Nous avons gagné contre les plantations !

Deux femmes autochtones et leurs enfants nous regardent avec inquiétude Les autochtones de l'île Palawan ont besoin de leur forêt pour survivre, pas de plantations (© Dario Novellino)

13 nov. 2018

Nos partenaires ont remporté deux victoires importantes sur l'île de Palawan aux Philippines : dans le canton de Rizal, le gouvernement a mis fin à la propagation des palmiers à huile et deux grandes sociétés de plantation de cocotiers ont été fermées car elles bafouaient les droits des autochtones.

Cela fait bientôt 30 ans que l'île de Palawan est une Réserve de biosphère de l'UNESCO. Elle abrite des ressources naturelles terrestres et sous-marines uniques aux Philippines. Pourtant, le gouvernement accélère la croissance économique : au nom de l'exploitation minière et des plantations, des forêts tropicales sont détruites et, avec elles, le lieu de vie de communautés autochtones et de petits agriculteurs. 

C'est surtout au sud de Palawan que l'industrie des plantations s'est établie. Les monocultures de palmiers à huile et de cocotiers y gagnent de plus en plus de terrain. Dans le canton de Rizal, où croissent encore les zones de forêt tropicale les plus vastes du sud, nos partenaires du réseau CALG (Coalition Against Land Grabbing – Coalition contre l'accaparement des terres) sont parvenus à enrayer cette expansion fatale : ils ont réussi à négocier un moratoire sur la propagation des plantations de palmiers à huile avec le gouvernement de Rizal.

« Tandis que l'industrie tire profit des plantations, l'expansion des palmiers à huile a de graves conséquences sur l'environnement : perte de la diversité biologique, érosion, pollution des eaux, risques pour la santé des personnes et propagation d'organismes nuisibles », tel est l'exposé des motifs du moratoire.

« Nous sommes très heureux de ce résultat, » écrivent nos partenaires de CALG, « même si l'arrêt des cultures de palmiers à huile n'est dans un premier temps valable que pour cinq ans. »

Les collaborateurs de CALG négocient depuis de nombreuses années avec chaque district du sud de Palawan pour mettre un terme définitif aux plantations de palmiers à huile. Dés 2015, le district de Quezon, voisin de Rizal, a instauré un moratoire similaire.

CALG est également parvenue à fermer deux sociétés de plantation de cocotiers : la Commission nationale des populations autochtones (NCIP) a interdit toute activité aux multinationales de l'agroalimentaire Green Power Palawan Agriculture Corporation et Lionheart Agrotech dans le canton de Rizal, jusqu'à nouvel ordre.

En 2016, ces dernières avaient commencé à défricher la forêt du territoire des autochtones Palawan, sans le consentement de la population, qui, de plus, n'avait aucunement été informée ou consultée, comme prescrit. 10.000 hectares de plantations de cocotiers étaient prévus.

La NCIP a alors demandé aux sociétés de répondre à toutes les obligations requises. En font partie, outre l'information et le consentement de la population, la sensibilisation aux répercussions sur l'environnement et la population, un plan de travail complet, ainsi que la délimitation de la zone dédiée aux plantations.

Selon CALG, « Sachant que les communautés autochtones sont opposées à ces plantations, nous avons de bonnes raisons de croire que les sociétés ne présentent jamais les documents nécessaires et qu'elles n'obtiennent pas le consentement des autochtones ».

Dès le départ, arrêter ces sociétés de plantation était la priorité absolue pour CALG. « Après trois années de travail de sensibilisation dans les communes, de rédaction de pétitions, de rassemblement et de documentation de preuves, nous récoltons enfin les fruits de notre longue résistance. »

Sauvons la forêt soutient la Coalition contre l'accaparement des terres depuis plus de dix ans. Ces réussites montrent à quel point ce travail est essentiel. Faites un don et aidez-nous à protéger l'île de Palawan.