Netflix modifie son épisode au Brésil. Les singes peuvent respirer.

Singe Hurleur noir (Alouatta carayá) avec sur fond noir avec le texte "Succès"

21 févr. 2018

Grande nouvelle pour les singes hurleurs ! Netflix a supprimé les informations incorrectes contenues dans sa série « 72 animaux dangereux en Amérique latine » au Brésil. Les singes hurleurs, premières victimes de la fièvre jaune dans le pays, ne doivent pas être massacrés à cause de fausses croyances concernant la transmission de la maladie.

Le septième épisode de la série « 72 animaux dangereux en Amérique latine » accusait les singes hurleurs de transmettre la fièvre jaune aux humains, une fausse croyance depuis longtemps dénoncée par la communauté scientifique. La transmission de la maladie mortelle se fait par les moustiques, et uniquement par eux.

Une information incorrecte particulièrement malvenue au moment où une épidémie de fièvre jaune fait rage au Brésil. Le programme jouait sur les craintes des personnes potentiellement exposées à la maladie, contribuant au massacre d'innombrables singes hurleurs par des gens terrifiés à l'idée de contracter le virus.

Les singes hurleurs jouent en fait un rôle vital de sentinelle dans la protection des humains contre la fièvre jaune : les animaux contractant la maladie en meurent en quelques jours, et la présence de singes morts alertent les autorités sanitaires locales pour intensifier leurs efforts de vaccination.

Sauvons la forêt a sensibilisé le grand public et médiatisé cette question en lançant une pétition signée par plus de 120 000 personnes et soutenue par plus de 60 primatologues et autres scientifiques issus d'un large éventail d'institutions internationales.

Netflix n'a pas répondu directement ou réagi publiquement à la pétition, mais a discrètement modifié l'épisode sur les singes hurleurs pour supprimer les fausses informations dénoncées.

Le primatologue Júlio César Bicca-Marques, de l'Université pontificale catholique du Rio Grande do Sul au Brésil, déclare : « Nous sommes ravis de voir que Netflix a rapidement réglé ce problème. Cela renforce la lutte contre la cruauté aveugle envers les hurleurs et autres singes, ces « anges gardiens » dans notre lutte contre la maladie. En reconnaissant leur fonction véritable de « sentinelles » de la fièvre jaune, Netflix apporte ainsi une contribution concrète pour la santé publique au Brésil. »