L’huile de palme n’est plus un biocarburant en France

Photomontage : une pompe à essence aux couleurs de la France avant en arrière plan une forêt tropicale venant d'être incendiée pour la culture d'huile de palme

19 déc. 2018

Ils l’ont fait ! Les députés français ont décidé le mardi 18 décembre dans un vote solennel, et contre l’avis du gouvernement, de ne plus considérer l’huile de palme comme biocarburant. Fini donc l’avantage fiscal favorisant son incorporation dans le diesel. Un signal fort adressé à Total et à la Commission européenne pour 2019.

L'amendement no 2267 rectifié avait été adopté le 16 novembre à l’Assemblée Nationale avant d'être lui-même amendé par le Sénat. Finalement, le sous-amendement n°1431 a été a approuvé lors du vote solennel par l’assemblée nationale le mardi 18 décembre 2018 et entérine la fin de l’avantage fiscal à partir 2020 pour l’huile de palme, et ce quelque soit sa provenance.

Le député Bruno Millienne (Modem), initiateur des amendements, a été le premier à partager cette importante nouvelle sur son compte Twitter. Un succès relayé aussitôt par Sylvain Angerand qui, avec les Amis de la Terre et sa nouvelle association Canopée Forêts Vivantes, a effectué un remarquable travail d’information sur le terrain et de mobilisation auprès des parlementaires. Merci à tous pour leur travail.

Sauvons la forêt, qui alerte depuis des années sur les ravages environnementaux et sociaux de l’huile de palme tant auprès des décideurs politiques dans les régions tropicales, en France et en Europe que des entreprisesse réjouit de la sage et responsable décision des députés français. Notre pétition « Oui à l’exclusion de l’huile de palme des biocarburants ! » et ses plus de 50.000 signatures s'achève de la plus belle des manières.

Les débats parlementaires ont d’ailleurs été riches d'enseignements puisque nous y avons appris que l'adoption de l'amendement représenterait une perte de 100 millions d’euros par an pour Total.

Impossible pour Total de ne pas remettre en cause sa raffinerie de La Mède en l'état. Impossible aussi pour la Commission européenne d’ignorer ce signal fort envoyé par les élus français. Rendez-vous leur est donné début 2019...