L’huile de palme « durable » certifiée par la RSPO

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La Table Ronde pour l’Huile de Palme Durable (RSPO) et les autres systèmes de certification ne peuvent pas garantir une production d’huile de palme socialement acceptable et respectueuse de l’environnement.

Les grands producteurs et consommateurs d’huile de palme ont créé, en coopération avec le WWF, la Table Ronde pour l’Huile de Palme Durable (RSPO : Roundtable on Sustainable Palm Oil). La structure associative est présidée par un dirigeant du groupe Unilever (Dove, Knorr, Rama, etc.), le plus grand consommateur d’huile de palme au monde (1,4 million de tonnes par an). L’objectif de la certification industrielle est de continuer à augmenter la production et les ventes d’huile de palme en procurant une nouvelle légitimité à l’huile de palme. La certification RSPO n’exclut pas formellement le déboisement de la forêt tropicale. La certification « interdit » seulement le défrichage des forêts primaires et des forêts à haute valeur de conservation (High Conservation Value Forest), et uniquement à partir de 2008. L’huile de palme provenant de surfaces forestières défrichées avant cette date peut se voir attribuer la certification RSPO, même s’il s’agissait de forêts protégées ou primaires.

La plupart des aspects sociaux définis par la certification RSPO sont des droits fondamentaux et des droits humains généraux, dont le respect devrait aller de soi. Malgré cela, des paysans et des indigènes sont expulsés de leur terre, menacés et emprisonnés, lorsqu’ils s’opposent à l’accaparement de leur terre. Le respect de ces critères n’est pas suffisamment contrôlé, les violations sont rarement sanctionnées.

La protection du climat n’est absolument pas prise en compte. Le label trompe l’opinion publique. Les entreprises certifiées vantent les mérites de l’huile de palme « durable » tout en continuant à défricher la forêt tropicale malgré l’existence de la certification RSPO. Le géant de l’huile de palme Wilmar, actuellement premier groupe mondial, est impliqué dans une centaine de conflits fonciers et humains, rien qu’en Indonésie. 256 organisations de protection de l’environnement et de défense des droits humains de par le monde ont rejeté la certification RSPO dès 2008, la considérant comme une vulgaire escroquerie.