Élections au Brésil : dernière chance pour la forêt amazonienne ?
Lors des élections législatives et des gouverneurs au Brésil, l’extrême droite a fortement progressé, indifférente à la protection de l’Amazonie, des peuples indigènes et des droits humains. Le second tour du 25 octobre opposera Flávio Bolsonaro, fils de Jair Bolsonaro, et le président sortant Lula da Silva.
« Notre inquiétude est que Lula perde. Dieu nous en préserve ! Cela ne doit pas arriver. Si l’extrême droite arrive au pouvoir, les gens perdront même leur maison », a déclaré Marli Borges à la mi-septembre à Berlin. En tant que représentante d’un mouvement de communautés afro-brésiliennes (Quilombolas), elle s’était rendue à Berlin avec sept autres écologistes et défenseurs des droits de l’homme de l’État du Maranhão, à l’invitation de Sauvons la forêt.
« Cela fait bientôt près de 20 ans que nous luttons pour la reconnaissance officielle et le titre de propriété de nos territoires. Si la droite l’emporte à nouveau, les progrès accomplis ici seront anéantis », poursuit Marli Borges. En tant que soi-disant quilombola – c’est ainsi que l’on désigne au Brésil les descendants de personnes anciennement réduites en esclavage venues d’Afrique –, Borges sait exactement de quoi elle parle.
Deux semaines plus tard, lors des élections de début octobre au Brésil, les pires craintes se sont réalisées : l’extrême droite du camp de Bolsonaro et ses alliés ont fortement progressé en termes de sièges parlementaires et de postes de gouverneurs d’État. Toutes les organisations partenaires de Sauvons la forêt au Brésil sont choquées par le résultat et inquiètes pour l’avenir.
La déforestation a nettement baissé sous Lula da Silva
Au cours des quatre dernières années, sous la présidence de Lula da Silva, la déforestation dans l’Amazonie brésilienne est tombée à son niveau le plus bas depuis le début de la surveillance en 1988. L’année dernière, le déboisement a encore diminué de 42 % pour atteindre 3 335 kilomètres carrés, comme le montre l’analyse des données satellites. Les chiffres sont également en baisse dans les savanes du Cerrado, limitrophes au sud, vers lesquelles s’étaient déplacées les extensions de surfaces de l’industrie du soja et des éleveurs de bétail ces dernières années. De plus, Lula da Silva a créé de nouvelles zones protégées et a reconnu d’autres territoires indigènes.
En revanche, sous le mandat de son prédécesseur Jair Bolsonaro (2019 - 2022), la déforestation avait augmenté de 60 %. Bolsonaro avait pour cela drastiquement réduit le financement des agences de protection de l’environnement, n’avait pratiquement pas fait poursuivre les délits environnementaux et avait même encouragé les chercheurs d’or illégaux, les bûcherons et les accapareurs de terres à envahir les forêts et les territoires autochtones.
Désormais, le dernier espoir d’éviter, du moins, le pire repose sur un second tour de l’élection présidentielle le 25 octobre. Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité absolue requise au premier tour, le candidat arrivé en tête, Flávio Bolsonaro, affrontera le second, le président sortant Lula da Silva. Flávio Bolsonaro est le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, qui purge une peine de 27 ans de prison en résidence surveillée pour complot d’État.
D’ores et déjà, il est certain que la protection de la forêt amazonienne et des autres biomes au Brésil, mais aussi des droits des peuples autochtones, deviendra encore plus difficile. En effet, pour la famille Bolsonaro et ses alliés, la protection de la nature, du climat mondial et des peuples indigènes ne joue aucun rôle.
C’est pourquoi nous devons renforcer davantage notre soutien et notre coopération avec nos 15 organisations partenaires actuelles au Brésil.
Ministério da Ciência, Tecnologia e Inovação, 16.10.2026. Estimativa de desmatamento na Amazônia Legal para 2026 é de 3.335 km²: https://data.inpe.br/biomasbr/estimativa-de-desmatamento-na-amazonia-legal-para-2026/
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