteurs perdraient à jamais leur terre ancestrale au profit des exploitants des plantations. En compensation, les spéculateurs annoncent la création d'emplois qui, en pratique, seraient dans le meilleur des cas rares, incertains et mal rémunérés.

Suite...


Participez à notre campagne de protestation en signant la pétition adressée au Ministre de l'Environnement et au Ministre des Forêts du Cameroun. Nous recueillons les signatures qui seront remises prochainement à l'ambassade du Cameroun à Paris.

Contexte

Apparemment, les spéculateurs américains ont déjà signé en août 2009 un accord avec le Ministère de l'Economie du Cameroun. Cet accord doit donner le feu vert aux sociétés Herakles Farms (HF) et Sithe Global Sustainable Oils (SGSOC), pour la plantation de palmiers à huile sur 72.000 hectares pour une période de 99 ans ainsi que la compétence pour négocier avec les populations locales. Bien que ces dernières n'aient jamais donné leur assentiment ni qu'aucune étude d'impact sur l'environnement n'ait été approuvée, les entreprises essaient de mettre les différents acteurs devant le fait accompli. Les bulldozers ont commencé à raser la forêt tropicale et les cultures des paysans pour faire place à des millions de jeunes plants de palmiers à huile.

Le Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, monsieur Elvis Ngolle Ngolle, a reconnu avoir des «préoccupations  au sujet du projet». Dans une réponse adressée à la lettre ouverte de 61 organisations de défense de l'environnement et des droits humains, dont Sauvons la forêt (Rettet den Regenwald e.V.), il repousse néanmoins la responsabilité vers d'autres ministères. C'est au ministre de l'environnement d'examiner les études environnementales et sociales concernant le projet d'huile de palme, c'est à lui de l'approuver ou de le rejeter.

En outre, ce projet de plantations est en complète contradiction avec un des projets phares de monsieur Ngolle Ngolle. En effet ce dernier a lancé le 22 juin dernier le Plan d’action régional pour la conservation du chimpanzé du Nigeria-Cameroun (Pan troglodytes ellioti). La majeure partie des 14,7 millions de dollars US alloués à ce projet vient de diverses organisations internationales. L'objectif de ce plan est de réussir à préserver cette espèce de chimpanzé présente dans les deux pays et dont il ne reste à ce jour que 3.500 spécimens. Les primates vivent dans la zone du projet de plantations. Enfin, le gouvernement du Cameroun prévoit la création de dix nouveaux parcs et zones dans lesquels la biodiversité sera maintenue et protégée.

La création des parcs est une bonne chose tant que des monocultures de palmiers à huile ne les mettent en péril, comme c'est le cas dans le Parc national de Korup. Les plantations industrielles y menacent des années de développement et de protection de l'environnement.  

 

Documents en anglais:

La lettre commune de 61 organisations de protection de l'environnement au Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, datant du 27 mai 2011

La lettre de réponse du Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, datant du 13 juin 2011

Lettre

À:
M.Pierre Hélé, Ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature de la République du Cameroun

M. Elvis Ngolle Ngolle, Ministre des Forêts et de la Faune de la République du Cameroun

c/o Ambassade du Cameroun en France
73, Rue d’Auteuil, 75116 Paris
Tél : +33 -1- 47 43 98 33, Fax : +33 -1- 46 51 54 52
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Monsieur le ministre,

Je me réjouis du lancement le 22 juin dernier du Plan d’action régional pour la conservation du chimpanzé du Nigeria-Cameroun (Pan troglodytes ellioti) ainsi que de votre volonté de créer des nouvelles zones protégées et parcs nationaux au Cameroun.

Dans le même temps, je suis extrêmement préoccupé de voir les sociétés Herakles Farms (HF) et Sithe Global Sustainable Oils (SGSOC) aspirer à cultiver le palmier à huile dans votre pays. Les 72.000 hectares prévus pour la monoculture de palmiers à huile nécessiteront la perte d'une forêt tropicale riche en espèces et des cultures des communautés locales.

Je peux difficilement concevoir que des études d'impacts avalisent un tel projet en ce qui concerne la protection de l'environnement. La forêt tropicale est l'habitat de nombreuses espèces animales et végétales, dont certaines menacées comme les primates et plus particulièrement le chimpanzé du Nigeria-Cameroun. Le corridor biologique entre le Parc national de Korup et la réserve forestière de Rumpi Hills serait détruit par les plantations.

Je ne crois pas non plus que les populations locales tireront avantage des monocultures industrielles de palmier à huile. Le défrichement de la forêt tropicale et des champs cultivés aboutiront à l'anéantissement des moyens de subsistances des habitants. Ces derniers perdront leurs terres ancestrales et les droits inhérents au profit des exploitants des plantations. Il n'existe aucune raison logique à ce que la population renonce à une terre lui procurant sa base alimentaire pour des spéculateurs américains.

Les chiffres avancés par les sociétés sur la création d'emploi semblent très optimistes, pour ne pas dire exagérés. En général, les plantations génèrent des emplois à durée limitée et mal rémunérés. Une telle situation conduirait inévitablement à une dépendance fatale des habitants envers les exploitants.

Enfin, les plantations industrielles de palmiers à huile menacent des projets de développement et de protection de la forêt tropicale en cours depuis plusieurs années, à l'image du Parc national de Korup.

Par conséquent je vous appelle à rejeter le projet de plantations de palmiers à huile porté par les sociétés Herakles Farms et Sithe Global Sustainable Oils.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.