Des multinationales détruisent l'Amazonie colombienne

Manifestations contre le barrage El Quimbo
40 866 signatures

Fin de l'action : 19 mai 2014

Le tandem ENDESA / ENEL revendique haut et fort produire de « l'énergie verte ». En Colombie, des opposants à son méga-projet hydroélectrique El Quimbo ont été violemment expulsés du chantier par le groupe anti-émeute ESMAD. Les droits des paysans sont de nouveau violés par l'État colombien

Appel

Sur le site dédié au projet El Quimbo, l'entreprise EMGESA dit s'engager de manière « sociale et culturelle avec la communauté » et adapter ses « stratégies entrepreneuriales à la préservation de l'environnement ». Rien de plus éloigné de la réalité. Pour ce projet hydroélectrique, la Réserve forestière de l'Amazonie a perdu 7500 hectares.

Depuis le 6 mars, cette filiale des multinationales espagnole (ENDESA) et italienne (ENEL) donnera un coup de poignard supplémentaire dans le cœur de l'Amazonie colombienne. Ce jour-là, commencera la dérivation du Magdalena, le plus grand fleuve de Colombie, artère qui traverse le pays et qui sert au transport fluvial de personnes et de marchandises, et qui garantit aussi la fertilité des riches vallées qui le voient serpenter sur 1500 kilomètres. Tout le territoire possède une grande richesse archéologique, culturelle, sociale et historique.

Le méga projet hydroélectrique El Quimbo ne profitera ni aux habitants de la région, ni aux populations espagnoles et italiennes pourtant enfoncées dans une grave crise économique. Pendant ce temps les multinationales européennes continuent à piller les territoires à l'étranger, sans aucun contrôle, en détruisant l'environnement et en spoliant les populations locales. L'imminente ratification du l'Accord de libre échange avec la Colombie ne fera qu'exacerber ce genre de situation.

Le projet hispano-italien Endesa Enel

Demandons au président Juan Manuel Santos d'intervenir immédiatement pour l'arrêt des violences et du chantier du projet de barrage El Quimbo

Contexte

La multinationale hispano-italienne a réalisé un investissement de 700 millions de dollars. Le gouvernement colombien a donné des pouvoirs extraordinaires à la multinationale pour qu'elle puisse agir librement, pour construire et détruire. Résultat : déplacements de population et pertes d'emplois ; les richesses uniquement pour les propriétaires de la multinationale (millions de dollars en 2011 372,7), et pour un secteur de l'oligarchie colombienne et quelques fonctionnaires qui ont délivré des permis chargés d'irrégularités Les travaux ont commencé en 2009 et s'achèveront en 2013 ou 2014, avec une exploitation « ferme » de l'énergie jusqu'en 2034. Ceci signifie que jusqu'à cette date, la centrale hydroélectrique tournera à sa capacité maximale. El Quimbo sera étendu sur 5 kilomètres, pour une superficie de 8586 hectares ; il sera haut de 151 mètres et aura une capacité de 400 mégawatts.

Six municipalités se retrouveront sous les eaux au sud du département de Huila entre le massif colombien et l'embouchure de Rio Paez. Il s'agit de Gigante, Garzón, Altamira, El Agrado, Paicol et Tesalia. Il existe aussi des risques pour El Peñón près de la municipalité de La Jagua, le pont de la rivière Yaguilga, l'église de  San José de Belén, les plantations de cacao du Rio Loro, site historique de la réforme agraire de La Escalereta et une des zones les plus productives de la région. Dans le secteur qui sera inondé habitent environ 500 familles, plus de 1500 habitants, producteurs agricoles, pêcheurs, ouvriers, entre autres. Ils devront être déplacés de leurs lieux d'habitation, de travail et de réunion, de leurs terres. Ils perdront leurs traditions culturelles.

Afin de protéger la mise en oeuvre du projet, un « bataillon énergétique » (n°12 - Jose Maria Tello) fort de 1200 soldats est déployé sur le chantier. Créé en 2009, il a un budget de 55 millions de dollars US payé à 60% par l’État colombien, le reste étant assumé par l'entreprise Emgesa.

Asoquimbo, une association regroupant les personnes affectées par la construction d'El Quimbo invite citoyens et organisations de la société civile à participer aux mobilisations pour la défense de ce territoire.

 

Informations supplémentaires

Français

Article de La Pluma

Barrer la route au barrage ! La résistance au projet hydroélectrique du Quimbo

L'histoire du Quimbo : Barrage ou répression

espagnol
Article de La Pluma Hidroeléctrica El Quimbo: Detener la mano destructora de la transnacional Endesa en Colombia

Vidéo de l'expulsion que le gouvernement colombien ne souhaite pas voir circuler, mais déjà visionnée par plus de 450 000 personnes à travers le monde :

 

Lettre

À:
Juan Manuel Santos Calderon, Président de la République de Colombie

Copie:
M. Frank Pearl, Ministre de l’environnement de la République de Colombie
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Monsieur le Président,

Je suis profondément choqué par la violence dont use le gouvernement colombien pour réprimer les paysans et les pêcheurs de la municipalité de Huila. Leur opposition pacifique au projet de barrage hydroélectrique El Quimbo s'est fait réprimer avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Leur opposition est compréhensible car ce projet détruira leurs sources de subsistance. Ils demandent à ce que leurs droits soient respectés.

Le gouvernement colombien avait accepté le 17 janvier dernier de convoquer une audience publique dans le but de voir si l'entreprise hispano-italienne ENDESA / ENEL, promoteur du projet, respectait les permis environnementaux. A ce jour, le Ministère de l'environnement colombien n'a toujours pas respecté son engagement.

Si la dérivation du lit du fleuve Magdalena devait avoir lieu, le fleuve causera d'énormes préjudices en détruisant de manière irréversible le principal bassin hydrologique du pays et inondera des milliers d'hectares de terres fertiles et productives. Les arguments des communautés affectées n'ont pas été pris en compte.

Ceci n'est pas un cas isolé. Depuis la Patagonie jusqu'au Guatemala, d'autres communautés se sont opposées de la même manière à d'autres projets similaires de ces mêmes entreprises.

Monsieur le Président, je vous exhorte à ne pas promouvoir les seuls intérêts commerciaux de sociétés multinationales au mépris des populations locales. Je vous demande d'intervenir sans délais pour l'arrêt du chantier du projet El Quimbo et pour la révision intégrale du permis environnemental.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon profond respect.